La Petite-Arménie (anciennes provinces de Cappadoce et de
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TRAVERSÉE DE LA PETITE-ARMÉNIE (OCtObrC IO97) 6l
Bon gré, mal gré, il abandonna la cité et se retira vaillamment avec son armée et on lui livra aussitôt deux excellentes villes* Adana^ et Manustra^, ainsi que plusieurs châteaux.
[11.] Cependant, la grande armée, Raimond, comte de Saint-Gilles, le très savant Bohémond, le duc Godefroi et beaucoup d’autres entrèrent dans le pays des Arméniens*, altérés et avides du sang des Turcs.
A la fin, ils parvinrent devant un château tellement fort qu’ils ne pouvaient rien contre lui. Il y avait là un homme appelé Simeon, qui était né dans le pays et qui demanda cette terre, afin de la défendre contre les entreprises des Turcs ennemis. Ils lui baillèrent la terre et il y demeura avec sa gent^. Nous partîmes de là et nous parvînmes heureusement à Césarée de Cappadoce*. Sortis de Cappadoce, nous arrivâmes à une cité magnifique et très riche que, peu avant notre venue, les Turcs avaient assiégée pendant trois semaines®. Mais ils n’eurent pas le dessus et, à notre arrivée, elle se rendit aussitôt entre nos mains avec une grande joie. Un chevalier, nommé Pierre d’Aups^, la demanda à tous les seigneurs, afin de la défendre en toute fidélité de Dieu et du saint sépulcre, des seigneurs et de l’empereur. Ils la lui accordèrent de très bonne grâce*. La nuit suivante,
Cilicie) avait été colonisée, depuis le vu* siècle, par les Arméniens fuyant devant l’invasion arabe. Au xi* siècle, après la conquête de la Grande-Arménie par les Turcs, des chefs arméniens s’y étaient établis. Voir Laurent, L'Arménie entre Byj^ance et l'Islam {1919), p. 6 et 3oo.
4. Ce qui signifie que Siméon, comme plus loin Pierre d’Aups, tint cette terre en fief des princes croisés.
5. Kaisariéh actuelle, située au centre du massif montagneux d’Argée.
6. D’après Baudri de Bourgueil (I, 7, p. 39), cette ville serait Plastencia, l’ancienne Comana.
7. Identifié avec Pierre d’Aups {localité du département du Var), seigneur provençal, passé du service de Robert Guiscard à celui d’Alexis Comnène. Voir Orderic Vital, IX, 8, éd. Le Prévost, t. III, p. 5i5.
8. Passage intéressant qui résume les conditions juridiques dans lesquelles les princes croisés accordaient des fiefs et qui les montrent encore fidèles au serment prêté à l’empereur.
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EXERCITUM RAIMUNDI MILITES PRAECEDUNT
Sequenti nocte audivit Boamundus quod Turci qui fuerant in obsessione civitatis frequenter précédèrent nos ; mox preparavit se solummodo cum militibus quatinus illos undique expugnaret, sed illos invenire non potuit.
Deinde venimus ad quamdam urbem nomine Goxon in qua erat maxima ubertas omnium bonorum que nobis erant necessaria. Christiani igitur, videlicet alumni urbis illius*, reddiderunt se statim nosque fuimus ibi optime per ni dies et illic maxime sunt recuperati nostri".
Audiens itaque Raimundus cornes* quod Turci qui erant in custodia Antiochie discessissent^, in suo invenit consilio quod mitteret illuc aliquos ex suis militibus qui eam diligenter custodirent; tandem elegit illos quos legare voluit, videlicet Petrum de Castellione vicecomitem^ Willelmum de Monte Pislerio®, Petrum de Roasa®, Petrum Raimundum de Pul^ cum d militibus. Venerunt itaque in vallem prope Antiochiam ad quoddam castrum Publicanorum® ilÜcque audierunt Turcos esse in civitate eamque fortiter defendere preparabant*^. Petrus de Roasa divisit se ibi ab aliis et proxima nocte transivit prope Antiochiam intravitque vallem de Rugia* et invenit Turcos et Saracenos et preliatus est cum eis et occidit multos ex eis et alios persecutus est valde. Videntes hoc Hermenii habitatores terre illius, ilium scilicet*^ fortiter superasse paganos, continuo reddiderunt se; ipse vero cepit* Rusam^*® civitatem et plurima castra.
a. nostrorum multi A^f C^. — b. cornes de Sancto Egidio A^y B. — c. properabantyC^, A^; préparâtes C. — d. scilicet omis dans A^ et B. — e. coepit Ay B, C. — f. Rusam omi5 dans B.