Histoire anecdotique du Conservatoire de musique et de déclamation
Ce n'est pas sans une grande timidité que je me décide à répondre au désir de mon ami André Martinet me demandant à moi, profane, une préface pour son intéressant volume : Histoire du Conservatoire de musique... et de déclamation.
Il a écrit musique en grosses lettres, tandis que la déclamation n'est qu'en tout petit caractère. Ça n'a l'air de rien, et cependant toute notre divergence est là. J'ai été bien souvent au Conservatoire, Caroline Manchaballe
vin PREFACE
pourrait VOUS l'affirmer, maisjeme suis surtout occupé de nos futurs artistes dramatiques. Martinet, lui, est avant tout un musicien. Il a pris le Conservatoire depuis le roi David confiant à Idythun la direction des musiciens réunis autour de l'autel — un autel devant lequel on dansait — et il l'a suivi pas à pas dans ses fortunes diverses à travers les âges en passant par l'école de l'Opéra, l'école royale de chant et de déclamation, l'institut national de musique... jusqu'aux dernières années du second Empire.
« Les Gaulois ne sont pas aptes à la musique sacrée », écrivait paraît-il le diacre Jean, non sans une pointe de mélancolie. Peut-être faut-il attribuer à cette infériorité le goût que nous professons pour les opérettes d'aujourd'hui, surtout lorsqu'elles sont très gauloises. Cependant je ne saurais vous dire avec quel intérêt j'ai lu cette étude bourrée de faits, de documents et d'anecdotes, faisant comprendre toute une époque par un mot échappé à tel ou tel personnage.