CONQLÉTE DE l'EgYPTE. PcU de
temps après , Alexandre se rendit maître de Gaza^ qui lui ouvrit les portes de PEgypte; il ternit de même la gloire de ce triomphe par ses cruautés envers les vaincus.
Bétis ^ gouverneur de Gaza, fut attaché par les talons à un char, et traîné ainsi autour de la ville.
Les Egyptiens supportaient impatiemment le joug asiatique, ils se soumirent sans' peine
au vainqueur. Alexandre leur permit de suivre leurs lois' et leurs coutumes : c'était le moyen le plus sûr pour faire aimer sa domination.
33 1. — Visite d'Alexandre au temple de Jupiter Ammon. — Ambitieux de toute espèce de gloire, une folle vanité conduisit Alexandre au temple de Jupiter Ammon. Pour y arriver, il fallait traverser les déserts sablonneux de la Lybie ^ il y parvint après avoir échappé à mille dangers. Il voulait se faire déçlarery?/^rZe /w^itet\ et le grand sacrificateur lui en donna le titre: ce n'était plus le temps cependant où Ton adoptait ces sortes de fables ^ mais les flatteurs sont de tous les siècles, et la flatterie a toujours aux yeux des princes l'air de la vérité.
Olj-mpias ^ la mère d'Alexandre, lui écrivit en plaisantant , de ne point la brouiller avec Junoti'. C'était lui faire sentir le ridicule de sa prétendue divinité ^ mais il lui suffisait sans doute qu'elle fît illusion au vulgaire.
33 1. — Bataille d'Arbelles. — Après avoir fondé la ville d'Alexandrie, qui devint une des plus florissantes du monde , le héros macédonien quitta l'Eg3'pte. La conquête de ce pays avait donné le temps au roi de Perse de rassembler une nouvelle armée de sept à huit cent mille hommes , dit-on.
Plein de confiance dans la valeur de ses troupes, Alexandre, loin d'éviter le combat, marche au devant de Tennemi. S'étant rendu en
> Junon dans la fable, est regardée comme la femme de Jupiter.
S^rie\ il passe VEuphrate et le Ti^re sans obstacle , -et gagne la bataille (I'Arbelles qui met le comble à sa gloire et le rend maître de la
C0UR0>NE DE DaRIUS.
Ce prince nriis en fuite fut assassiné quelque temps après par Bessus, un de ses satrapes : terrible sort d"'un monarque si puissant et plus estimable qu'aucun de ses prédécesseurs. En lui, finit Tempire des Perses, fondé par Cjrus, après avoir duré deux cent six ans , sous treize rois. ( Ployez le tableau des rois de Perse^ pa^e 58.)
Les principales villes de Perse, Bahjlone , Suze , Persépolis , Echatane , etc., furent bientôt soumises au vainqueur, qui y trouva d^immenses richesses.
Pour reconnaître les services des Grecs, ses alliés, Alexandre assura de nouveau Pindé— pendance de toutes les villes de la confédéi-ation.
Nous venons de parcourir l'époque la plus glorieuse du règne d'Alexandre. Grand par ses conquéles, il était Tadmiration des peuples, de ceux mêmes qu'il avait soumis, parce qu''il conservait encore quelques traces de cette modération , toujours compagne de la véritable gloire.
Nous le verrons désormais, enivré par la
Voyez la carie.
2l6 HISTOIRE GRECQUE.
fortune , puiser dans de nouveaux succès , le germe de la corruption , et ternir aux yeux de la postérité Jcs grandes actions qui avaient illustré les premières'années de son règne *.
EXERCICES
SUR LE 4^ SIÈCLE, année 35g, etc.
ALEXANDRE, ROI D£ MACÉdOIXE.
