ATTAQUE DES CROISÉS PAR LES ARMÉES IMPÉRIALES (1O97) I
quartiers, le duc envoyait chaque jour ses guerriers en toute sécurité, afin qu’ils apportassent de la paille et tout ce qui était nécessaire aux chevaux. Et ils croyaient qu’ils pourraient aller en toute confiance où ils voudraient, mais l’inique empereur Alexis ordonna aux Turcoples et aux Petchénègues^ de les attaquer et de les tuer^. A cette nouvelle, Baudouin, le frère du duc, se mit en embuscade, les surprit en train de massacrer son peuple, les attaqua courageusement et, avec l’aide de Dieu, en vint à bout. Il en captura soixante, en tua une partie et présenta le reste au duc, son frère^.
L’empereur, instruit de ces faits, manifesta une grande irritation. Le duc, voyant l’empereur irrité, sortit du faubourg avec les siens et prit ses quartiers hors de la ville-*. Le soir venu, le misérable empereur ordonna à ses troupes d’attaquer le duc et le peuple chrétien. Le duc les poursuivit victorieusement à la tête des soldats du Christ; il en tua sept et poursuivit les autres jusqu’à la porte de la cité^. Revenu dans son camp, il y resta cinq jours®, puis conclut
IlaxCivaxot, établis depuis le ix* siècle entre le Danube et le Don, également de race turque, fournissaient des corps de mercenaires à l’empire depuis le milieu du xi* siècle (voir Chalandon,.d/ejris /•'' Comnène, p. 2-5).
2. L’Anonyme ne mentionne pas la cause du conflit, le refus •de Godefroi d’avoir une entrevue avec l’empereur. Les détails donnés par Albert d’Aix (II, ii, p. 3o6-3o7) éclairent ce passage.
3. D’après Albert d’Aix (/oc. ci/.), Baudouin, avec 5oo chevaliers, alla s’emparer du pont situé au fond de la Corne-d’Or.
4. Quittant le faubourg de Galata, l’armée de Godefroi va se placer sous les murs de Constantinople (i3 janvier 1097).
5. Le petit nombre des tués indique une simple escarmouche. Albert d’Aix (/oc. ci/.) en fait une bataille violente qui eut lieu en face de la porte des Blachernes. Anne Comnène (X, 9, p. 87-90) prétend que les croisés furent repoussés.
6. Du 13 au i8 janvier 1097. Détails plus complets d’Albert d’Aix, II, 14, p. 309, qui donne la date du i3 janvier 1097. Celle du jeudi saint, 2 avril, donnée par Anne Comnène est fausse, puisque, d’après Albert, c’est au début du carême que l’armée de Godefroi est passée en Asie (Hagenmeyer, Chronologie de la première croisade, n* no).
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BOAMUNDUS CRUCEM ACCIPIT
iniit cum imperatore* dixitque illi imperator ut transfretaret Brachium Sancti Georgii^ permisitque" eum habere omnem mercatum ibi, sicut est Consiantinopoli, et pauperibus elemosinam* erogare unde potuissent vivere®.
[4.] At bellipotens Boamundus, qui erat in obsidione Malfi Scafardi Pontis*, audiens venisse innumerabilem gentem Christianorum de Francis^, ituram ad Domini sepulcrum et paratam ad prelium contra gentem paganorum®, cepit diligenter inquirere que arma pugnandi hec gens déférât et quam ostensionem Christi in via*' poriet vel quod signum in certamine sonet. Gui per ordinem hec dicta sunt : « Deferunt arma ad bellum congrua ; in dextra* vel inter utrasque scapulas crucem Christi bajulant; sonum vero : Deus le volt! Deus le volîlDeus le volt ^ ! unavoce conclamant. » Mox sancto commotusSpiritu jussit preciosissimum^ pallium, quod apud se habebat, incidi totumque statim in cruces expendit®.
Cepit tune ad eum vehemenier concurrere maxima pars militum qui erant in obsidione ilia, adeo ut Roge-
a. protnisitque A*, B. — b. elemosynam .<43; eleemosynam A'^y B, C. — c. de Francia C>, C*. — d. quam ostensionem in via Christi portet A^y C. — e. dextera C®. — /. Deus vult, Deus vult, Deus vult Ay C; les manuscrits consultés par Bongars (Bj paraissent avoir conservé la forme primitive traduite en latin par les copistes de A et C. Cf. Tudebode : « Deus lo vult! » Baudri de Dol donne les deux formes : « Deus vult, Deus volt! » — g. pretiosissimum A^, A^, By C.
1. Récit détaillé de ces négociations dans Albert d’Aix et Anne Comnène (/oc. cit.).
2. Ce fut seulement après quelques jours, vers le i8 février, que l’empereur décida Godefroi à passer en Asie (Albert d’Aix, loc. cit.).