EXPEDITION EN ASIE
397. — A près la mort d'Agis , roi de Spartet Agésilas, son frère, lui succéda. Sobre, patient, humain et populaire, plein d'esprit et de courage , il possédait à la fois le talent de combaUre et celui de gagner les cœurs.
897. — Victoire d''Agésilas dans l''Asie- MiNLURK. — La retraite glorieuse desdix mille avait ranimé parmi les Grecs l'ardeur des combats \ les colonies asiatiques ayant pris part à la révolte de Cyrus , étaient exposées à la vengeance du roi de Per<e. Les Spartiates se disposèrent alors à défendre leurs alliés. Agésilas fut cliaigé du commandement.
Vainqueur sur tous les points, le héros Spartiate remplit d'Asie de la teneur de ses armes • ses succès furent si grands, si rapides, que la monarchie des Perses se vit menacée d'une révolution procliaine.
Sçy"). — Bataille d'Haliarte. — N'espérant pas triompher par la force des armes, les Perses
ig& fllSTOlP.E GRECQUE.
eraploient l'or et 1^'ntrigue pour former contre Sparte une ligue dangereuse. Thèbes , Argos, Athènes et Corinthe réunies, se soulèvent en même temps et refusent d'obéir.
Ljsandre^ qui commandait encore les Spartiates, étail sur PHellespont^ il accourt pour combattre les rebelles. Les armées ennemies se rencontrent près d'IIaliarte. Les Spartiates SONT VAINCUS ET LySANDRE EST TUE
dans un combat inégal.
3g4 — Combat naval entre les Spartiates ET LES Athéniens. — Conon^ qui s'était réfugié en Perse, ainsi que nous Pavons vu, conservait le désir de servir son pays et de rendre à A thènes la prééminence qu'elle avait perdue ; il obtint le commandement de cent vaisseaux persans et athéniens, et attaqua la flotte de Sparte, à la hauteur de Cnide , ville de Carie. Après un combat vif et opiniâtre, les Spartiates furent complètement défaits, et perdirent pour toujours l'empire des mers, qui, dès ce moment, fut acquis aux Athéniens.
Conon , après avoir ravagé les côtes de la Laconie, rentra victorieux dans sa patrie , il obtint des Perses l'argent nécessaire pour rétablir le Pirée et relever les murs d'Athènes qui , de ce moment, se trouva affranchie, ainsi que toute la Grèce, de Tinjuste domination de Lacédémone, établie par Lysandre.
Sg^» — Bataille de Coronée. — Toujours suivi par la victoire , Agésilas était parvenu jusque dans la haute x\sie , lorsqu'il fut rappelé par lesEphores pour défendre sou propre
pays : il jiarlitsans hésiter. Arrivé eu Béotie, il apprend la «IcFaite des Spartiales, dissimule cette nouvelle, el fait au contraire un sacrifice d'actions de grâces, comme si l'ennemi eut été vaincu. Après avoir ainsi ranimé le zèle du soldat par une noble émulation, il attaque les Tliébains ailiés d'Alhèiies , et gagne sur eux LA BATAiT,LE DK Coromîe , malgré ses blessures et la vigoureuse résistance de l'ennemi. A son arrivée à Sparte , il fut reçu avec enthousiasme.
389. — Mort ou disparitïo:^ ue Conon. — Les services rendus par Conon aux Athéniens avaient excité contre lui la haine de Sparte, qui ne craignait rien tant que de voir son ancieiiiie rivale reprendre ses forces et sa splendeur.
Tandis que fillus're Athénien était à Sardes pour s^opposer à une négociation honteuse pour les Grecs , on saisit celle circonstance pour l'accuser de trahison. 11 fut arrctc et conduit à Suze, oii Ton croit qu'il fut liécu il'.
Ce fait néanmoins est peu certain ^ ce qu'on sait de positif, c'est que Conon disparut à cette époque, et qu'il ne resta de lui dans sa patrie que la trace de ses exploits et le souvenir de ses vertus.
388. — Traité d'Antalgidas ' — Antalcidas, amiral lacédémouien , ennemi d'Âgésilas, était
» (Voyez le médaillon). — Les drapeau^ reiwersés indiqueut la perle de plusieurs villes.
charp^é de suivre les négociations enlamées avec la Perse-, il conclut avec celte puissance un traité honîcux pour la Gièce.
La principale condition fut que les villes grecques de PAsie-Mineure resteraient sous la domination du grand-roi (Artaxerxès Mnémon), et que les autres seraient libres et se gouverneraient elles-mêmes.
Cet humiliant traité sacrifiait les Grecs de TAsie-Mineure.Les principalcsvilies de laGrèce le rejetèrent d'abord ^ mais, trop faibles pour sy opposer, eliesy accédèrent successivement. Soixante ans auparavant, Cimon avait dicté des conditions au roi Artaxerxès Longuemain'^ la Grèce désunie les reçut alors à'^Ar-' taxerxès Mnëmon.
387, — Thrasibule assassine'. — La repupublique de Rhodes, qui avait été longtemps sous la protection d^Athènes, était déchirée par deux factions sanglantes, dont Pune était pour la démocratie, et l'autre pour l'oligarchie ', Sparte s'étant mêlée de la querelle avait renversé le parti démocraîique : Athènes voulut le relever, et Thrasibule fut chargé du commandement des troupes \ mais taudis qu'ail était en marche, il fut assassiné par des paysans qu^avaient m.a! trait es ses soldais.
C'est ainsi qu\Alhènes perdait ses grands hoTnmes et sa puissance. Sparte , pendant ce temps, exerçait tyranniquement son empire
« Gouvernement entre les maiasd"'un petit Qombrt de personnes.
3' ÉPOQUE, 4* SltCLE AV. J.-C. 201
sur la Grèce : ce n'hélait pas le moyen de le
conserver.
iVoia. Le règTie d'Agésilas ne se termina pas à cette époque ; ce prince gouverna longtemps encore les Spartiates et mourut en Afrique , Tan 5G5 avant J.-C. , au retour d'une expédition sans succès. L^influence qu'il avait exercée sur la Grèce cessa toutefois au moment où la république deThèbes, jusque-là obscure et ignorée, vint occuper le premier rang.
Pour suivre Je plau^te nous nous sommes tracés de rattacher les évéïwScnts aux hommes les plus influens de Tépoque ,^ioixs détournons un moment nos regards d'Athènes et de Sparte , pour les porter sur la république thébaine qu'allaient illustrer deux héros.
EXERCICES
SUR LE 4* SIÈCLE, ANNe'e 897, CtC.