DÉPART DE BOHÉMOND POUR LA CROISADE
Roger resta presque seul. Revenu en Sicile, il se plaignait et s’affligeait d’avoir perdu toute son armée ^
De retour dans sa terre*, le seigneur Bohémond se prépara avec zèle à prendre le chemin du Saint Sépulcre. Enfin, il traversa la mer avec son armée. Avec lui se trouvaient Tancrède, fils du marquis*; le prince Richard et Renoul, son frère-*; Robert d’Anse, Hermann de Cannes, Robert de Sourdeval; Robert, fils de Tostain; Onfroi, fils de Raoul; Richard, fils du comte Renoul; le comte de Russignolo et ses frères, Boel de Chartres, Aubré de Cagnano, Onfroi de Monte-Scabioso*. Tous firent la traversée aux frais de Bohémond® et abordèrent en Bulgarie^, où ils trouvèrent en abondance le blé, le vin et tous les aliments utiles.
Puis ils descendirent dans la vallée d’Andronopolis® et attendirent que toute leur armée eût accompli le passage. Alors Bohémond tint conseil avec son armée, encourageant les siens, les exhortant à la bonté, à l’humilité et à s’abstenir de ravager cette terre qui appartenait à des chrétiens et
2. Bohémond était seigneur de Tarente, Oria, Otrante, Gallipoli, qu’il avait arrachés à son frère Roger (1086) (voir Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie^ l. I, p. 288).