MAIRES ÉLECTIFS DE DEUX ANS EN DEUX ANS
— 1550....... François de la Mothe de Cambes.
D*une ancienne et respectable famille bordelaise.
— 1 553 Gaston de Tlle delà Rivière.
Descendant de Catherine Lalande, héritière de la branche atnée de cette maison. Il prêta serment dans l'église de Saint- Éloi, ne pouvant pas, à cause des troubles du temps, se rendre.
NOTES. ' selon Tantique usage, à Saint-Seurin , où Ton prêtait serment
— sur la châsse en argent {fierté, que les Bordelais appellent
forte) qui contenait le bras de saint Scurin , l'un dés patrons de la ville. En i280, le roi de France avait défendu d*exiger le serment sur ces reliques ou sur toutes autres en Gascogne , /ov^et les fois que le crime serait avoué par V accusé, prouvé par iet témoignages, ou le duel, ou quand le coupable serait en fuite. ( Ordonn, des rois de France , tome I. ) — Ces lettres-patentes du suzerain d'Aquitaine enjoignaient aux justiciers des dues de cette province , vassaux de France , d'y obéir.
Année 1555 Pierre E)|[quem de Montaigne, père de Michel
Montaigne.
Il eut le premier Tidée des affiches en province. (Essais, liv. II, chap. XVII.)
— 1557...... Louis de Saint-Gelais de Lansac, appelé le Vieux,
capitaine de cent gentilshommes , ebevalier d'honnear de la reine Catherine de Médicis, surintendant de la maison de cette princesse, ambassadeur au concile de Trente.
« C'était, dit Brantôme, qq vieux registre d'antiquités deU » cour. 9
Cette branche de Saint-Gelais , d'après H. de Saint-Georige, prit le nom de Lansac par le mariage d'un de ses membres avec Jacquette de Lansac, fondatrice des Annonciades à Bordeaux, héritière de Thomas de Lansac et de Françoise d'Escan. Toutes les branches de cette famille adoptèrent plus tard le nom de , Lusignan, sous le règne de Catherine de Médicis, par suite d'aa autre mariage.
n était seigneur de Bourg et des seigneuries de la maison de Lansac du nom d'Andron.
— 1557..;... De La Rivière,
Fut député avec M. de Lagebaston, k Paris, pour demander au roi le rétablissement de la Cour des généraux et son incorpt>ration au parlement, et l'entière suppression de la traite f<H raine. Les Bordelais savaient que les petits présents A>Dt de grands amis : ils envoyèrent avec leurs députés vingt tonneaux de vin de graves pour être distribua aux puissants de la coar, le cardinal de Lorraine, le maréchal Saint -André, le connétable , etc. , etc. La Cour des Aides et des généraux était établie alors a Périgueux; on la voulait à Bordeaux. (Corbin, de la Cour des Aides, i623 , page 66. )
— 1 o58 La Mothe de Canibes ( 2« fois) .
11 mourut en charge. (Fontanon , tome II , liv. 111, p. 750.) notes.
Année 4559 Geneste de Payas, vicomte de Castets, natif de
Saint-Macaire , lieutenant du roi en le duché
d'Albret.
n se distingua au siège de La Réole, de Castets et de Montde-Marsan ; il joua un grand rôle dans les affaires du Bazadais. (Voir notre Histoire de Bazas.)
— 4561 De Caries, sieur de la Roquette.
11 mourut en charge et fut remplacé par
— 4562 Antoine comte de Noailles, chevalier de l'Ordre,
lieutenant du roi, amiral de Guienne, gouverneur de Bordeau^e et des enfants de Henri II.
Sa devise était : Animos crescentibus addo. l\ mourut le 2 mars 1562, peu de temps après son élection. « C'était dom- 9 mage, dit Montluc, car. c'était un bien sage gentilhomme et un bon serviteur du roi. » (Liv. V.) Il fut remplacé par
— 4 562 Lansac de la Rivière (2«» fois).
