‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie considérés ..., Volume 5Chapitre 8 sur 19 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

ments, recherchent les traditioûs, étudient les idiomes; et je ne serais pas heureux et fier de suivre la marche de l'esprit humain dans ses plus hautes spéculations, d'observer la naissance, l'application , les effets de ces méthodes qui sont les premiers instruments de l'entendement?

• Tous poursuivent la vérité avec une sublime et insatiable ardeur; et je ne serais pas heureux et fier de tracer l'histoire elle-même de la vérité, de rechercher ses sources, de mettre en évidence ses garanties et ses lois?

f Tous, dans leurs spéculations, poursuivent des applications utiles aux besoins de la société et de la vie humaine; et je ne serais pas heureux et fier de chercher dans les miennes des applications qui sont comme la tige de toutes les autres, celles qui ont pour objet de rendre les hommes plus heureux et meilleurs? »

Je ne me propose point ici et je n'ai pas besoin de justifier les principes philosophiques de mon père. Tous ses ouvrages et sa vie tout entière proclament assez haut que, dans l'indépendance de son éclectisme , il ne s'est jamais fait le disciple systématique et exclusif d'aucun chef d'école , et que, s'il a donné pour base à sa philosophie l'ob-

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servation et l'expérience, il Ta toujours couronnée par le plus pur spiritualisme. Il suffit de lire son' Traité des signes et de l'art de penser, où il a critiqué plusieurs fois Gondillac (l), à une époque où celui-ci régnait encore en maître, pour se convaincre de la profonde erreur que Ton commettrait en plaçant mon père dans Técole de Fauteur du Traité des sensations. Au nombre des manuscrits laissés par mon père, \m des plus anciens et qui fait partie de ses premiers travaux philosophiques a pour titre : Examen et réfutation de Condillac. On verra se reproduire cette réfutation dans la partie du rapport fait, au nom de l'Institut, sur rétat des sciences philosophiques, qui concerne Técole française; et après avoir lu une réfutation si complète dçns sa précision, et qui date de 1808, on aura peine à comprendre, je crois, qu'il ait pu être question du prétendu condillacisme de mon père.

Qu'on me permette de consigner ici l'expression de ma profonde reconnaissance pour l'honimage dont sa vie et ses œuvres ont été si noblement honorées, lors de ses funérailles, au nom des deux classes de l'Institut auxquelles il np-

(1) V., noumment, rinlrodnclion, p. xx, et t. III, p. 14 et 73.

XIÏ AVERTISSEMENT.

partenaît, par MM. le comte Beugnot, Passy et Cousin. Le caractère général de la philosophie de mon père n'a janiais été, peut^tre, mieux apprécié que dans ces paroles empruntées au disbours de l'illustre auteur des Fragmenis philosophiques : « Membre déjà célèbre de Tancienne Académie, M. de Gerando était un des pères de la nouvelle. Il y donnait la main à deux générations, à deux époques, comme^ dans la science, il était le lien de deux grandes philosophies, iumiortelles dans leurs principes, incompatibles seulement par leurs excès : Fune qui s'appelle la philosophie de l'expérience , Tautre celle de la raison, toutes deux se relevant de noms diversement glorieux : celle-ci d' Aristote , de Bacon et de Locke; celle-là de Platon et de notre Descartes (1).»

G. DE GERANDO.

Paris, mai 1847.

(1) Je signale aussi à Tattention de ceux qui voudraient bien connaître les oenivres de mon père et le véritable esprit de sa philosophie les deux essais sur sa vie et ses travaux par M. Bayle-Mouillard et M"* Octavie Morel , qui ont été couronnés par TAcadémie royale de Lyon, et qui se trouvent chez Jules Renouard et comp., rue de Toumon, 6.

HISTOIRE COMPARKË

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