(impartie.).
 quel peuple appartient Alexandre!' — A quel siècle ? — A qui succcda-t-il ? — De qui était-il I éléve? — Dans quel pays trlomplia-t-il d^ abord ? — Quelle ville assiégca-t-il f ,j- Quel fut le sort de la ville de Thèbes ? — Quelles conquêtes fil aussi Alexandre? — A quel roi de Perse fit-il la guerre? — De quelle ville s''euipara Alexandre ? — Dan? quelle rivière se baigna-t-il ? — Quelle bataille gagna Alexandre sur Darius ? — Que devint ce prince ? — Quelle autre ville fut assiégée par Alexandre? — Ne passa-t-il pas d'Asie en Afrique ? — Que fit-il en Egypte? — De retour en Asie, quelle célèbre bataille gagna-t-il encore ? — De quel royaume se trouvat-il possesseur ? — Celle première partie du règne d'Alexandre ne fut-elle pas la plus glorieuse?
» Voyez les deux médcdllons d^ Alexandre : ils caractérisent d''une manière distincte ces deux époques différentes.
SUITE DU RÈGNE d'aLEXA>DRE-LE-GRA>D , ROI DE MACÉDOI^E.
Deuxième époque.
Voyez le médaillon de la 2^ époque joint au médaillon delà i"""^ époque, pa^c mj.
33o. — Alexandre , couvert de lauriers
ENTRE A BaBYLONE ET s'aSSIED SUR LE TRONE
DE Darius. Maître de Fempire des Perses, environné d'hommages et comblé de richesses, les Macédoniens le voient avec indignation quitter les mœurs et le costume de leur pays pour se revêtir de la pompe asiatit|ue , et s'^oublier enfin jusqu'à prétendre à I'adorationdeses sujets.
,Ius(pie-là sobre, prudent et généreux, il avait fait admirer sa sagesse autant que son coulage i mais, lorsque enivré par la fortune, il eut adopté les vices des courtisans , le luxe et Pôrgucil des satrapes , on ne vit plus en lui qu'un despote cruel, un homme faible et superstitieux, un insensé enfin dont la ruine du monde n'aurait pu satisfaire la folle ambition.
33o. — Parménion assassiné. — Un méconleniement général régnait parmi les troupes macédoniennes , et bientôt une conspiration se forma dans le camp : Philotas , fils de Parménion , faussement accusé, fut exécuté comme un traître. Piedoutant la vengeance d'un père irrité, Alexandre fit assassiner Parménion, sans égard à sa vieillesse, à sa fidélité, et oubliant qa'il lui était redevable d'une partie de ses succès.
228 * histoire grecque.
329. — Victoires da>'S la Sogdïanne etla Bactrianne. — Ces deux provinces du nord, s'étaient révoltées ^ Alexandre prend'les armes, et la Sogdianne est bientôt soumise. Les peuples aguerris de hBactn'nnnelni opposent plus de résistance :^ il triomphe néanmoins , mais se rend odieux en faisant égorger toute une famille grecque de Milel, dont le chef, plus d'un siècle auparavant , avait servi sous Xerxès.
Les Scythes^ inquiets de son approche, lui envoyèrent des ambassadeurs : ceux-ci adressèrent au redoutable conquérant une harangue devenue célèbre par sa franchise noble et hardie.
« Toi qui te vantes , lui dirent-ils , d'^exter- » miner les brigands , tu es le plus grand de » tous : tu combats les peuples qui ne t'atla— » quent point , tu pilles les nations vaincues \ » n'est-il pas permis à ceux qui vivent dans nos
» forêts d'ignorer qui tu es, d'oii tu viens '\
» Si tu es un Dieu , fais du bien aux mortels i » si tu n'es qu'un homme, respecte les droits i> des hommes.»
Alexandre répondit qiiil userait de la fortune^ et bientôt en effet, il triompha des Scythes, regardés jusque-là comme invincibles.
329. — Assassinat de Clitus. — Tandis que tout cède au pouvoir d'Alexandre, il devient chaque jour moins maître de lui-?nême : le meurtre de Clitus est un funeste exemple des excès auxquels peuvent entraîner à la fois l'orgueil et Tintempérance.
Clitus était chéri du monarque, dont il avait sauvé les jours dans un combat \ il conservait la fierté des anciennes mœurs. Un festin, où il la poussa trop loin, lut Toccasiou de sa mort.
