Persée , fondateur du royaume de, Mycénes
i33o .. Thésée fonde la grandeur d'Athènes dont il fut le 10'' roi.
i328.. Sisyphe, regarde comme le fonda-; teur de Corintlie.
i3ai.. Expulsion des Heraclidcs ou descendans d'Hercule.
i3i8.. Guerre de Tlièbcs entre Eteocle et Polynice.
Guerre de Troie, à laquelle prirent part tous les rois de la Grèce.
Retour des Héraclidcs dans le Pèlo-| ponèse.
Codrus est le dernier roi des Atlic-i niens. — Abolition de la royauté, — Création des archontes pcr pétucls.
Homère travaille à ses poésies, TIlliadc et TOdyssée.
Les différcns états de la Grèce adoptent successivement le gouvernement républicain.
llQO.
de 910 àBrô.
84 UISTOIllE GIÎECQUE.
^ DEUXIÈ3IE ÉPOQUE.
TEMPS Héroïques.
L'histoire de ces temps nommés heboïques, nous présente encorâB^m mélange de fables et de vérités ; elle est intéressante toutefois en ce qu'on voit à celte époque se former successivement tous les petits états de la Grèce.
De nouvelles colonies étant venues sVtablir dans ce pays, rassemblèrent des hordes errantes, et leur firent connaître les douceurs et les avantages de la vie sociale ^ la Grèce alors sentit ses . forces s'accroître. Ses peuples contractèrent des alliances, ses chefs armèrent pour difîerentes entreprises; ses arts, ses combats, ses jeux même commencèrent à devenir célèbres, et la nation, en un mot , parut dès lors se disposer à de grandes choses.
Tels sont les traits principaux de cette seconde époque, dans laquelle on aperçoit la transition de rétat de barbarie à celui de civilisation, et le passage de la fable à l'histoire.
ÉPOQUES REMARQUABLES
DEPUIS l582 jusqu'en 876 AVANT J.-C (Voyez le tableau ci- joint des temps héroïques* .) i582 avant J.-C. — Ce'ceops , Egyptien,
* Pour ce chapitre, chaque date correspond encore au tableau.
2* LPOQUE. Ôd'
s'étant empare de PAttiquc, soumit ses habitaii& moins par la force des armes que par sa sagesse et sa clémence^ il dépouilla de leur première rudesse les mœurs grossières des Athéniens, et jeta parmi eux les fondemens de la civilisation, en leur donnant une religion et de sages lois.
La Grèce, ainsi que nous l'avons vu , n''avait aucune idée de Tunion conjugale: Cécrops , institua le mariage et eut aussi la gloire de faire connaître la justice à son peuple, en créant le tribunal de V Aréopage ^ célèbre par Téquité de ses jugemens *.
Cécrops fut le fondateur d'Athènes. -Celte ville , connue d'abord sous le nom de Cëcrople^ devait être un jour la patrie de tous les talens.
Les anciens habitans de l'Altique ne se nourrissaient que de glands^pour remédiera l'aridité du pays, Cécrops forma ses sujets à la navigation , et bientôt des blés apportés d'Afrique assurèrent des subsistances à ce nouveau peuple.
L'olivier, production de l'Egj-pte, fut naturalisé vers le même temps dans TAtlique ; il devint pour ce pays une source de richesses , ce qui le fit considérer sans doute comme un don de Minerve.
Le règne de Cécrops changea la lace de la
*Ce tribunal était ainsi nommé du lieu où il tenait SCS séances. Celait une colline près de la ciladell.; d'Atliénes , appelée Aréopage, c'est-à-dire colliDC de Mars.
Grèce, etdoitétre considéré comme une époque très remarquable dans les fastes de cette nation célèbre.
i52g. — La fable place à cette époque le DÉLUGE DE Deucalion. — Dcucaliou , fils de Prométhée, était roi de Thessalie. Sous son règne, une inondation dévasta ce pays et obligea Je roi de fuir sur le mont Parnasse avec Pjrrha sa femme •, tous deux, furent sauvés et repeuplèrent, dit-on , la Tliessalie.
Hellen , fils de Deucalion , lui succéda. Quelques auteurs prétendent que ce fut lui qui donna aux Grecs le nom à' Hellènes ou Helléniens.
i522. — Amphyct[on , un des successeurs de Cécrops , se rendit célèbre par une alliance qu'il forma entre plusieurs villes de la Grèce. Ce pays peu étendu comptait autant de rois que de peuplades^ de là des rivalités, des guerres continuelles. Pour remédier à ce désordre , douze des principales, villes se liguèrent ensemble , et leurs députés devaient deux fois par an se rendre aux Thermopyles pour délibérer sur les affiiires publiques. Celte réunion fut nommée le conseil DES Amphyctions , du nom de son fondateur.
