GUERRE DU PEL0P0>"E5E
44^* — «Periclès, fils de Xanlippc le vainqueur de Mycale, avait acquis depuis longtemps déjà'une grande influence dans les affaires de la Grèce ^ la mort de Cimon le laissa maître du gouvernement. Délivré de ce rival , il affermit de plus en plus sa puissance , malgré les efforts de raristocralic, qui lui opposa vainement Thucydide , beau-frère de Cimon.
Nul homme n^etail plus propre que Pcriclès h gouverner les Athéniens. Moins distingué par Téclat de sa naissance que par la supériorité de son génie, il possédait des connaissaces profondes, un discernement sûr et une éloquence entraînante à laquelle on ne pouvait résister.
Athènes, à cette époque, oilVait un brillant assemi)lage des hommes les plus distingués dans tous les genres. Parmi les plus illustres, nous citerons les philosophes Auaxagore ^ Socrate et Pj-thagore; Pindare^ pocle lyri({ue,£ichjle ^ Sophocle et Kurypide ^ poètes tragiques ^ Ih'rodote Q\.Thiicydide^ historiens ce-
l58 HISTOIRE GRECQUE.
Icbres ^ le sculpteur Phidias^ Tami de Périclcs, et Zeuxis , peintre fameux.
On doit placer encore au rang des personnages marquans de cette époque , Aspasie^ de Milet , également distinguée par son génie, sa science et sa beauté*- les plus illustres philosophes écoutèrent les leçons de cette femme célèbre. Périclès, qui Tavait épousée après Tavoir aimée longtemps , prétendait lui devoir son éloquence.
L'histoire nous présente à différentes époques une heureuse réunion de grands hommes et de grandes choses. Le siècle d' Auguste^ le siècle de Louis A7/^nous en ont ofiért Texemple \ mais alors les grands génies , les grands talens furent en quelque sorte d'imitation •, il existait de grands modèles en tous genres. Les Grecs, au contraire, durent tout à eux-mêmes et rien aux autres -, ils eurent à la fois le mérite de créer et de perfectionner. On ne peut donc considérer sans étonnement comme sans admiration les prodiges qu'enfanta cette époque si remarquable qu'on a designée depuis dans l'histoire sous le nom de SIÈCLE DE PERICLES'.
445, etc. EMBELLISSEME^•S d'AtkÈNES.
Six années de paix donnèrent à Périclès le loisir nécessaire pour s'occuper des embeilissemens
* ( Voyez le médaillon de Pèiiclès. ) Athènes et ses monuments, les cmblrmcs des sciences et des avis, "des rayons de lumière , etc. Tout en un mot a <'lé calcule' dans le médaillon pour caracle'riser cette ♦•'poque si remarquable dans Thistoire de fesprit immain.
3" EPOQUE, 5^ SIÈCLE AV. J.-C 1 5g
d''Atliène3 : bientôt elle fut ornée (I'edifices, de STATUES, de Mo^^ME^s bien supérieurs aux ouvrages des Egyptiens, et qui devaient en faire la première ville du monde.
Le peuple, flatté d'abord, murmura ensuite des frais énormes qu'entraînaient ces immenses travaux. Périclès offrit de les payer de ses propres deniers , pourvu toutefois qu''on inscrivît sur les colonnes de ces monumens que lui seul les avait érigés. La vanité athénienne rejeta cette oOre : on le laissa maîlie de puiser dans le trésor. Ayant triomplié en même temps de l'opposition de Thucydide , il le fit bannir par l'ostracisme. Supérieur des lors à toutes les factions , il ménagea moins le peuple , et fut roi , au titre près.
44o' — Pbise ue S^mos. — Pour détourner Fattenlion et les plaintes des Alhéuiens , Pé- 1 iclcs songea à les occuper au dclisrs. Sairtos et Milet étaient en guerre : Périclès prend parti pour les Milésicns ;, il assiège Samos, et bientôt cette ville est soumise et passe sous la domination des Athéniens.