Alexandre, dont la raison était troublée par le vin, vantait sans mesure ses propres exploits, et cherchait à rabaisser ceux dé Philippe. Clitus, indigné, lui rappelle quil n'a vaincu qu'avec les soldats de son père. A peine a-t-il prononcé ces mots qu^Alexandre , furieux, saisit une javeline, se précipite sur lui et le tue.
Le remords et le désespoir suivirent cette action barbare. Les courtisans toutefois s"'empressèrcnt de la justifier: on porta la bassesse jusqu''à déclarer par un décret que le meurtre de Clitus était un acte de justice. CY*tait encourager le despotisme, et bientôt celui d'Alexandre ne connaissant plus de frein , frappa de nouvelles victimes.
327. — Expédition DANS l'Inde. — ConqvÊïe DE DEUX ROYAUMES '. — Lcs borncs delà monarchie persane semblaient Irop étroites au \ ain- (jueur. Toujoms avide de conquêtes, il va entreprendre de subjuguer flnde : à peine y a-t-il pénétré que les petits princes de ces contrées, tremblant à son approche, se rangent sous ses lois: un des plus puissants, Taxile., vient lui soumettre ses états et son armée; Parus., [)Ius
' ( Voyez le médaillon ). Les deux couronnes placées sur le cfuir indiquent la conquête de te« deux rovaumcs.
23o HISTOIRE GRECQUE.
courageux, veut défendre son indépendance, et se dispose à repousser le conquérant.
Alexandre passe V Indus ^ arrive sur les bords de VHydaspe^ au-delà duquel TaltendaitPorus avec une nombreuse armée. Une horrible tempête avait rendu dangereux le passage du fleuve; mais rien ne peut arrêter le héros ; il traverse l'Hydaspe, et, au moment d'être englouti par les flots , il s'écrie : O Athe'niensj pourriezvous croire que je m'exposasse à tant d€ périls pour mériter vos louanges.
Mais bientôt vainqueur des cléments, il attaque les Indiens, et malgré le courage de leur roi, malgré la terreur que doivent inspirer leurs ele'pha^ts chargés de guerriers, Alexandre, après un affreux carnage, remporte une victoire complète, et se trouve maître du royaume et de la personne de Porus. Ce prince, qui avait combattu avec valeur, fut pris et blessé dans l'action. Amené en présence d'Alexandre : « Comment veux-tu que je te traite.^ lui dit y> le vainqueur. — En roi^ répliqua le fier :?> Indien. — J'j- consens .,' pour V amour de •» moi-même^ répondit Alexandre ^ » en effet, il se l'attacha dès ce moment par un traitement généreux.
Cependant, insatiable de gloire, Alexandre voulait ajouter encore à ses conquêtes ; mais, après des fatigues et des exploits incroyables, il futobligéderevcnirsursespas, ses soldats ayant refusé de le suivre dans des regionsinconnues.il ne put dès lors pénétrer jusqu'au Gange, ainsi qu*"!! Tavait projeté^ mais voulant au moins
voir l'océan, il descendit jusqu'à l'embouchure de V Indus ^ pour contempler ce magnifique spectacle qu'il ne croyait pas avoir acheté trop cher. Le llux et le reflux toutefois efiiaycrent ses pilotes pour qui ce phénomène était entièrement nouveau.
Mais tandis qu^Alexandre parcourait l'Inde, les discordes se multipliaient dans la Perse. Au retour de ses brillantes expéditions, il eut à punir des gouverneurs corrompus, et à réprimer des séditions que son absence avait fait naître. Il épousa ensuite doux princesses du sang royal, et engagea les Macédoniens à de semblables alliances , qui avaient pour but d'unir les deux peuples.
Ennemi du repos, impatient de combattre encore, Alexandre passa en Médie où il s'empara (yEchatane^ ville célèbre -et très- considérable. Là, il se livra à tous les excès de Pintempérance, et les courtisans suivirent son exemple ^ Epheslion^ son favori, mourut à la suite d'un festin. Le monarque déplora sa perte, et, non content d'élever un monument à sa mémoire, il voulut le faire adorer comme un dieu.
A peine Alexandre fut-il rentré à Babylone %. la suite de ses dernières excursions, que des ambassadeurs de presque tous les peuples d'Europe et d'Asie accoururent dans son palais pour le combler de félicitations et d'hommages.