C'est le premier exemple d'une confédération et d'une sorte de gouvernement représentatif. Cette sage institution conserva pendant plusieurs siècles beaucoup de force et d'indépendance.
La défense du temple de Delphes consacré à Apollon était commise spécialement au conseil des Amphyclions.
iSig. — Cadmus , Phénicien, fonda la ville et le royaume de Thèbes dans la Béotie. Il in-
l"" fe'pOQUE. S'J
trodiiisit en Grèce la culture de la vigne, l'art (le fondre et de travailler les métaux , et enfn» récriture alphabétique, source des plus vastes connaissances.
Les Grecs donnèrent à ces inventions humaines une origine céleste \ recevant tout des étrangers, ils voulaient tout tenir des dieux, non par reconnaissance, mais par vanité. Ce qu^on aperçoit de trop réel parmi tant de fables , ce sont les efforts de la barbarie constamment opposés aux progrès de la civilisation et aux avantages qui en résultent pour la société. C'est ainsi que vers celte époque, TriptoVcme courut risque dVtre massacré en inspirant aux Grecs le goût de l'agriculture. Bacchus s'exposa aux mêmes périls en voulant établir la culture de la vigne. Il est à remarquer que plus les hommes sont malheureux et ignorans , plus ils sont opposés à leurs véritables intérêts.
i5 iG. — Lf.lex fut le fondateur du royaume deLAGEDEivioNE , conuu d'abord sous le nom de Tjélégic, puisde Laconie. La ville do S|iarlc fut bàti^quclque temps après par Euiotas, succx'sseur de Lelex.
1 5 1 1 . — Daivalis, Egyptien , se rendit maître du royaume d''ARGOS, fondé par Inaclms ; il (Miseigna ii son nouveau peuple Pagriculture cl les arts de la Grèce.
i.^o6. — D\RDANUS, Grec d'origine, fonda leroyaumedeTRoiE,situésur lescôlcs dePAsie- Mincnrc, ii Popposite de la Grèce.
i.jS^. — MiNOs fut, dit-on, le premier roi de Vh.v. DE Crète, On croit qu'il était venu
d''Egjpte ; mais son origine, ainsi que l'époque de son règne sont également incertaines. . Ce prince donna de sages lois à son peuple, et se rendit célèbre par sa justice et sa sévérité. C'est sans doute par ce motif que la fable le représente, dans les enfers, chargé du soin de juger les ombres.
1423. — Erecthée, roi d'Athènes, est le premier qui ait tenté de faire défricher et labourer les terres incultes de PAttique. Cette entreprise ayant eu tous les succès qu'il s'en était promis , il institua à Eleusis les mystères de Cérès ^ à l'imitation de ceux que les Egyptiens célébraient en Thonneur d'Isis. On a lieu de croire que ces mystères, comme ceux des Egyptiens, dévoilaient aux initiés une doctrine fort supérieure aux superstitions vulgaires.
i362. — PÉLOPS était fils de Tantale , prince de Sipyle dans l'Asie-mineure. A la suite d''une guerre entre son père et Ilus , roi de Phrygie , Pélops, contraint de s'expatrier, vint s'établir" dans la Grèce et envahit une grande partie du Péloponèse. Les Pélopides , ses enfans , assurèrent leur domination dans ce pays. Parmi eux , on distinguait Atrée et Thj'este^ célèbres par leurs cruautés et par les malheurs de leurs descendans.
1 35o. — Ëxpe'dition des Argonautes , qui , sous la conduite de Jason , prince de Thessalie , pénétrèrent dans la Colchide* pour enlever la toison d'or. {Mythologie.)
*La Colchide,pajs d'Asie, aujourd'hui l^Mingrelie.
1 348. — Fondation du royaume de mycènes. — Persée , après avoir tué involontairement son grand-père Acrisius, roid'Argos, transporta le siège de cet empire à Mjcènes.
i33o. — The'sée fut le 10^ roi d'Athènes \ il était parent d'Hercule et marcha sur ses traces. Son règne est une époque très importante, en ce qu'il donna au gouvernement une forme plus régulière et jeta ainsi les fondemcns de la grandeur d'Athènes. Cette ville, augmentée et embellie parles soins d'un grand homme, devint la métropole , c''est-à-dire la capitale de Tétat.
Thésée inspira aux Grecs le goût des jeux publics^ il rétablit les Panathénées , ou fêtes de Minerve, et institua les ]eu\ isthmùjues ^ ainsi nommés parce qu*'ils se célébraient à Tisthme de Corinthe ^ il chercha , en un mot , à multiplier ce genre de spectacle , qui dans le principe , ne fut pas sans avantage pour la nation. Différentes espèces de courses et de combats y formaient le corps, lui donnaient de Fagilité, de l'adresse , de la vigueur, et préparaient ainsi les Grecs aux. exercices militaires; Pémulation y était excitée, non par l'intérêt, mais par la gloire ; une couronne de lauriers était le prix du vainqueur.
