‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 150 sur 172 · PONTS · texte numérisé non relu

PONTS

De Bordeoux sur la Garanne De Waterloo sor la Tamise.

De Tours sur la Loire..

De La GuittoUère sar le Rlitae..

De Dresde sur l'Elbe...

LonRwcur du Pont eutre le* euieo*.

Largeur entre U* parapet*.

Nombre

li,*

ri.

DUmè<rv

Ep«ti«e« 4n

lâ 80

trcs-iiièg.

inépK.

Il faut Observer qu'au pont de La Guillotière , comme à celui du Saint-Esprit, plusieurs arches sont inuUles et reposent sur les rivages ou sur des îles. Mais ce n'est m par le nombre ni par le diamètre des arches que le beau pool Je Bordeaux se recommande à l'attention des hommes de l arl; ib doivent considérer la profondeur de Veau, la rapidité des courants, la mobilité incessante du lit de la rivière , ia nalurt alluviale du sol : voilà quelques-unes des difficultés qu ont mis à répreuve le talent des ingénieurs de Bordeaux ei qu ils ont su vaincre. La Garonne a une profondeur de sepl. huit et même de dix mètres dans cerUins endroits. Deux fo:f jour, la marée Vient gonfler ses eaux jusqu'à cinq et sa mètres de hauteur, et ses courante , pendant le flux et le reflux , ont souvent une vitesse de trois mètres par seconde Le fond de la Garonne se compose de sable et de vase que \^ courants déplacent facilement et qui forment des bancs dâtf certaines parties de son lit. Pour asseoir et consolider les bsse?

— en —

des piles, sur ce sol sans consistance , il fallut battre à coups ^'^"^ ^ m* de moutOQ, dans remplacement de chaque pile, deux cent -1 ' cinquante pieux de bois de pin, pour les y faire pénétrer jusqu'à huit ou dix mètres, alin d'atteindre à uu iood rèsiâtant.

Ces pieax forent coupés à plusieurs mètres sous les basses marées; puis, par le moyen d'un grand caisson à fond plat et de forme pyramidale, on établit les premières assises de la pile ; jetée pour ainsi dire au moule , la première assise fut descendue, avec le caisson, sur les pieux destinés à la porter. Un pavé général, à pieu es libres, recouvre le lit de la rivière , dans tous les chéneaux des arches ; ces enrochements, enveloppés et agglutinés par la vase qui se rassemble dans leurs interstices, forment une couche impénétrable à l'action corrosivc des eaux et assurent ia durée du pont.

Ce beau pont, s'élevant sur le fleuve dans des proportions si belles, si imposantes, a été comparé, dans un distique latin, à \ euus sortant autrefois des vagues écumauteb de la mer :

Per IttU, Eunligalo nitidos pons lliiiiiine sofgit, Spunoso qQondam sie Aphradiu mari.

Nous n'cnlreprendrons pas ici la description des nouveaux procédés et des machines dont on s est servi et dont la cloche à plonger n'est pas la moins curieuse.

Cette invention date de denx siècles; elle a commencé à devenir usuelle, en Angleterre, il y a un demi-siècle, grâce ao courage entreprenant de Spalding et aux intéressants perfectionnements de Smeaton.

La cloche à plonger fut inventée par Sturmius, professeur allemand. Ses premières idées furent développées pai* uu Américain, William Philips, qui voulait recueillir les richesses jetées à la mer en 1598, lorsque la flotte espagnole fut dispersée par le comte d'Ebsex. Cet essai, imparfait, fut perfectionné par M. de Villeneuve, en France, et plus tard par i'Aiif^laisSmeaCon, qui se servit, pour renouveler Tair, d'une ])ompe pneumatique.

La première épreuve de' celte machine, à Bordeaux, fm faite par M. Billaudel, gendre de M. Deschamps, le 42 juillet 1830; elle réussit parfaitement; depuis, la cloche a servi pour visiter les bases des piles et pour coostater l'état deseorochements. On l'a employée aussi avec succès à dépécer des carcasses de bâtiments coulés et a les faire sortir des atterri»semenls dont elles étai(Mit CDveloppéea, au grand préjudice de la Davigation de la rivière.

Outre la médaille dont nous avons déjà parlé, on en a frappé deux autres, qui, renfermées dans une boîte en plomb, ont été déposées dans la clef de la neuvième arche; l'une délier présente, d'un côté, le buste du roi Louis XYIII, et, au revers, la vue d'une partie du pont, la figure colossale de Neptooe, qni semble ordonner aux eaux de se courber, enfin , sous la puissance de l'art ; au-dessous, la nymphe de la Garonne s'étonne du majestueux joug que le génie de Thomme lui impose pour la première fois, avec la légende : Garumna yrimum ad Burdigalam mOacla.

Sur l'autre médaille se voit l'inscription suivante :

PONT DE BORDEAUX

m-sBPT arches;

LA OEBNlàRB ABCHE

A irt FBmiÉB LE 35 août iotJR DE aADrr-LOtJis,

Page 1