‹ Histoire ancienne mnémoniqueChapitre 55 sur 103 · GL'ERRE DES PERSES · texte numérisé non relu

GL'ERRE DES PERSES

4^0. — CiMON, fils de Miltiade, était le digne élève d^Aristidc , et remplaça dans l'administration de la république, son maître et son modèle. Il augmenta la gloire de sa patrie par ses exploits et par sa politique habile, et mérita restiuic de sesconcitoycns par de grandes vertus , et surtout par une probité irréprochable.

469, etc. — Victoires remportées sur les Perses. — Pour fixer la légèreté inquiète des Athéniens, Cimon cherche aies occuper contre les ennemis du dehors : chef de l'armée et delà flotte athéniennes, il combat les Perses sur terre et sur ip.er, et toujours avec avantage. En peu de temps, cet infatigable guerrier sVmpare de la Thrace, et soumet toutes les villes que les Perses possédaient dans TAsie-Mineure. Depuis rionic jusqu''à la Pamphilie , la gloire de ses

armes porta la terreur jusqu'à la cour du grand roi '.

Cimon, couvert de lauriers, revint triomphant dans Athènes, et toutes les richesses qu'il avait acquises dans celte dernière guerre furent consacrées à Fembellissement delà ville et aux fortifications du port. Tant de services, toutefois, ne- purent le mettre à l'abri de Pinjustice des Athéniens.

Tandis qu'Athènes s'illustrait par les exploits. d*'un grand homme, Sparte s'était vue acca— Liée de tous les malheurs à la fois : la ville entière avait été renversée par un tremblement de terre^ les esclaves, révoltés, s'étaient unis aux Messénicns, ennemis des Spartiates. Dans cette extrémité , on avait réclamé le secours d'Athènes.

Un parti nombreux, iilaléte duquel se trouvait Périclès^ dont nous parlerons bientôt, soutint alors qu'une ville rivale ne devait pas être secourue; qu'il fallait même se féliciter de sa ruine. Le vertueux Cimon représenta, avec tant de force, la lâcheté de cet abandon, qu'il entraîna tous les suffrages: l'antique générosité l'emporta sur une politique cruelle et ambitieuse, et les secours furent accordés.

Cimon, chargé du commandement' des troupes, marcha en Laconie avec quatre mille hommes , et délivra Sparte du péril dont elle était menacée.

• Arlaxerxès Zo/î^«ema//z, successeur de XerxèsP'', régnait alors. ( On donnait ce titre de grand-roi à tous les monarques de Perse. )

3^ EPOQUE, 5^ SIÈCLE AV. J.-C. l53

Cimon se Irouvant près du lieu oii fat livré le combat, était venu, quoique exilé , ofîiir ses services à l'armée Athénienne qui refusa l'ofirc de ce généreux citoyen, et lui ordonna de se retirer. Cent de ses campagnons accusés comme lui d'être favorables à Fennemi, formèrent un corps séparé : Cimon les exhorta à remplir leur devoir ^ ils combattirent, en effet, avec un admirarble courage , mais forcé de céder au nombre, ils périrent les armes à la main.

460. — Cimon BA>M par l'ostracisme. — La guerre, un instant suspendue, se ralluma de nouveau, et Cimon entra une seconde fois dans le Péloponèse: mais il fut renvoyé par une injurieuse défiance.

Furieux de cette insulte, les Athéniens s'en prennent à Pillustre ggiéral, et Yostracisme devient sa récompense.

La jalousie des deux républiques, qui jusquelà avait excitéentre elles une noble émulation, devintdèsce moment une haine violente , prélude des plus grands malheurs.

455. — Bataille de Tanagre. — La guerre éclata bientôt entre les deux peuples rivaux. I,es armées de Sparte et d'Athènes sYtant rencontrées en Béotie, livrèrent la sanglante bataille de Tanagre , funeste aux deux partis : la victoire resta incertaine.

450. — Rappel de Cimon. — Inquiets des résultats de la guerre, les mobiles Athéniens legrellèient bicnlol Cimon. Pcriclès, qui était devenu son rival , proposa lui-même son rappel. Cetillustre et vertueux citoyen revint après

l5.|. HISTOIBE GRECQUE.

cinq ans d^exil, impatient de servir encore l'ingrate patrie qui l'avait repoussé de son sein.

45o. — Traité entre les Sparttates et les Athe'me^s. — Le premier soin de Cimonàson retour fut de mettre un terme à la guerre civile , fléau le plus cruel d'un état ; il se hala en conséquence de conclure un traité avec les Spartiates pour une TRÊVE DE trente années.

449î etc. — Victoires sur les -Perses. — Pour prévenir les dissensions intestines, Ciraon cherche de nouveau à occuper les Athéniens contre rcnnemi commun. Il prend les armes contre les Perses dans PAsie-Mineure, et les succès les plus éclalanssont le résultat de cette dernière tentative-, sa flotte est partout victorieuse.

448. — Traité avec les Perses, Firï de la GUERRE MÉDIQUE '. Tant de défaites ayant abaissé enfin rorgueildes Perses, leur roi, Artaxerxès, ordonna à ses généraux de faire la paix à tout prix: Cimon dicta les conditions du traité. Il fut convenu : 1° que toutes les villes grecques de PAsie-Mineure seraient déclarées libres et pourraient choisir les lois et le gouvernement qui leur conviendraient le mieux ; 2' que les Perses ne pouraient plus naviguer depuis le Pont-Euxin (la mer Noire) jusqu'aux côtes de laPamphilie, dans PAsic-lMineure,

Ainsi se termina, à la gloire des Grecs, une guerre qui avait duré cin(|uantc et un ans.

On désignait ainsi la guerre contre les Perses.

3^ EPOQUE, 5'^ SIÈCLE AV. J.-C. l55

* — Le gouvernement de Cimon doit être considéré comme une époque à la fois heureuse et brillante pour sa pairie^ il rendit la Grèce redoutable a ses ennemis autant par su politique habile, que par les progrès qu^il fit faire à la marine.

Les lettres et les beaux arts, qui commençaient dès lors à faire partie de la gloire d'Athènes, trouvèrent également en lui un zélé protecteur.

Eschj'le jusqu'à celte époque avait été le premier des auteurs tragiques , Sophocle lui disputa la palme du théâtre : les suiiVages se partageaient entre eux , on prit pour juges Cimon et quelques généraux ses collègues, aussi éclairés que valeureux : le j^rix fut décerné au jeune Sophocle- Eschyle désespéré ne put supporter cette disgrâce , il s''exila en Sicile et y mourut, tant était violent chez les Athéniens famour de toute espèce de triomphe.

44^. — Mort de Cimon. — Cimon, couvert de gloire, mourut sous les murs de Citiimi ^ des suites d'une blessure (ju'il avait reçue au siège de cette ville au moment oii allait se conclure le traité avec les Perses.

Ce grand homme avait consommé l'ouvrage des héros ses prédécesseurs. Un auteur a dit de Cimon, qu'ion retrouvait en lui le courage de Miltîade, la prudence de Thémislocle, et la iuslice d'Aristide.

l56 HISTOIRE GRECQUE.

EXERCICES

SUR LE 5^ SIÈCLE, année 470 1 etc.

Page 1