Sardanapale, prince faible et cfi"é
4o HISTOIRE AIVCIENNE.
miné, régnait en Assyrie. Ses peuples, las el honteux d'obéir à un monarque incapable de gouverner, se révoltèrent contre lui. Assiégé dans ]Vinive,il fut vaincu et détrôné par Arbacès , satrape de Médie ♦, cnOn, craignant de tomber entre les mains de ses ennemis , Sardanapale fil allumer un bûcher dans son palais et sy précipita avec ses femmes et ses trésors.
L'empire d'Assyrie fut alors démembré , et trois royaumes s'élevèrent sur ses débris :
i" Celui de Babjlone, où Z?e7e^z.î forma une espèce de république dont il se fit reconnaître le ciief^
i" Celui de Ninive , où fut proclamé un roi nommé Phul,-
y Celui de Médie, qui n'adopta d'abord aucune forme de gouvernement , et fut administré par ce même arbacès , vainqueur de Sardanapale.
n/^'], — Nabonassar, fiis de Bélésis , ayant pris le litre de roi de Babylone,le rendit héréditaire dans sa famille ^ ce prince est célèbre par l'ère qui porte son nom*. L'histoire d'Orient, jusque— là très— obscure, acquiert depuis cette époque plus de clarté.
606. — Destruction de Ninive. Depuis la séparation des deux royaumes de Ninive et de gabylone, les deux peuples, continuellement en
* Une ère est une époque plus remarquable que les autres et de laquelle on part pour compter les années. L'ère de Nabonassar date de Tannée 747»
DIS ASSYR1E>S ET DES BABYLOME^S. /[l
guerre , avaient été allernallvement ou vainqueurs ou vaincus. Nabopolassai- , roi deBabylone, s'empara enfin de Ninive et la détruisit. Dès lors les deux empires furent de nouveau réunis , et liabylone en fut la capitale.
6a5. — NABUClIODo^'osoR II, fils de Nabopolassar, lui succéda sur le trône, et se rendit célèbre par ses conquêtes et par ses immenses ridiesses^ en lui finit la grandeur de Pempire babylonien. La faiblesse de ses successeurs amena la décadence du royaume et en prépara la diuie.
538. — Cyrus, roi de Perse, s'empara de Babylone et de toute T Assyrie. Ainsi se termina le deuxième erupirc des Assyriens, après avoir duré 221 ans depuis la mort de Sardanapale.
GorvFRrvEMErcT. — Chczles Assyriens, Icgouvei'nement était despotique, et dès lors funeste pour le peuple. Les prêtres , sans cesse consultés par les princes , exerçaient une puissante influence.
RELiGiorï. — Elle consistait principalement dans le culte des aslres. Le dieu /><?/, ou Bélus ^ était le soleil. Les planètes, Mars ^ Venus ^ Mercure^ Saturne^ Jupiter^ étaient aussi au nombre des divinités. Cette idolùlrie toutefois n'empêchait pas les Assyriens de recon— tiaître un dieu suprême, dont la connaissance ne parvenait point au peitjilc.
L'adoration des astrcîs conduisit aux erreurs de V astrologie judiciaire (on désignait ainsi
la connaissance de Tavenir par Tinspeclion des astres), science fausse cl absurde qui a long-temps abusé le penre humain Les Babyloniens, ou plulôt les Chaldéens , leurs prêtres , trou valent de grands avantages à cette croyance, qui livrait à leurs caprices la crédulité d''un peuple ignorant et superstitieux.
Sciences, Arts, Inventions, etc. —L''Âssyrie dispute à TEgypte lavantage d'avoir été le berceau des sciences et des arts. Ces deux peuples , en effet, les cultivèrent de bonne heure et avec succès. Sous le beau ciel de la Mésopotamie, les Assyriens devinrent bientôt astronomes. On leurattribue l'invention du cadran solaire. Ils firent également des progrès dansTarchitecture; mais, à l'exemple des Egyptiens, leurs monumens étaient gigantesques, et comme eux ils n'eurent aucune idé^i de la grâce et de l'élégance des formes.
Ees Assyriens réussirent dans les arts d'utilité et d'agrément*, la musique et la peinture ne leur étaient pas inconnues. Dès rantitjuité la plus reculée, ils possédèrent aussi Part de lisser les laines, de battre Foret de dorer le bois et les métaux. L'activité de leur commerce que favorisait le voisinage du Tygreet deFEuphrate, leur permettait d'échanger les produits de leur pays. Ces communications continuelles avec les nations étrangères (avantages que ne possédaient point les Egyptiens), durent contribuer puissamment à* leurs progrès.
Moeurs et coutumes. — La Polygamie était permise chez les Assyriens, ainsi que le divorce.