* — Un empire immense était le TiWii de SES iN>OMDRABLES co^QuÉTES ' ^ souvcrain à la
' (Voyei le inédaiUon). Les deux branches de
fois de la Grèce et de la Macédoine, il régnait en même temps en Perse , dans PI nde et en Egypte l
Parvenu au plus haut degré de la gloire, espérant néanmoins y ajouter encore, il méditait de nouvelles conquêtes et voulait ajouter à la prospérité de ses états par Tamélioration de la' marine et du commerce -, mais ses derniers projets ne devaient pas se réaliser, il touchait au terme fatal.
2 juin 324- — Mort d'Alexandre. — De sinistres augures avaient troublé le repos du conquérant du monde, sans toutefois le rendre plussage^ trop porté lui-même aux excès qui avaient causé la mort d'Ephestion, il fut, ainsi que lui, victime de son intempérance: saisi d'un mal violent, à la suite d'un somptueux festin, ses jours furent bientôt en danger.
Parvenu à ses derniers moments, Alexandre refusa de désigner son successeur, disant qu'il laissait Fempire au plus digne ,• il remit toutefois l'anneau royal à Perdiccas, un de ses lieutenants •, il expira ensuite après une maladie de trente jours, pendant lesquels il avait montré plus d'une fois une faiblesse superstitieuse.
Ainsi mourut à Tâge de trente-deux ans et huit mois, et après treize années de règne, le puissant monarque qui avait rempli l'univers
laurier qui accompagnent l'empire (T Alexandre , indiquent ici que ce vaste empire était le fruit de ses confjuétes.
' On devra indiquer sur la carte les difïiérents étals qui composaient alors V empire d'Alexandre.
de réclat de son nom et du bruit de ses armes. Son trépas fut pleuré par tous les peuples vaincus dont il avait amélioré le sort en leur donnant de sages lois.
Protecteur des lettres, du commerce et de rindustrie, Alexandre fit faire à la civilisation d''immenses progrès, et déploya toutes les ressources du ^énie, en soutenant seul le poids d'un si vaste empire. Doué par la nature des plus rares qualités, ce prince, en même temps, avait reçu le germe des vices les plus dangereux. On a dit de lui que s'il eût su résister à ses penchants comme à ses ennemis, aucun des héros qui ont brillé sur la terre ne Tauraient égalé, les siècles qui se sont écoulés, et ceux qui s'écouleront encore , ne pourront néanmoins effacer sa mémoire, et la postérité, en lui adressant des reproches, justes sans doute, lui paiera toujours aussi un tribut d'éloges également mérités.
La mort de l'illustre conquérant devint le signal de la discorde, et son empire immense un théâtre sanglant de guerres et de révolutions. La multitude de concurrents qui briguèrent en même temps la couronne , jette dans^ l'histoire de cette dernière époque une confusion qu''on chercherait vainement à éclaircir. Terminant donc ici les fastes glorieux des beaux jours de la Grèce, nous nous bornerons à jeter un cQup d'œil rapide sur les temps de troubles et de dissensions qui vont s'écouler depuis la mort d'Alexandre jusqu''à l'invasion des Romains.
EXERCICES SUR LE 4' SIECLE, année 33o , etc.
SECONDE PARTIE DU REGNE d\iLEXANDRE.
Maître de rempire des Perses quelleWut la conduite d'Alexandre ? — IMe devint-il pas injuste et cruel ? — Qu'arriva-t-il à Parménion? — Quelles nouvelles conquêtes fit Alexandre ? — Quelles cruautés exerca-t-il dans la Bactrianne ? — Comment mourut Clitus ? — Dans quelle circonstance fut-il assassiné par Alexandre ? — Quelles expéditions nouvelles entreprit Alexandre? — Quels rois furent détrônés dans l'Iucle?
— De quels pays se composait Tempire d^Alexandre ?
— Comment mourut ce prince? — Qu''a-t-on dit de lui?
SUCCESSEURS d''aLEXA.NDP,E.
de l'année 824 à 3oi '.
(Voyez Je tableau, 4*^ colonne.)
