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Je présente au* public cette troisième édition corrigée , purgée de quelques^ erreurs, de plusieurs imperfections, enrichie df'un grand nombre d'additions, et de diverses gravures de monumens curieux, qui ne se trouvaient point dans les premières.
Les lecteurs remarqueront que, docile aux critiques des e'crivains instruits et sans passion, j'en ai profité et je les
en remercie.
Quant aux déclamations des hommes de parti , je les avais prévues (i) , jeles ai reçues sans étonnement*, sans émotion.
(i) ybye% la première page de la préface de la pre« nière édition.
Il FRT^TACnE.
Je ne dois à ces hommes ni remercîmens ni re'ponse (i).
J^aurais ici terminé celte préface , si je n'avais quelques explications à donner à une classe de lecteurs mécontens, mais de bonne foi.
L'histoire, quoique très-instructîve , lorsqu'elle est écrite avec une sévère fidélité, a des parties qui peuvent paraître désolantes aux lecteurs peu familiarisés avec ses tableaux austères i
(i) La passion de ces écrivains les a poussés fort audelà des convenances , de la raison et de la vérité. M. de Saint-Victor, auteur d'un Taùhau hïstorùfue
et pittortsifue ela Paris, sans pcuscr qujo l'csp^ce de rivalité qui existe entre nous devait rendre son jugement suspect, a publié un prospectus où il fait Péloge de son Tableau historique , et parle ainsi de mou fiistoire de Paris : a C'est un scandale sans exemple, une longue etjuneuse diatribe contre la religion et la monarâhie,, un amas de mensonges grossiers , de calomniée int-* pudentes. » Il assure*que son Tableau de Paris serrirs^ de contrepoison aux mensonges et aux infamies de toute espèce accumulées dans mon ouvrage.
Je ne crois pas que , parioi tous les prospectus passés et présens, on puisse en trouver un seul qui aoit.fuiSM'
préfAgb. m
aox lecteurs habitués au régime des
panégyriques et des eofn[>limens; aux
lecteurs pénétrés d^ua aveugle respect
pour les temps passés et pour les per^
sonnes revêtues de la puissance, aux
lecteurs trompés par des historiens
qui , dans la crainte des persécutions
ou dans Tesipoir des recompenses, ont
altéré les traits les plus caractéri«tiquçs
des personnages historiques.
Si Ton présente à ces lecteurs mal
riche en invectives; je ne veux, ni ne dois y répondre.
Qa'opposer à- la Gazette de France , qui , en octobre 1821 , affirme sérieusement que je suis un prêtre déjro^ que , échappé à la h€uUique dedennonêf ^pc loi opposer ^ si ce n'est un démenti?
Que dire à cet homme de lettres qui^ en i8ai , a pris Teng^agement public de me convaincre d'imposture, et qui n'a pas encore satisiaiCà cet eaf^agement? Que lui dire, si ce n'est : J'attends?
Que dire à ces journalistes, qui, pour trouver matière à leurs ceasures , ont puisé dans mon propre errata desiautefl que j'y ai moi-même reconnues et corrigées?
Ces hommes ) pour lancer leurs traits sans danger, se rangent bravement sous le bouclier respectable de la puissance.
disposés des vérités qui leur sont inconnues, des vérités contraires à leurs préventions, à leurs idées reçues, ils s'irritent contre elles; ne pouvant les vérifier, ils les révoquent en doute, ou accusent Fauteur d'être inexact, même
infidèle.
On m'a, en conséquence de ces prévxîntions, adressé plusieurs reproches, et surtout celui d'avoir écrij; en ennemi de la France. Je n'ai écrit qu'en ennemi de la barbarie , qu'en ennemi des erreurs et des crimes qui l'accompagnent. J'aime beaucoup mon pays; mais j'aime autant la vérité.
On m'a encore accusé d'avoir de préférence cité les crimes, et passé sous silence les actes' de vertu. Ignoret-on que , dans les mœurs des temps malheureux dont j'ai tracé un tableau peu connu, les vices étaient la règle générale, et les actes de vertu les exceptions ?
PRÉFACÉ. V
Je devais abondamment décrire le mal, puisque le mal abondait; mais je n^ai pas néglige le peu de bien que les monumens historiques m^ont fourni; f ai parlé avec éloge de saint Germain et de saint Landry, évêques de Paris ; j^ai exhumé la mémoire et exalté la bienfaisance et le désintéressement de saint Eptadius; j^ailoué les actions vertueuses et la philanthropie du duc Chrodinus, etc. J^aî même fouillé au milieu des crimes pour en extraire des actions dignes dVloges; telles sont celles de la reine Brunichilde ou Brunehaut et du duc de Bertefred.
Qu^on me cite une action^ justement célèbre, justement louable et non étrangère à mon sujet, que je n^aie mentionnée honorablement?
On s^est permis de dire que la publication de mon Histoire de Paris était un scandale sans exemple. Ce reproche, qui doit s^adresser plutôt aux
personnages historiques qu''à Fhistorien, prouve que celui qui me Fadresse n^a lu ni Tacite, ni Suétone, ni les monumens de notre histoire, ni Grégoire de Toui^s , ni nos annales, ni nos chroniques, ni les écrits dePabbé Su— ger , ni des milliers de pièces où les actions scandaleuses se reproduisent à chaque page. Il n^a pas lu non plus les Homélies du pape saint Grégoirele-Grand, qui dit : « Si du récit d'un fait véritable il résulte du scandale^ il vaut mieux laisser naître le scandale que de renoncer à ta vérité (i).»
Je pourrais ramener les lecteurs de bonne foi ; je ne réussirais jamais à persuader ceux qui ont pris le parti de se refuser à Tévidence.
Les grands et les puissans de la terre peuvent bien se soustraire au juge-
{i)Si autem de veritate scandalum suimtur, utiUùs permittitur yiascî scandalum , quàm veritas relînqua' tur. (Sàiht Gnj&GOtMK, komélie 7^ n? 5, 1 1, p. taa5.)
P&ÉFACfi. VII
ment de leurs contemporains, mais peuvent-ils échapper à celui dePHistoûre ? C^est devant son tribunal qu^ils comparaitront dépouillés des insignes delear pouvoir, des prérogatives de leur rang , et que grâce à lliistorien fi-* dMe y leur mémoire sera flétrie ou honorée. La OTainte salutaire qu^inspirent ses arrêts a réfréné bien des passions , prévenu bien des désordres , produit beaucoup d^actions grandes et généreuses.
Il n^ aurait plus de morale , il ne se trouverait que servilité et hausses vertus chez un peuple où Ton priverait rhislorien de la faculté de juger les morts ; où la publicité des faits, nuisible à quelques préjugés, à quelques personnes, utile à Tinstruction de tous, serait punie comme un crime. Ce serait un attentat contre Thumanité, ce serait renverser la vérité de soy trône pour y placer Timposture,