‹ Histoire ancienne mnémoniqueChapitre 72 sur 103 · VAINCU, EST TUÉ DA^■S L\ BATAILLE · texte numérisé non relu

VAINCU, EST TUÉ DA^■S L\ BATAILLE

Tandis que son armée se dérobe par la fuite à la vengeance du vainqueur, les Grecs seuls résistent avec une incroyable intrépidité à cette multitude d^ennemisqui les atlaqu-jnten même temps ; ils déclarent qu'ils mourront plutôt que de rendre les armes, et se retnent en bon ordre au-delà du fleuve, après avoir vaincu deux fois les troupes qu'on leur oppose.

De 4oi à 4oO' PRETRAITE DES DIX MILLE.

— Cléarque et les principaux chefs de Tarmée Spartiate , attirés dans un piège, avaient été immolés par Pennemi ; Xénophon et quatre autres officiers furent choisis à leur place. Dirigés par eux , dix mille Grecs effectuent leur retraite au travers d''innombrabIes dangers. Résolus de tout entreprendre plutôt que de céder, ILS BRULE^T LEURS TENTES, Icurs bagagcs, et se forment en bataillon carré pour faire face de toutes parts à l'ennemi. Enfin , attaqués sans cesse dans leur retraite, et toujours vie-

toricux , ils revinrent par rHcllospont ' dans leur patrie, où ils furent reçus avec Tadmiralion que méritaient tant de coustance et de valeur.

Ainsi se termina cette retralie des dix raille, célèbre dans l'histoire : elle avait duré dix-neuf mois, pendant lescjucls ces intrépides guerriers avaient fait une racrche de six cents lieues, selon quelques hisloiious, et de treize cents litues selon d'autres.

* — Témoin et acteur de la retraite des dix mille , Xé>opiioî, en fut aussi l'historien -, le charme et la douceur de son style le firent surnommer Vaheille altique ; son récit toutefois paraît suspect ii quelques égards : il donne au jeune Cyrus des éloges exagérés. Quelque mérite que pût avoir ce prince, on ne peut oublie? qu'il porta la guerre dans sa patrie pour son propre intérêt-, on doit donc blâmer sa coupable ambition et condamner son entreprise.

Xénophon , plus connu comme historien que comme guerrier, cessa à cette époque de jouer un rôle dans les atfaires de la Grèce ; mais la célébrité qu'il avait acquise, et celle qu'il a donnée à Texpédition des Grecs, ont suffi pour immortaliser son nom.

1 Dt'troit des Dardanelles.

HISlOirtE GRECQUE.

EXERCICES

SUR LE 5* SIÈCLE , A^NÉe 4o 1 , elC.

XKKOPHOÎf, SPARTIATE.

SI

À quel peuple appartient Xenophon ? — A quel ècle? — Quelle expédition nouvelle vint occuper les Grecs ? — Dans quel pays ? • — Quel prince régnait alors en Perse? — Quel était le frère d'Artaxcrxès? — Par quel motif Cyrus fit-il la guerre à son frère ? — Quels peuples se réunirent à lui? — Quelle bataille fut livrée ? — Quel fut le vainqueur? — Que devinrent les Grecs? — Qu'appelle-t-on la retraite des dix mille ? — Par qui furent dirige's les Grecs? — Combien de temps dura la retraite? — Quel en fut Phistorlen ? — Comment avait-on surnommé Xenophon ?

3^ EPOQUE, 5' SIECLE AV. J,-C. igi SUITE DU 5^ SIECLE AVANT J.-C.

SOCRATE , PniLOSOPIIE ATHÉNIEN'. ^ (Voyez le tableau. )

40 1 . — Au moment où dix mille Spartiates accroissaient larcnommée de la Grèce, Athènes, que n'avait pu corriger le malheur, flétrit la sienne par le procès de Socrate. Ce philosopha célèbre que Poraclc avait déclaré /£?^/f/5 sa^c des Grecs ^ et que la voix des siècles a proclamé le plus sage des hommes , possédait au plus haut degré les plus rares vertus : intrépide guerrier, citoyen courageux, il était dans la vie privée un modèle de patience, de tempérance et de désintéressement ^ digne , en uii mot, d'estime et de reconnaissance, il ne trouva que des ingrats.

* DÉVOUÉ A l'instruction D£ LA. JEUNESSE,

Socrate eut pour disciples les hommes les plus distingués de son siècle ^ Alcihiade^ Platon et Xénophon furent de ce nombre. Presque tous LES JEU'NES Athéniens suivirent ses leçons.

Socrate professait la religion de son pays • mais, s'éjevant au-dessus des préjugés vulgaires, U reconnaissait un Dieu suprême , auteur et conservateur de l'univers..

I,g2 HISTOIRE GRECQUE.

S'étant appliqué à rétude du cœur humain, il enseignait k ses disciples la morale la plus pure et la plus sage. Nous citerons ici quelques-unes de ses maximes.

L'^olsiveté avilit , et non le travail.

I^Ii faut se tenir dans un élat de guerre contnmcl contre ses passions et de paix avec les passions des autres.

Moins on a de besoins, plus on approche de» dieux.

La véritable gloire consiste dans la vertu.

Le vrai bonheur est d'clre bon parent, bon ami , bon citoyen.

La plus grande etla plus dangereuse des impostures esldeprétendregouverner leshoranies sans en avoir le talent.

4oo. ■ — Procès et jicrt de Socr axe. — Les principes que professait Soerate lui attiraient l'inimitié des sup.erstitieux et des hypocrites , qui bientôt conspirèrent sa perte. On l'accusa de vouloir établir un culte nouveau et de corrompre l'esprit de la jeunesse. ^/2i7//5 etJA'litus^ noms infâmes dans l'histoire, furent les chefs du complot. Aristophane , qui n'épargnait den dans ses comédies satiriques , irrité de ce que Soerate n*'approuvait point sa licence, lui porta les premiers coups , en le représen-

3* EPOQUE, 5* SIÈCLE AV. j.-c. igS tant sur la scène , dans la comédie des Nuées^ comme un sophiste dangereux et comme un impie.

Accusé de toutes parts ,Socrate se justifie par le simple exposé de sa conduite. Sa noble fierté irrite les juges, et cet homme célèbre, qu'avaient épargné les trente tyrans, est condamné par ses concitoyens à boire la ciguë * (c''était alors la peine capitale).

Ayant entendu prononcer son arrêt, il dit sans s'émouvoir: LcL nature^ avant dous^ nCavait condamné à mourir , mais la vérité condamne vous et mes accusateur s à des remords éternels.

Socrate resta trente jours en priion: ses amis ayant trouvé un moyen de faciliter son évasion, rengageaient à prendre la fuite • il s'*y refusa en disant que ce serait outrager les lois.

Lorsque Pinstant fatal fut venu, le courageux philosophe adressai ses am^'s de touchans adieux , et , n;?rès avoir embrassé ses enfants , il saisit la coupe qui contenait la ciguë et la porta à ses lèvres en priant la divinité de rendre heureux son dernier vojage.

Après la mort de Socrate, les Athéniens ouvrirent les yeux, et, pénétrés de honte et d'un tardif remords, ils proclamèrent son innocence, révoquèrent l'arrêt qui l'avait condamné, et punirent sévèrement ses accusateurs. Enfin le célèbre sculpteur Lysippe lui éleva

* La ciguti est un poison.

igî HISTOIRE GRECQUE.

une statue de bronze comme un monument de reconnaissance et de regret, moins durable toutefois que le souvenir de ses vertus.

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