324, etc. — Alexandre, en mourant, avait dit qu'on lui ferait de sanglantes funérailles ; il prcvoj^ait sans doute que la guerre civile ET LE DEMEMBREMENT DE SES e'tats Seraient le fruit de ses conquêtes.
Samorteneffetdevintlesignaldeladiscorde.
Tous LES ANCIENS GENERAUX , COMPAGNONS DE SA GLOIRE, PRf'tENDAIENT LE REMPLACER SUR LE
TRÔNE. En attendant que le sort des armes en décidai, ils convinrent de regarder pour roi Arrhidëe ^ frère naturel d'Alexandre, et qui, depuis l'enfance, e'tait dans l'imbécillité. Perdiccas-^ dépositaire de l'anneau roj^al, eut le litre de régent sous ce fantôme de roi , et n'obtint lui-même qu'une puissance fort limilée.
Afin d'éloigner les principaux chefs de larmée, dont les jirétentions Finguiétaient , Perdiccas divisa l'empire en Ircnte-trois provinces, dont il donna le gouverncmcnl à cliacun des
• (Voyez le médaillon.) Pendant celte époque de trouble et d'anarchie aucun personnage rife domina précisément, puisque tous les généraux d'Alexandre prétendaient à la fois à la couronne, on n\'i donc pu rapporter à aucun d"'eux en particulier , mais à tous en général, les principaux faits de celte époque.
généraux. Mais tandis qu'il se disposait à les sub-^ juguer tous, les nouveaux gouverneurs étaient bien déterminés à se rendre indépendants.
* — Ces nombreux rivaux ne lardèrent pas à prendre les armes , et les differens partis
SE LIVRERENT DES COMBATS MULTIPLIES , OU ILS FURENT TOUR A TOUR VAINQUEURS ET VAINCUS,
pendant ce temps les lois étaient sans force et les institutions renversées. Ainsi se réalisaient les pressentimens d'Alexandre, son royaume naguère si florissant, était livré à la foi aux horreurs de la guerre et de Tanarchie.
322. — Entreprise des Athéniens. "^ Mort de Démosthènes. — La mort d'Alexandre , les dissensions qui en étaient la suite, avaient ranimé chez les Athéniens les espérances des amis de la liberté, ils invitèrent tous les peuples de la Grèce à se liguer avec eux contre les Macédoniens •, mais ce dernier effort fi^ sans succès ^ les alliés ayant été battus par Antipate7\ général macédonien, ils firent la paix sans Athènes, qui bientôt après subit la loi du vainqueur.
Antipater abolit la démocratie et fit payer aux Athéniens Les frais de la guerre. Le célèbre orateur, Démosthène , devait lui être livré • mais, instruit du sort qui lui était réservé, û prit la fuite, et voulant mourir libre, il s'empoisonna.
Les Athéniens érigèrent une statue à cet orateur célèbre, l'inscription portait : Démosthène^ si ta force avait égalé ton génie et ton éloquence^ jamais le Mars macédonien n'eût triomphé de la Grèce.
Athènes n'ayant plus aqcun moyen de défense , se soumit au pouvoir d'Antipater ^ Phocion^ qui fut chargé du gouvernement de la ville, adoucit pour ses compatriotes le joug qui leur était imposé.
3 19, etc. — Meurtre de la famille d'Alexandre. — Cependant la discorde régnait toujours parmi les généraux d'Alexandre, la guerre civile n'avait point cessé. Mais non contens de se déchirer entre eux, ces rivaux d'ambition firent périr successivement la mère, le frère, les fils, les soeurs d'Alexandre, TOUTE LA famille DU HEROS FUT ASSASSINEE
par ces barbares.
3iq. — Mort dePhocion. — Les fréquentes révolutions qui se succédaient dans l'empire d'Alexandre, avaient remis le pouvoir aux mains de. Polysperclion , qui , voulant s'attacher les Grecs, rétablit le gouvernement de leurs villes et la démocratie d'Athènes en particulier. Ce peuple léger et inconstant, pour être plus heureux n'en fut pas moins injuste • il reprochait à Phocion d'être partisan de faristocralie: faussement accusé de trahison, on lui ôte le commandement de Tarmée, et, sans vouloir entendre sa défense, on le condamne A BOIRE LA ciGUE. Aiusi péHt, à Tage de quatrevingts ans, ce héros philosophe, qui n'avait pas cessé de servir sa patrie et dans les conseils et dans l'armée.
