‹ Histoire anonyme de la première croisade éditée et traduiteChapitre 93 sur 188 · Math · texte numérisé non relu

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MORTUOS TURCI CONDUNT

mûri fenestras, spectantes misera fata Turcorum et occulte plaudebant manibus"; Hermenii et Surani jussu majorum Turcorum inviti seu spontanei sagittas jaciebant foras ad nos. Mortui sunt etiam in anima et corpore XII ammiralii* de Turcorum agmine in prelio illo et alii prudentissimorum et foriiorum'^ militum qui melius civitatem pugnando defendebant, numerus quorum fuit M et Alii qui remanserant vivi, jam amplius non audebant clamitare vel garrire nec die nec nocte*' sicut ante solebant. Omnes itaque nos vel illos solummodo superavit nox, noxque divisit utrosque® in preliando, jaculando, spiculando, saggittando. Sic superati sunt inimici nostri virtute Dei et Sancti Sepulcri et ulterius non valuerunt talem virtutem habere neque in voce neque in opéré sicuti prius. Nos itaque valde fuimus refecti in ilia die de-'" rebus que satis erant nobis necessarie et de equis^*.

Crastina vero die^, summo diluculo, exierunt alii Turci de civitate et collegerunt omnia cadavera feientia Turcorum mortuorum que reperire potuerunt super ripam fluminis* et sepelierunt ad Machumariam que est ultra pontem^ ante portam urbis simulque illis consepelierunt pallia, bisanteos^, aureos, arcus, sagittas et alla plurima instrumenta que nominare nequimus. Audientes itaque nostri quod humassent mortuos suos Turci, omnes sese preparaverunt et venerunt festinantes ad diabolicum atrium et jusserunt desepeliri et

a. A la suite de ce mot, B ajoute : sicut mos erat illarum. Même texte dans Tudebode, p. 48, et F a Hist. belli sacri », p. 9^. — b. admiralii A^, A^, C^, O; admirarii C*. — c. fortium A"^, — d. in die sive in nocte B; die r.octeque C. — e. utraque agmina C*. — /. die de illonim equis et de aliis multis rebus B: même texte dans Tudehode, p. 48, et dans V « Hist. belli sacri », p. igS. — g. et de equis omis dans B. — h. fluminis, exceptis

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LES TURCS ENTERRENT LEURS MORTS (7 ITiarS IO98) qS

chrétiennes de la ville apparaissaient aux créneaux des murailles et regardaient le misérable sort des Turcs en y applaudissant en cachette; par ordre des chefs turcs, des Arméniens et des Syriens, de gré ou de force, nous lançaient des flèches. Douze émirs turcs perdirent dans ce combat leur corps et leur âme, ainsi que d’autres très prudents et vaillants guerriers qui comptaient parmi les meilleurs défenseurs de la ville, dont le nombre fut de i 5oo^ Les autres, restés vivants, n’osaient plus pousser des cris ou des huées, soit la nuit, soit le jour, comme ils en avaient l’habitude. La nuit seule parvint à nous séparer, eux et nous. Ce fut la nuit qui arrêta les deux partis en train de combattre à coups de lances, d’épées ou de flèches. Nos ennemis furent ainsi vaincus par la puissance de Dieu et du Saint-Sépulcre et, dans la suite, ils n’eurent plus le même ressort qu’auparavant, soit pour crier, soit pour agir. Et nous, ce jour-là, nous nous refîmes bien en ressources nécessaires et, en particulier, en chevaux 2.

Le lendemain^, au point du jour, d’autres Turcs sortirent de la ville et rassemblèrent les cadavres fétides de leurs morts qu’ils purent trouver sur la rive du fleuve, puis ils les ensevelirent à la Mahomerie située au delà dupont^, devant la porte de la ville. Avec les corps ils ensevelirent des manteaux, des besants*, des pièces d’or, des arcs, des flèches et autres objets que nous ne pouvons nommer. Les nôtres, apprenant que les Turcs avaient ainsi enseveli leurs morts, tous se préparèrent et vinrent en toute hâte au diabolique

illis que in alveo latebant ejusdem fluminis A*. A^, B et Tude~

bodCy p.

1. D’après Etienne de Blois (lettre citée, Epistulae et chartae, p. i5i), il périt 3o émirs, 3oo nobles turcs, en tout i 23o Turcs ou Sarrasins (i 400 d’après Anselme de Ribemont, 2* lettre, Ibid., p. i58).

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