‹ Histoire ancienne mnémoniqueChapitre 53 sur 103 · UmOND"'aRISTIDEETDE TUEMISTÛCLE · texte numérisé non relu

UmOND"'aRISTIDEETDE TUEMISTÛCLE

LVxpédition de Xerxcs aj^ant exposé la Grèce ainsi que nous Favons vu, aux plus grands périls, Tliémistocle, animé d^un zèle véritable, oublia une basse jalousie, et sollicita lui-même le rappel-d' Aristide dont les services devenaient nécessaires.

L'uMON de ces deux rivaux quand les besoins de Tétat Pexigeaient est une des plus touchantes leçons de patriotisme^ nous les verrons désormais agir de concert avec ce zèle généreux qui sacrifie au bien public des animosités personnelles.

480. — Prise d'Athènes par les Perses.- — Après la funeste journée des Thcrmopyles , les peuples du Péloponèse ne songeant qu'à défendre leur pays, avaient abandonné les Athéniens pour se retranchera Pisthmede Corinlhe. Privée de ses alliés, menacée d'une invasion prochaine, Athènes, sans moyen de défense, était sur le penchant de sa ruine. L'oracle de Delphes avait déclaré qu'elle ne trouverait son salut que dans des murailles de bois. Tliémistocle, qui probablement avait inspiré l'oracle, persuada aux Athéniens que leurs vaisseaux étaient fasile qui leur était désigné^ tous

LES hommes en état DE PORTER LES ARMES FUfiLNT

aussitôt embarqués ^ le reste de la population se réfugia à Trézène , enArgolide^ quelques citoyens s'obsiinant à ne point partir, s'étaient enfermés dans la citadelle : ils se défendirent jusqu'à la mort. Xerxès s'empara d'Athènes çt livra aux flammes la ville et la forteresse,

goûtant ainsi le plaisir de la vengeance qu"'une prompte révolution devait changer pour lui en amertume.

480. — Bataille de SALA!Vll^E. — Après la ruine d'Athènes, les Grecs, incertains d'abord sur le parti qu'ils devaient prendre, se laissèrent diriger par Tiie'mistoc le. Aristide lui-même vint lui oll'rir de servir sous lui. La confiance mutuelle qui unissait alors ces deux grands hommes était le gage assure de la victoire.

D'après Tavis de Thémistocie, la flotte des Grecs , fort inférieure on nombre à celle des Perses , se tint resserrée dans le détroit de Salamine, où les nombreux vaisseaux de l'ennemi ne pourraient manœuvrer librement. Un faux avis attire Xerxès dans le piège: il ordonne aussitôt le combat: sans avoir le titre de généra!, Thémistocie en remplit les fonctions, il fait des prodiges de valeur à Salamine et remporte une victoire complète sur la flotte ennemie. Avec moins de quatre cents voiles', les Grecs dissipèrent une armée navale qui en comptait, dit-on, plus de deux mille. Théniislocle s'immortalisa dan^ cette journée,' une des plus mémorables de riiistoire.

Placé sur une hauteur, Xerxès était reslé-paisible spectateur du combat^ pendant ce temps, Artémise ^ reine dUalycarnasse , avait combattu sur sa flotte avec une valeur hr-roïque.

Le fier monarque qui devait soumettre la Grèce s'enfuit lâchement après sa défaite, laissant trois cent mille hommes à Mardonius ^our réparer ce désastre et venger son injure.

l44 HISTOIRE GRECQUE.

La VICTOIRE DE SALAMiNEvalutàThémiàlocIe Phonneur de voir tous les Grecs se lever en sa présence aux jeux olympiques ^ heureux de ce triomphe, il avoua que ce jopr avait été le plus beau de sa vie: la gloire suffit aux vrais héros.

479. — Bataille de Plate'e. — L'union avait doublé les forces des G recs:3/<2r^o/2/«5 cherche à les diviser pour les soumettre-, mais il emploie vainement tous les moyens de séduction , le vertueux Aristide, alors premier archonte , est inébranlable , et fait prononcer des analhèmes contre quiconque proposerait de trahir Tal— liance nationale.

Mardonius, furieux, marche aussitôt contre Tennemi qu'il ne peut corrompre; il fond sur Athènes et achève de détruire ce que les flammes avaient épargné Tannée précédente;, il annonce au roi de Perse comme un triomphe éclatant cette stérile victoire sur des ruines.

