‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 128 sur 140 · La bible mise entre les mains de tout le monde · texte numérisé non relu

La bible mise entre les mains de tout le monde

la langue vulgaire admise en liturgie, la communion du calice accordée au peuple, l'introduction des laïques dans toutes les choses sacrées, flattaient les goûts de la multitude, qui, dans ce siècle de dépravation intellectuelle et morale, ne pouvait s'élever jusqu'à saisir la raison de la constitution de l'Eglise et de l'autorité du sacerdoce.

4. Le principe du jugement privé, base du protestantisme, étant ce qu’il y a de plus conforme à l’orgueil de la raison humaine, devait être adopté par elle, avec la plus grande facilité.

5. La doctrine qui faisait dire que l'homme n'est pas libre, que la foi seule justifie, que les œuvres de pénitence ne sont pas nécessaires, que la confession est d'’invention humaine; cette doctrine, si favorable à la conscience coupable, devait, on le sent, soulever les masses par un attrait si puissant.

6°. Luther gagna les ecclésiastiques et les moines relâchés par l'abolition du célibat et des vœux monastiques. Ceux-ci devinrent ensuite d’ardents propagateurs d’un système qui, seul prouvait leur honte et leur apostasie.

7. La politique vint au secours du protestantisme, en secouant le joug religieux, on pensait s'affranchir de toute autorité dans l’ordre temporel. Des doctrines anarchiques toujours agréables au peuple qui se croit opprimé, furent prèchées, en même temps que l’affranchissement du pouvoir ecclésiastique; le désir de la liberté politique favorisa l'établissement du principe qui rejetait toute autorité dans l’ordre religieux.

8’. La prépondérance subite de la maison d'Autriche, qui menaçait la liberté de l'Europe et le zèle actif de cette maison, pour l’ancienne religion, souleva des princes Germaniques et des puissances rivales contre elle. Le protestantisme devint un puissant auxiliaire, pour les ennemis de l'Autriche, aussi, ils augmentèrent sa force autant qu'ils purent.

9. Les princes furent portés à embrasser la nouvelle religion, par l'appât qu’elle présente à leur cupidité, dans le pillage des églises et des monastères, si riches à cette époque.

10°. La cause principale de la propagation du protestantisme, a été l'emploi qu'en ont fait les princes en leur faveur. En Allemagne, en Danemark, en Suède, en Suisse,

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c'est l’autorité souveraine qui a établi la nouvelle religion, et par une persécution ouverte contre ceux qui la combattaient. Le protestantisme ne s’est établi nulle part, où il y eut contre lui le pouvoir politique.

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