‹ Histoire ancienneChapitre 1 sur 26 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Ce n'est pas ici l'histoire suivie des dynasties et des nations de l'antique Orient : l'ordre des événements, la succession des rois, les mouvements des peuples et leurs invasions, on les trouvera racontés tout au long dans mon Histoire ancienne, en abrégé dans celle de Van den Berg. .l'ai voulu seulement donner aux enfants qui liront ce livre l'impression de ce qu'était la vie sous ses formes diverses chez les deux peuples le plus civilisés que la terre ait portés avant les Grecs. J'ai choisi pour chacun d'eux l'époque où nous le connaissions le mieux et par le plus grand nombre de monuments, pour l'Égvnh celle deRamsès II (xiv' siècle av. J.-C), celle nipal (vu* siècle) pour l'Assyrie. J'ai fait comme ces voyageurs consciencieux qui n'aiment pas aborder à l'étourdie un pays nouveau, mais qui s'informent de ses mœurs et de sa langue avant le départ, puis je m'en suis allé — ou je l'ai cru — à deux ou trois mille ans du temps où

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nous sommes. Une fois sur pince, j'ai regarde autour de moi, et j'ai tâché de voir le mieux possible et le plus. Je me suis promené à travers les rues de la ville, j'ai glisse un regard par les portes entr'ouvertes, j'ai flâné aux boutiques, j'ai noté ce que j'entendais des propos populaires. Des maçons affamés se sont mis en grève: je les ai suivis chez le comte de Thèbes pour savoir ce qu'il en adviendrait. Un enterrement défilait à grand bruit: j'ai accompagné le mort jusqu'au tombeau et je me suis informé des chances de vie qu'on lui accordait dans l'autre monde. On célébrait un mariage : j'ai profité de la facilité avec laquelle les Orientaux ouvrent leur maison les jours de fête, pour assister de loin à la lecture du contrat. Quand Pharaon est passé, ou le roi de Ninive, j'ai couru derrière lui avec les badauds, au temple, au palais, à la chasse; où les usages et l'étiquette ne me permettaient pas d'entrer, j'ai pénétré en esprit par les conversations ou par les textes. J'ai lu sur un cylindre d'argile la prière qu'Assourbanipal adressait à Ishtar dans une heure d'an, goisse ; un scribe important et loquace m'a conté le voyage d'un soldat égyptien en Syrie; vingt bas-reliefs m'ont fait assister sans danger aux guerres du vieux monde, au recrutement de ses armées, à leurs marches, à leurs évolutions, par quel effort d'énergie Rainsès II triompha du vil khiti et comment un général assyrien s'y prenait pour forcer une ville.

J'ai reproduit en Assyrie la plupart des mêmes scènes que j'avais décrites en Egypte; qui voudra comparer les unis aux autres reconnaîtra assez facilement en quoi la

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civilisation des deux pays se ressemblait, en quoi elle différait. Les dessins qui accompagnent le texte rendront les différences sensibles à tous les yeux. 11 y en a beaucoup; j'en aurais mis davantage, si j'avais pu. Nos écoliers, et même leurs professeurs, sont parfois bien embarrassés lorsqu'ils veulent se figurer ce qu'était un de ces hommes anciens dont nous leur racontons l'histoire , comment il s'habillait, ce qu'il mangeait, les métiers et les arts qu'il pratiquait. Les dessins de M. Fauchcr-Gudin leur en apprendront plus à cet égard que de longues descriptions. Ils ont été exécutés avec une fidélité remarquable: c'est bien l'Égyptien et l'Assyrien lui-même qu'ils nous rendent, et non pas ces caricatures d'Égyptiens ou d'Assyriens qu'on voit trop souvent dans nos livres.

Le Portel, le 2 septembre 1800.

G. HASPERO.

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