Les Athéniens, revenus trop tard de leur coupable erreur, érigèrent une statue à cet homme si justement célèbre *, mais ces monu-
238 HfSTOIRE GRECQUE.
raents expiatoires leur reprochaient leur faute et ne les corrigeaient pas.
Dans un espace de dix— huit années , la Grèce fut encore en bulte à de fréquentes révolutions, qui tour à tour renversèrent et rétablirent le gouvernement démocratique. Les Athéniens toutefois retrouvèrent encore d'heureux jourssous Démétrius de Phalère^ homme savant et sage, qui gouverna les Grecs pendant dix-ans avec autant de modération que de sagesse. Il fut chassé en Zor par Démélrius Pok'orcète , qui se rendit maître dWthènes.
]Nous ne nous arrêterons pas d^avantage au récit des faits peu importans qui dans cette période occupèrent la Grèce dégénérée ; nous terminerons en portant nos regards sur le grand théâtre où allaient se décider les intérêts réunis de l'Europe et de FAsie.
3oi. — Nouvelle guerre civile. — Bataille d'Ipsus '. — Ambitieux et jaloux les uns des autres, les capitaines d'Alexandre, gouverneurs d<- grandes provint:es, n'avaient pas cessé de disputer les armes à la main les débris de ce vaste empire. Enfin, après une longue alternative de revers et de succès, les armées dcsdifférens partis sVHant rencontrées à Ipsus^ en Phry-
» (Voyez le médaillon.) Uni^rand nombre Wépées croisées indiquent cette dernière bataille , afin de montrer qu'un grand nombre de rivaux se disputaient Icmpire.
2* EPOQUE , 4* SIÈCLE AV. J.-C. 23g
gie, se 1 i vrèren t un combat décisif, où Plolemc'e^ Cassandre^ Lysimaque ei Séleuciis rfim^Oït-^rcnt !a victoire.
3oi. — Partage définitif de l'empire d'Ale-vandre. — Api'L'5 la bataille d*fpsus,les vainf]ueurs firent un partage dcfinilif de reinj)ire. Ptolemée eut TEgyptc , TArabie , la Palestine, etc. ^ Cassandre la Grèce et îa Macédoine ; L«MAQL'E la Thrace, la Bithynie et quelques autres contrées ^ Se'leucus le reste de l'Asie, jusqu'au fleuve Indus. Ce dernier royaume, le plus puissant des quatre , prit le noiri de royaume de Sj-rie.
Le partage de l'empire d'Alexandre fut fait vingt-trois ans après la mort de ce conquérant. A insise divisa cette puissance formidable que le génie (Pun grand homme avait élevée en un moment , et qui , passagère comme sa gloire , s'évanouit avec elle'.
' (Voyez le médaillon ). — On a vu dans le méilaillon précddent des branches île laurier accom-* pagDor Vt'Jiipire d\*llf;xandre afin dindiqucr que ce Tn<;fe empire était \e frnt't de sp.s cnnqi/rtes. — Ici on ^l,u es branches de laurier /;/viée5, effeuillées, afin iVw. cliquer la chute do ce vaste empire el\^ perte des confiitétex faites par Alexandre.
24o HISTOIRE GRECQUE.
EXERCICES
SUR LE 4* SIÈCLE, ANNe'e 324, ^^^' STCCESSEURS d'aLEXANDRE.
Après la mort d^Alexandre que devint le vaste empire conquis par ses armes , quek personnages se disputaient Pempire ? — Commem mourut Démosthènes ? — Que devint la famille d*" Alexandre 'r — Comment mourut Phocion ? — en quelle année fut livrée la bataille d^psus ? — Quel en fut le résultat ? — En combien de royaumes fut divisé Tempire d^ Alexandre ? — Nommez ces royaumes ? — Par qui furent-ils gouvernés ? — Depuis combien d'années était mort Alexandre à l'époque de ce partage ?