Les Spartiates, réservant leurs troupes pour la défense duPéloponèse, avaient refusé de secourir Athènes; mais, pressés de nouveau, ils se . décident enfin à envoyer cinq mille hommes, suivis chacun de sept esclaves armés. Les forces réunies des confédérés furent alors de soixante mille hommes, dont huit mille Athéniens seulement, ayant à leur tête Aristide. Pausamas, tuteur d^in jeune roi de Sparte, avait le commandement général de Tarmée.

Cependant Mardonius s'avance dans les plaines de la Béotie; craignant de manquer de vivres, et se livrant à Pimpétuosité de son

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caractèi e, il veut comballre malgré les représentations de ses meilleurs officiers: les armées se rencontrent bientôt, et les Grecs sous les ordres DE Pausakias, remportent uneeclata>tl victoire A Platée'. L'imprudent Mardonius périt dans l'action , et son armée fut taillée en pièces.

Cette bataille célèbre, gagnée par Pausanias, assura la liberté de la Grèce, et la délivra pour toujours des armées persanes.

Après la bataille de Platée, les Atbéniens et les Spartiates se disputèrent le prix de la bravoure. Pour les mettre d'accord, il fut décerné aux Platéens.

Le butin partagé entre tous les vainqueurs •

inspira dès lors le goût des richesses et devint •

par la suite une source de corruption,

479* — Victorieux en Europe, les Grecs, sous le commandement de Xantippe, triomphèrent encore en Asieau combat > aval de Mygale, qui CUL lieu le même jour que la bataille de Platée.

Avec le secours des Ioniens, les Grecs achevèrent de ruiner la flotte et Parmée de Xerxès; ce prince s'enfuit de Sardes 2 , après avoir ordonné que tous les temples des colonies grecques fassent brûlés et démolis; vengeance absurde

' (Voyez le médaillon) Pausanias est placé dans le char qui rtprésenle la bataille de Platée , afin d'indiquer la part fju il eut à cette victoire célèbre comme commandant général Je l'armée.

- Dans lAsie-Mineurc. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un village appelé Savt.

1^6 BISTOIRE GRECQUE.

qui ne servit qu'à le rendre odieux et méprisable aux yeux d'un peuple qu'il n'avait pu conquérir.

Toutes les villes d'Iouie entrèrent des lors dans la confédération des peuples de la Grèce, dont l'origine et la langue leur étaient communes ^ elles se trouvaient dignes de la liberté dont l'influence opérait alors tant de prodiges,

478. — Athènes rebâtie. — Enivrées de leurs victoires , les deux républiques rivales allaient bientôt devenir ennemies; voici quel fut le premier motif de leur désunion :

Après la défaite totale des Perses , les Athéniens voulurent rebâtir et fortifier leur ville. Sparte sV opposa, alléguant le faux prétexte du bien public, qui ne permettait pas de conserver des places fortes hors du Péloponèse. Mais redoutant en effet la puissance maritime des Athéuiens, et craignant qu'ils neparvinssent au commandement qu'elle-même tenait tant à conserver, Thémistocle oppose la ruse à l'injustice. Tandis qu'il négocie avec les Spartiates, les murs dWthènes sont relevés , et bientôt une circonstance nouvelle va donner aux Athéniens le commandement dont Sparte était si jalouse:

Pausanias commandait une flotte destinée à chasser les Perses des colonies où ils dominaient encore. Corrompu par les dépouilles de Mardonius. son faste et sa dureté tout à la fois l'avaient rendu odieux aux alliés : une haine générale éclata contre lui :, il fut soupçonné de favoriser l'ennemi.

Aristide, dont la vertu était inébranlable,

fut appelé dès lors au coniinandemciit en chef (le l'ai niée, et c'est ainsi que passa dans les mains d'Athènes l'autorité dont Lacédérnone avait joui jusqu\i!ors dans la Grèce.

Pausanias, privé du tilre de généralissime , continuait toutefois la guerre comme général \ mais soupçonné de nouveau, et tour à tour accusé et absous, il fut enfin convaincu d'cn- Iretenir des inteliigenccs avec les Perses. 11 se réfugia dans un temple, espérant ainsi se mettre à fabri des poursuites^ mais les éphores craignant de violer cet asile , en firent murer les portes, et il y mourut de faim.

47 !• — Administration d'Aristide. — Malgré les réclamations de Sparte ,, les alliés , pour la première fois, reconnaissent les Athéniens comme chefs lie la confédération.

Aristide, digne plus que jamais, du surnom de juste, est placé d'une voix unanime à la tctc de l'administration et rétablit Tordre par sa sagesse. Il manie les finances en homme aussi éclairé qu'incorrupuble, et avec cette admirable économie qui semble doubler les trésors. Son administration fut pour Athènes iK

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