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couvents étant répandus dans les campagnes, ils facilitaient à tous l'iffstruction, et cela dans des endroits salubres et à l'abri des destructions. Il y avait aussi des écoles attachées aux églises qui dépendaient des couvents. L'histoire de toutes les sciences énumère des hommes sortis des ordres religieux. Sans les couvents, presque toutes les connaissances humaines se seraient perdues à cette époque. La très grande majorité des écrivains en tout genre furent des moines. La maxime devenue proverbiale,qu’un couvent sans bibliothèque était comme un château sans arsenal, fait comprendre ce qu’étaient ces établissements. Tous les monuments historiques de plus d’un pays n'ont été conservés à la postérité que par les couvents. C’est aux religieux seuls qu'on doit la couservation des livres de l'antiquité. Guigues,prieur des Chartreux, disait : ‘* Quiconque copie un livre devient par là un héraut de la vérité.” Chaque couvent avait son scriplorium : le silence y était de rigueur. Il y avait toujours plusieurs moines assis devant les pupitres, et occupés à écrire : c'était une gloire pour un couvent d’avoir enrichi la bibliothèque de beaucoup de livres.
On sait à quelle perfection était portée l'écriture dans les manuscrits. Il y avait aussi beaucoup de couvents de femmes, où les religieuses s’occupaient de la transcription. La connaissance du latin était assez ordinaire aux religieuses du moyen-âge : il existe quantité d’opuscules latins écrits par elles. Cependant les ravages des barbares, les incendies, les guerres continuelles, désolaient souvent les couvents, dévoraient les bibliothèques, et le fruit de veilles longues et laborieuses disparaissait. Les m2nuscrits coûtaient excessivement cher : mais on faisait les plus grands sacrifices pour s’en procurer. Malgré ces obstacles,le nombre de livres que les couvents possédaient paraîtra incroyable : à la fin du 11ème siècle, 3,000 volumes furent brûlés à l’abbaye de Croydon. Celle de Glastonebury s'enrichit d’un seul coup, en 1248, de 400 volumes,au nombre desquels se trouvaient plusieurs historiens et poëtes latins. La bibliothèque de St-Vincent, à Laon, passait pour avoir,en 1370, 11,000 volumes. L'abbaye de Novalaise,en Piémont,au 10e siècle en avait 6,000. (Moines d'Occident, Tome 6, p. 142 et suiv.)