Ces jeux rassemblaientlesGrecs,suspendaîent leurs discordes; toute hostilité cessait entre eux tandis qu'on les célébrait ; le culte qu'ils rendaient à leurs dieux , le récit pompeux des exploits de leurs héros, l'enthousiasme naturel à leur ardente imagination ; tout , en un mot ,
dans de semblables réunions, contribuait à élever leurs âmes.
Plus tard, nous verrons ces jeux dégénérer en amusemens frivoles et ruineux, et la fureur des Spectacles étouffer Tamour du bien public.
Nous n'ajouterons aucun détail sur le règne de Thésée : il nous a suffi d'indiquer ici Tin— fluence qu'il exerça sur le sort de la Grèce. Cette époque étant plus que toute autre empreinte du merveilleux qui appartient à la fable , nous laisserons aux poètes le récit d'une foule d'événemens étrangers à l'histoire.
1328. — Sisyphe, descendant deDeucalion , est regardé comme le véritable fondateur de Co- RiNTHE^ il embellit cette ville , qui s'était nommée d'abord Ephira , et il donna au royaume une nouvelle consistance.
Les anciens auteurs ne s'accordent pas toujours sur l'origine des Corinthiens.
i32i. — Expulsion des Héraglides bu des— cendans d'Hercule. — Hercule ou Alcide ^ prince de la famille royale d'Argos , s'était rendu célèbre dans la Grèce par des exploits merveilleux, dont le récit appartient plus à la fable qu'à l'histoire. Il avait été exclus néanmoins de la couronne de Mycènes. Ses fils ayant voulu défendre ses droits par la force des armes , furent vaincus par les Pélopides et chassés du Péloponèse.
i3i8. Guerre de Thèbes , où sept rois seVi,
guèrent avec Polynice contre Etéocle son frère^
Le siège de Thèbes fut long et opiniâtre ;
presque tous les chefs des deux partis y périrent.
2 EPOQUE. gi
Les deux frères, Etéoclcet Polynice, tombèrent sous les coups l^ua de l'autre.
De 1 280 à 1270. — Siège et destruction de LA VILLE DE Teoie. — Cc siége mémorable, qui dura dix années , est Févénement le plus remarquable de cette deuxième époque^ il est devenu plus célèbre encore , pour avoir été chanté par Homère , qui né vécut toutefois que trois cents ans après la guerre de Troie.
Nous n'entreprendrons point ici le récit de ce fait important , puisque tout y est altéré par la fable \ il nous suffira de savoir que celte expédition fut également nuisible aux vainqueurs et aux vaincus. Tandis que les héros grecs se signalaient dans PAsic-Mineure pour venger, contre les Troyens , l'injure d''un roi de Sparte , la Grèce, abandonnée de ses princes, était livrée à d'affreux désordres , qui affaiblissaient les forces de la nation. En un mot, divisés entre eux, et victimes de leurs dissensions , les Grecs ne retirèrent de leur entreprise, qu'un butin qui fut bientôt dissipé.
Tel fut le résultat d'une guerre longue et cruelle, à laquelle prirent part tous les princes de la Grèce.
Après le siége de Troie , la Grèce retombe dans l'inaction ^ le fil des événemens semble tout à coup interrompu^ la civilisation des Grecs s''avance dans lesilence, dans Tobscurité, et, pendant trois siècles environ, nous n'avons plus que des notions vagues et incertaines sur les événcmens dont la Grèce fut le témoin. Nous
rp. HISTOIRE GRECQUE.
nous bornerons donc à recueillir dans ce îonig espace le petit nombre de faits marquans et de noms célèbres échappés à l'oubli, et que nous ont transmis les écrivains de l'antiquité.
1 190. — Entreprise desHe'raclides. — Profilant d'un moment où la Grèce, déchirée et affaiblie par des dissensions intestines, devait être la proie du plus fort , les Héraclides, bannis de leur patrie, j rentrèrent en armes. Sparte , Argos, Mycènes , tout le Péloponèse enfin fut bientôt asservi, et la terreur s'étant répandue de toutes parts, plusieurs colonies grecques passèrent la mer et vinrent s'établir dans les îles qui bordent l'Asie-Mineure. Celles des Ioniens^ des Eoliens ^ et des Doriens furent les plus célèbres. La tranquillité et l'abondance dont jouirent ces peuples dans leur nouvelle patrie, favorisèrent ia culture des lalens et les progrès de la civilisation.
Les Héraclides , maîtres du Péloponèse , le divisèrent entre eux. Deux frères, Eurysthènes et Proclès régnèrent ensemble à Sparte, qui depuis ce temps eut toujours deux rois.
1 l32. CoDEUS,DERMER ROI d'AthÈNES.