Ronsard parle avantageusement de Saint-Gelais] de Lansac, dans sa V» Églogue.
— 4565 Gaston de la Touche, sieur de la Paye, seigneur
de Faye-Boisciran , chevalier de TOrdre , commandant d'AngouIême.
Il obtint deux foires franches pour Bordeaux. Pour eette élection , le roi ïo^ait exigé qu*on lui présentât deux personnes de qualité pour en choisir une digne d'être maire, et huit pour en désigner quatre pour être jurats. Ordinairement , il ne sortait tous les ans que trois jurats; cette année, par des circonstances particulières , il en sortit quatre.
T 4567 Guy de Saint-Gelais de Lusignan de Lansac (le
jeune), chevalier des ordres du Saint-Esprit, de la Jarretière et de Saint-Michel, ambassadeur en Angleterre.
« n était toujours k la cour, dit Montluc, et y faisait grande » figure. »
— 4574 Henri de Foy, comte de Caudale, seigneur do
Puy-Paulin , clievalier de l'Ordre du roi et de la Jarretière, conseiller né du parlement, et premier bourgeois de Bordeaux.
Il était le dernier rejeton de la branche atnée des Grailly ; sa fille épousa le duo d^Ëpenion.
NOTES
Année 1573 Gaston, baron de Montferrand, gouverneur de
Bordeaux, baron de Landlras, premier baroo bordelais.
11 fut tué le 10 juillet 1575. SI nous en croyoos M. de Saint- George, Gaston de Montferrand fut remplacé , pour le restant de son temps, parle marquis de Talleyrand-Périgord. Nos Chroniques n'en parlent pas, et nous sommes peu disposé à l'admettre comme vrai, car, en 1575, la même année de la mort de Montferrand, nous voyons que Joseph d'Aymar, président à mortier au parlement, fut élu maire. Cette élection fut blâmée par le roi , en 1577. M. de La VaUette porta k l'Assemblée des Cent-Trente une lettre de cachet qui < enjoignait de nom- 9 mer à l'avenir un autre que de robe, quoiqu'il eût bien touIq > tolérer l'élection du président Aymar, sans tirer li censé- » quence. »
— f575 Joseph d'Aymar, président à mortier.
Mourut en 1592.
— 1577 Armand de Gontaut-Biron , gentilhomme de la
chambre du roi , chevalier de ses Ordres, grand maître de Tartillerie, gouvernear et lientenant général de Guienne, maréchal sous Henri II. n fut réélu en 1579.
— 4579 Armand de Gontaut-Biron (2« fois).
— 1584 Michel-Eyquem de Montaigne, chevalier de l'Or-
dre, citoyen romain , l'auteur des Essais.
Il fut réélu en 1583 et maintenu maire, malgré les débats
dont son élection avait été la cause.
— 4583 Michel-Eyquem de Montaigne (2« fois).
— 4585 Jacques de Matignon père, seigneur de La Roche-
Guyon , prince de Mortagne , comte de Thorigny, baron de Lesparre , lieutenant général et chevalier des Ordres, maréchal de France en
' Il fut maintenu en charge pendant dix ans et mourut dans le Médoc , k Lamarque.
— 4597 Matignon, comte de Thorigny, fils dn maréchal.
Après la destruction des privilèges et des libertés des Bordelais, en 1548, par le connétable de Montmorency, le corps de l'Hôtel-^e-Ville fut rétabli par Renri II ; et, par un édit de juillet 1572, Charles IX établit une chambre de police dont le parlement devint le chef h la place du maire; mais, en 1597, Henri
restitua, le 50 janvier, au maire, la police de la ville, <i la charge rotes, d*appel en la Grand^Ghambre. Par un arrêt du Conseil du 18 -^
mars 1621 , Louis XIII rétablit ^ sur la demande du parlement^ la chambre de police, sans préjudice toutefois de la juridiction de la ville et banlieue de Bordeaux, qui appartenait .aux maire et jurats.
