PROPAGATION DE L'EVANGILE
Jésus-Christ avait formé le dessein le plus beau dans son objet, le plus vaste dans son étendu, ie plus étonnant par son succès.
Quel spectacle que celui des Apôtres se partageant le monde ! Ils portent l'Evangile aux nations les plus éloignées ! Toutes les grandes villes du monde, Antioche,
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Ephèse, Athènes, Corinthe, Aïexandrie, Rome, voient dès les premières années nombre de leur citoyens embrasser la nouvelle religion.
Les lettres de St-Paul et de St-Pierre le témoignent 50 ans après la mort de St-Jean, St-Justin dit :
J'en atteste les différents peuples de la terre, il n'existe point de nations chez lesquelles on n'ait offert au nom de Jésus-Christ des prières au Père et au créateur de toutes choses. (Dialogue avec Triphon, n.117).
Clément d'Alexandrie : Les philosophes grecs ne sont accrédités que chez quelques-uns de leurs compatriotes... la parole de notre maître s'est répandue dans toute la terre au milieu des barbares comme des Grecs.
Tertultien... Nous ne sommes que d’hier et nous remplissons tout votre empire, les bourgades, les villes, les camps, le sénat, le barreau... nous ne vous laissons que vos temples. Si nous nous retirions dans quelque partie de l'univers, vous frémiriez de la solitude où vous laisserait ce silence universel. Apol. 37.
Tous les pères des premiers siècles se sont servis de la rapidité de la propagation évangélique, pour prouver la vertu de la religion, c'est quelle était incontestable. Les auteurs payens l'ont avoué. Tacite dit qu'il y avait à Rome sous Néron une grande multitude de chrétiens, — Multitudo ingens. Annales, 15, 44.
Pline dans sa lettre à Trajan dit que le Christianisme était professé par un grand nombre de personnes de tout ordre, que ce nouveau culte avait gagné, non seulement les villes, mais les campagnes, de sorte qu'il avait trouvé les temples des dieux abandonnés.
Maximin Il,dans son édit de persécution, dit que l'erreur des chrétiens wniversum propè discerim orbem terrarum confusione quadam oppressit.
Dans un édit de tolérance, inspiré par la politique, le même Empereur dit : Omnes ferè homines relicto deorurs cullu.
Plusieurs attribueut la conversion de Constantin à une vue politique, pour plaire à la majorité chrétienne de son empire.
Gibbon,dans son ÆZrstoire de la décadence de l'Empire Romain, a donc tort de ne compter que la 2ome partie de l'Empire comme appartenant au christianisae. Il dit
qu’'Antioche à la fin du 4e siècle ne comptait que la 5e partie de la population comme chrétienne. Il est démenti par Julien écrivant aux habitants de cette ville : ‘‘Je sais que j'ai déplu à la plupart d’entre vous ou même à presque tous... car tout le peuple de la ville ayant abjuré le culte des Dieux, est chagrin de voir que j'y suis attaché ”.
Le Christianisme avait tout contre lui ; il ne pouvait s'établir par les moyens humains :
1. Les Apôtres étaient des hommes sans lettres, sans crédit, sans richesse, sans puissance, que devait rejeter naturellement un monde superbe et dédaigneux.
2. Le Christianisme avait contre lui sa doctrine propre à révolter les hommes. Il proposait des mystères incompréhensibles qui choquaient toutes les idées reçues.
3. Le Christianisme prêchait une morale contredisant tous les penchants de la nature ;
L'homme veut être élevé, distingué, être le premier en tout ; le Christianisme lui disait : Abaisse-toi, humilietoi, obéis, soit le dernier.
Sa curiosité n'a point de bornes, il veut tout savoir, tout juger, le Christianisme lui disait : Crois sans comprendre. Il veut satisfaire ses convoitises et jouir de tout ce qui flatte les sens. Le Christianisme lui disait : Fais pénitence, châtie ton corps, souffre. Qu'on se rappelle tout ce que permettait de volupté la religion payenne. Le Christianisme a triomphé du cœur de l'homme, c'est ce qu'il yade plus indomptable, quand je le vois soumis,
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j'adore. (Bossuet).
4. Le Christianisme avait contre lui l’époque où il a commencé, le siècle le plus éclairé qui eût encore brillé dans le monde. Quels combats n’eut-il pas à soutenir de la part de cette multitude de philosophes, de rhéteurs, de beaux esprits répandus dans l'Empire Romain? La science ne l’a pas vaincu, il a vaincu les savants.
50. Le Christianisme a eu contre lui tous les efforts de la puissance et de la persécution ; il les a surmontés. Le Christianisme n'avait aucun moyen naturel de succes, il a eu contre lui les plus grands obstacles possibles, il est incroyable humainement parlant qu'il se soit établi. — Zncredibile ergo divinum. La religion a été adoptée par les peuples à cause de son caractère divin, manifesté par
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En Lopase les miracles de ceux qui la prêchaient, et l'héroisme de leurs vertus. Ainsi s'explique la rapidité de sa propagation.