Les Héraclides étaient devenus jaloux de la puissance des Athéniens, qui s'augmentait rapidement par le grand nombre de bannis du Péloponèse que le roi Codrus protégeait et attirait dans l'Attique. Bientôt la guerre éclata entre les Athéniens et les Héraclides : l'oracle, dit-on , avait annoncé que celle des deux nations dont le roi périrait remporterait la victoire. Codrus se dévoua pour le salut de sa'
|>atne -, ayant cherché la morl dans les rangs ennemis, il périt dans le combat. A cette nouvelle, les Héraclides effrayés prirrent aussitôt la fuite ^ et ce dévouement généreux sauva ainsi les Athéniens.
Après la mort de Codrus, ses deux ii\s^ Médon et Nilée , se disputèrent la couronne : les Grecs ne respirant que Findépandance , saisirent cette occasion pour s^affranchir de la royauté^ le gouvernement républicain fut adopté et le pouvoir confié à des magistrats nommés archontes. Médon, fils de Codrus , fut le premier archonte et conserva cette dignité jusqu'à la fm de sa vie. Pendant trois siècles cette magistrature restaperpétuelle et héréditaire : c'était encore la royauté, le gouvernement n'avait changé que de nom. Nous verrons plus tard les Athéniens augmenter le nombre des archontes, et restreindre la durée de leur administration.
947. — HoMLRE, retiré à Smyrne, dans T Asie- Mineure , commençait à travaillera ses poésies^ il s'illustra par ses deux poèmes épiques, 1'/— liade eiYOdj-sse'e. Ces premières productions du génie forment une grande époque dans l'histoire de l'esprit humain , la plus instructive de toutes.
Les mœurs des siècles héroïques de la Grèce furcntsimplesetgrossières comme celles de tous les barbares : Homère nous en a tracé le tableau. Ces rois, que Ton se représente si puissans , avaient peu d''autorité, etn''avaieni presqueaucun appareil de grandeur. Sans aucune idée de lascience militaire, ils ne savaientquese battre:
le droitdu plus fort était leur loi suprême. 11 est probable qu'ils nVutendaient pas mieux l'art plus difficile encore de gouverner les peuples.
910. — Ou voit à cette époque les petits états de la Grèce adopter successivement LE GOUVER- NEMENT re'publicai^. Les peuples sVtant lassés d^obéir à des princes qui eux-mêmes s'étaient rendus indignes de régner , une révolution presque générale entraîna la chute du pouvoir monarchique , et Pamour de la liberté devint le caractère dominant des Grecs.
Il eut été sans doute aussi curieux qu'intéressant de suivre dans ses détails cette grande révolution, qui changea la flice de la Grèce. Mais elle commença à s^opérer peu de temps après le siège de Troie, à cette époque obscure du passage de la fable à Fhistoire , el les anciens ne nous ont transmis que des notions \agues
FIN DE LA 1^ e'pOQUE.
a cet égard
EXERCICES
SUR LA 1* e'pOQUE, DITE DES TEMPS HEBOIQUES.
Fondation des différens états de la Grèce ^ , de 1600 à 876.
(Voir k tableau de la deuxième e'poque , page 8a.)
16* SIÈCLE. — En quelle anne'e fut fondée Athènes ? — Par qui? — Quel tribunal célèbre institua Cècrops?
"* Cet exercicene porte pas sur tous les faits indiques au tableau, mais seulement sur les plus essentiels à bien connaître.
2* iPOQUE. 95
Qu'est-ce que le conseil ou la ligue des Ainphyclioris ?
Quel fut le fondateur de Thèbes? — Qu'enseignal-il aux Grecs ?
En quelle anne'e fut fondé le royaume de Sparte ?
— Par qui ?
15*^ SIÈCLE. • — Quel fut le fondateur du royaume de Troie ? ■ — Quel fut le premier roi de Crète î*
i4* SIÈCLE. — Dans quel sircle les Pélopides se rcndirent-jls maîtres duPéloponèse ?
A quelle époque Thésée gouverna-t-il Athènc* ? — Comment gouverna-t-il ?
Dans quel siècle les Héraclides furent-ils chassés du Péloponèse ?
1 3* SIÈCLE. — En quelle année commença le siège de Troie? — Quelle fut ensuite, et pendant plusieurs siècles , la situation de la Grèce ?
12® SIÈCLE. — D;ms quel siècle eut lieu le retour des Héraclides ? — Quel fut le dernier roi d*'Athènes ?
— Comment fut abolie la royauté. — Quels magistrats furent établis a cette époque ?
10* SIÈCLE. — Eu quelle année parut Homère ?
Le dixième siècle ne fut-il pas Tépoque d'un grand changement dans la Grèce? — Quel gouvernement fut alors généralement adopté ? — Quel fut , depuis cette époque , le caractère dominant des Grecs ?