Année 4599 Alphonse d'Ornano, général des Corses en France,
lieutenant-général en Guienne, chevalier des Ordres, maréchal de France, gouverneur de Gaston d'Orléans.
Fut maintenu en charge pendant dix ans; il mourut maire. On lui érigea un magnifique mausolée dans la chapelle des Pères de la Merci , à Bordeaux. En 1600, il ne se gêna pas pour dire en plein parlement que « d*Épemon conspirait avec les enne- / 9 mis de TÉtat. » 11 y avait de la hardiesse à le faire, c Le duc , » diaprés son historien , avait vécu plus d*un siècle et mourut 9 non seulement le plus ancien officier de la couronne , mais 9 le plus ancien général d*armée , le plus ancien^ gouverneur 9 de province, le plus ancien chevalier de TOrdre, le plus "an- - 9 cien duc et pair, et presque le plus ancien homme de condition 9 de son temps. 9
Après Tafiîaire de d*Ornano, le duc se retira à Cadillac. Peu de jours après , lorsqu'on croyait Taffaire arrangée par les soins des présidents d'Affis et de Nesmond , le duc partit pour Toulouse et envoya un cartel à d'Ornano. Le roi le sut et défendit qu*on pïissât outre. Cette affaire fut arrangée le 25 mars 1601. En 1607, d*Ornano eut encore une querelle avec de Hontespan , de la maison de Gondrin-Pardailhan. Le lieu du combat fut désigné: mais un courrier du roi arriva et mit fin k tout projet de vengeance.
— 4610 Antoine de Roquei^ure, baron de Laverdan et
de Biran, maréchal de France, chevalier des
Ordres, lieutenant général en Guienne.
Désolé de savoir que les jurats avaient reçu ordre, en 1611 , de le faire remplacer, il prit en haine M. de ^arrault , qu'on venait de proclamer par élection, et se hâta d'arriver du Haut- Pays à Bordeaux. Un duel allait avoir lieu ; mais le duc de Condc survint et arrangea le différend; et la reine, ayant appris qu'il était en colère contre les jurats, lui écrivit de ne savoir aucu» mauvais gré aux jurats de leur fermeté dans l'accomplissement de leur devoir.
— 1611 Jaubert de Barrault , sénéchal de Bazas , amiral de-
Guienne.
ifOTEs. li mourut eu place et eut pour successeur
■" Année 16U Antoine Roquelaure (2« fois).
— 1617 Henri Desprez de Montpezat, lieutenant général en
Guienne, gouverneur de Grenade et de Muret, dernier maire électif.
Il iDourut satas postérité, le 34 août 1619, au chftteau de Percegny, en Touraine.
Depuis 1619 jusqu*k 1653, il n'y eut pas de maire à Bordeaux; les jurats seuls administrèrent les affaires de la viUe. Par arrêt du Conseil, le roi exigea, en 1621, que le trésorier de la Tille rendit ses comptes en présence de deux commissaires du parlement , députés k cet effet ; il rétablit la Chambre de commerce , qui devait se réunir, de trois mois en trois mois, dans la chambre de la chancellerie du Parlement, k laquelle devaient assister un président et un conseiller de la Cour , le lieutenantgénéral civil et criminel, et , en leur absence, le lieutenant particulier de la sénéchaussée, deux jurats et quatre bourgeois ou marchands.
Les gouverneurs commençaient alors à usurper totalement le pouvoir des maires; et le parlement, mécontent, crut devoir réclamer de Louis XIV que les charges de maire , de gouverneur du château et de gouverneur de la province fussent remplies, comme anciennement , par trois personnes différentes. (Le Maire , ou Tableau municipal de Bordeaux ^ page 104.)
— 1653 Godefroy comte d'Estrades, chevalier des Ordres
du roi , gouverneur de Bordeaux et de Dunker-
que , lieutenant du roi en Guienne.
