GRECE ET MACEDOINE
INVASION DES GAULOIS. LIGUE DES ACHe'inS.
— Après la bataille d'Ipsus, C(issandrej)o?,séda paisiblement le royaume qui lui était échu en partage , et qui se composait de Li Grèce et de la Macédoine. Ce prince étant mort , ses deux fils se disputèrent le trône-, un d'eux appela à son secours Démétrius Poliorcète^ qui gouvernait les Athéniens.
297. — De'niélrius fit mourir celui qu'il devait protéger, etsVmpara lui-mèm-e de la couronne. Détrôné à son tour , il fut remplacé par jîniigone Gonatas ^ son fils.
La Grèce, à cette époque , retomba dans nu état d'affaibliBScment et de langueur (pii sein— blait devoir faciliter les entreprises deses ennemis.
2-8. — Uinvasion des Gaulois \\nX. mettic le comble aux calamités publiques.
Rappelant alors leur antique valeur , les Cirées réunirent leurs elTorts contre un ennemi bien supérieur en nombre : secondés d'un violent orage (jul elTraya les Gaulois , ils remportèrent sur eux une victoire complète. Leur armée fut taillée en pièces, et Brenniis^ leur ciicf, se donna la mort.
244 HISTOIBE GRECQUE.
244- — Ligue des AcJiéens. — En bulte a des révolutions fréquentes , la Grèce semblait avoir perdu toute énergie ^ mais l'amour de la liberté n'était pas éteint pour toujours , et on le vit se réveiller chez les Achéens , peuple ignoré jusqu'alors.
Douze villes obscures de l'Achaïe , dans le Péloponèse, avaient formé très-anciennement une ligue pour leur sûreté commune \ c'est ce qu'on appelait la ligue achéenne. Deux prêteurs annuels y présidaient et commandaient les troupes. Cette ligue s'était maintenue jusqu'au moment où les rois de Blacédoine , successeurs d'Alexandre , changèrent la constitution de presque toute la Grèce. Alors chaque ville eut un tyran et une garnison macédonienne.
Soumis à regret à une domination étrangère, les Grecs résolurent de secouer le joug et de renouveler l'ancienne alliance. Aratus , jeune homme de vingt ans , plein d'audace et de courage , venait déjà de délivrer Sycionne, sa patrie , de la tyrannie de Nicoclès. Bientôt, à la tête des Grecs , il va tenter d'affranchir le Péloponèse -, il s'empare de la citadelle de Corinthe , dont le roi Antigone Gonatas était maître \ et les Corinthiens fortifient la ligue en s'y joignant.
Aratus tenta vainement d'attirer dans cette confédération Argos et Sparte ^ une révolution nouvelle qui agitait le Péloponèse , s'opposa à ce projet.
Depuis ongtemps il ne restait plus à Sparte
aucun vestige des lois de Lycurgue : deux princes, Agis et Cléomène avaient entrepris successivement d'opérer une réforme devenue impossible -, ils avaient aigri la nation sans corriger les mœurs.
Le dernier de ces princes {Clcomèné) voulait surtout rendre à Sparte la supériorité dont elle avait joui pendant plusieurs siècles^ il prétendit enlever à Aratus le commandement de la li£,^uc, et les Spartiates prirent les armes pour soutenir cette dernière prétention.
Dans cette extrémité , Aratus , pour mainlenir la ligue acliéenne, se vit contraint de solliciter l'appui du roi de Macédoine , Antigone Doson dont naguères il était Tennemi '. Antigone se joignit à lui \ et ils triomphèrent ensemble de Cléomène^ ii la bataille de Sélasie ^ Fan 223.
Anlip^one , maître de Sparte , n'exerça dans cette ville aucun acte de rigueur. Mais cette république , autrefois le rempart de la liberté des Grecs , fut soumise dès ce moment à des tyrans particuliers , et disparut en quel(|ue sorte de l'histoire des peuples célèbres.
21 5. — La ligue des Achéens se soutint encore par la prudence d' Aratus. Après avoir eu toute la confiance d''Antif;one Doson , il ' obtint de même celle de Philippe^ son successeur ^ mais la flatterie corrompit bientôt ce
' Le siirnom de Doson fut donné à Antigone du mol <jrec doseïn (devant donner) parce qu^il proinellait toujours et ne donnait jamais.
dernier prince. Aratus, que IV'clat du trône jie pouvait inlimidcr, lui reprochait hautement ses injustices. PhiHppe , importuné par ce rigide censeur, le fit empoisonner : Voilà le. fruit de V amitié des rois , dit Tillustre Grec en éprouvant TefTet du poison.
Ainsi mourut Aratus vers Fan i\^ avant J.-C. il avait commandé dix-sept fois les Grecs et peu d'hommes célèbres régalèrent en vertu et en prudence \ sa mort causa un deuil général, et il emporta au tombeau le litre glorieux de libérateur des Achéens et de fondateur de leur république.
Après la mort d'Aratus , les Achéens prirent les armes contre Philippe , et donnèrent le commandement de Parmée à Philopémène, Meilleur général qu'Aralus , et comparable aux plus grands hommes de la Grèce, Philopémènedevinlîehérosdelarépubliqueachéenuo*, mais ce fut le dernier. Constamment opposé à l'ambition des Ptomains, il avait prévu Passervissement de sa patrie et périt en combattant encore pour elle, l'an 184 avant J.-C. Il était âgé de soixante-dix ans.
EXERCICES
SUR LE 3^ SliiCLE.