Il fut nommé maire par le roi en 16S3, ambassadeur en Angleterre en 1661 , plénipotentiaire k Nimègue, premier gentilhomme du duc de Chartres, et maréchal de France en 167S. Godefroy descendait , par sa mère , de la famille de Secondât de Montesquieu; il épousa la fiUedu chancelier d'Alègre, veuve de M. de Verthamon , ancien intendant de Bordeaux.
— 1675 Louis marquis d'Estrades, fils du précédent, gou-
. verneur de Gravelines et de Dunkerque , officier supérieur des gardes-du-cbrps, qu'il conduisit avec le roi d'Angleterre en Irlande.
U mourut en 1711.
— 4711...... Louis-Geoffroy corate^d'Eslrades.
Il eut Tagrémcnt du roi pour succéder k son père ; mais des débats sur la préséance s'étant élevés , sa réception officielle fut
retardée. Le parlement ordonna que les officiers municipaux, notes même les nobles , vinssent au palais sans épée. Cela blessa les —
municipaux.
Louis-Geoflfroy fut nommé lieutenant-général; il fut tué k Bellegarde, le 4 avril 1717 ; son trère lui succéda.
Année 4713 Louis-Godefroy marquis d'Estrades, frère du précédent, arrière petit-fils du maréchal.
11 se fit recevoir maire dans un temps où , par une innovation sans exemple , le parlement voulait que les officiers municipaux ne se présentassent jamais au palais sans avoir déposé leurs épées. Louis-Geoffroy prit leur défense et invoqua en leur faveur plnsieurà arrêts des années 1551 , 1537 et 1538. Le parlement lui en opposa deux autres, de 1562 et de 1578. Le roi fit droit aux réclamations du maire; mais, pour éviter toute contestation ultérieure, le maire cessa d*aller au palais.
— 1769 Louis vicomte de Noé, maréchal-de<amp, séné-
chal de quatre vallées et chambellan de M^' le duc d'Orléans.
Deux ans avant sa nomination, c'est-k-dire en 1767, la déno- '
mlnation de sous-maire fut remplacée par celle de lieutenant de maire à la nomination du roi. (Ëdit daté de Versailles, au mois de novembre 1760.) Nous avons parlé ailleurs de ses démêlés avec le maréchal de Richelieu. Le vicomte de Noé resta maire • jusqu'en 1790.
— 1790 Comte de Fumel.
Succéda au vicomte de Noé. Il était commandant de la province.
— 1791 Saige.
Dans la seconde partie de ilotre travail, nous aurons occasion de parler longuement de ce maire et de ses successeurs.
— 1793 Bertrand, horloger.
— 1794 Pierre Thomas, ministre protestant.
— 1795 Ferrière-Colk, négociant.
 partir de 1796 , la ville fut partagée en trois administrations municipales, celles du nord, du centre et du sud. Furent nommés :
Ferrière Golk, pour la présidence du nord.
1796 { Lucadou, pour celle du centre.
Lartigue pour celle du sud.
Mareilhac, pour le nord.
1 797.. ^...^ Lucadou, pour le centre.
Lartigue, pour le sud
l'OTEs. f Lartigue, pour le nord.
Année 1798 {Céreaud, pour le centre.
Bécheau, pour le sud.
Fieffé, pour le nord.
1800 {LeteUier, pour le centre.
Mathieu , pour le sud.
Bonaparte supprima ces divers administrateurs, et, ami de Tunité et de la centralisation du pouvoir, il ne laissa subsister qu*une seule administration municipale.
1805 Le comte Lafaurie de Monbadon.
1809 Le comte Lynch. -^""""^
1815 De Grammont.
1815 yicomte de Gourgues.
1823 Vicomte du Hamel.
1830 Marquis de Brias.
1831 J. Brun.
1833 D. Johnston.
1842 Duffour-Dubergier.
1848 Billaudel.
1848 Curé.
1849 A.-F. Gautier aîné.
1860 Castéja.
NOTE IX, page 309.