‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 163 sur 172 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

Ordre que le eorlége devra observer au CAamp de Mare.

La cavalerie se rangera dans les contreniDées de droite et de gauclie; rartillerie ira se placer au-devant de la porte de la rue do

Jardin-Public; la garde nationale, la lioupc de la garnison, la garde soldée, se rangeront dans l'ordre qui sera indiqué à leui*s comoiaudants respeclils par des eouunliibaires.

Les quinze guerriers représentant les armées de la République se pia* ceront debout et fermeront deux lignes de file le long des murs de rampe.

Les jeunes filles monteront les gradins de l'estrade et de l'Autel delà Patrie , déposeront sur l'Autel Tume contenant les cendres des héros, la couvriront de guirlandes et de couronnes, et se placeront debout, aux quatre angles, par groupes de trois.

Les savants auront une place désignée cuu e TAutel de la l'atrie ti le char de triomphe.

Les vingt-huit vieillard.s iront déposer le livre de la Constitution sur l'Autel de la Patrie , cl reviendront ensuite s'sCsscoir sur les gradins de l'estrade, qui seront couverts d'un tapis.

Toute la musique se placera sur l'estrade, au derrière, et le plus loin possible de l'Anlel.

Le char de triomphe sera placé en face de T Autel de la Patrie, aur devant des savants.

A])rès le char, le groupe de colons, ayant au milieu d'eux les f)mli de l'Homme.

Entîu, les différentes autorités coiisliluées, les administrations civiles

et milUaires, les états-majors de toute arme, occuperont ies portions de xotrs. ' cercle tracées en avant de droite et de gauche de l'estrade. ~

A midi précis, vingt-un coups de canon annonceront que la fête va commencer.

AKTir.LE 6.

Lorsque le cortège sera placé ainsi qu*il est écrit ci-dessus , l'orcbestre exécutera des airs patriotiques.

Le président de l'administration centrale du Département prononcera un discours qui sera suivi de Texéeution de rbymue à la Liberté.

Il proclamera ensuite le nom de ceux qui , dans l'armée, ont exposé leur vie pour sauver celle de leurs concitoyens, ou qui , par des actions liôroniiit's, ont Lieu mérité de la patrie. Les lecteui s jOacés aux quatre tnlmiics répéteront les noms des « itnvnis (ini auront élé proclamés.

Cette proclamation sera suivie d une fanfare.

Immédiatement après , les citoyens qui auront des discours préparés les prononceront.

L'artillerie fera une seconde décharge de sept coups de canon ; Torehestre exécutera niymric : Veillons au salut de VEmpire! et le Chant du Dipart!

La fête sera terminée par une troisième décharge d'artiUerie de sept

coupi» de canon.

I,c cortège repicndra sa marché dans le im'nie ordre, jusqu'au Département, et passera par le {^raud cours de Tourny, la place iNatioualc et la rue Bouffard. Le soir , les édiliccs |)ublics seront illuminés.

Les citoyens sont invités d'illuminer également leurs maisons en témoignage de Tallégresse que doit inspirer le souvenir de cette journée immortelle , où la Convention nationale décréta spontanément , à l'instant où le soleil entrait dans le signe de la Balance, Tabolition de la royauté, et fonda la République sur les bases de l'égalité.

Le Cliamp de Mars bera illuminé; des orchestres seront placés pour les tl uiscs dans les tribunes des lecteurs.

Les restaurateurs sont invités à dresser des tables dans le boulingrin, afin que les citoyens qui devraient se réunir en banquets civiques, puissent le faire commodément.

Bordeaux, en séance du Bureau central, le 29 fructidor an VI de la République française, une et indivisible.

Les adminklralcurs iln liurean central : P. Balgierie, Duhand. J.-B. Tuoii^fc^s , rommissfiire du Dirrctoirv exécutif.

£. Larroqlc, secrétaire eu chef.

NOTE XIV, page 309.

F&T£ DB LA SOOTSItAniETÊ DO PEOPLB, LE 48 FÉVRIER 4799.

Paris, le ÔO pluviôse an VU de la République française, une et indivi&iMf.

Le Ministre de Vintériemr aux adudnistratiotu centrales cl municipales

de la République,

Citoyens administratears.

L'an r-té du Directoire exécutif du 23 di! w mois, fixe le mode de i éîébr.ilioii de la fètc de la Souveraineté du Peuple. T/exéeuiion m'en est eonliée; je la reconiQiaade à votre zèle; il vous inspirera sans doute, et c'est de ce foyer que voustir^z tons les moyens qui peuvent ajouter à Téclat de cette solennité, suivant les ressources de chaque commune.

La fête dn 30 ventôse est imposante, et par son objet , et par l'époque h laquelle elle se rapporte.

De là le caractère grave et religieux de cette fôle. Que les citoyens s'y pénètrent du sentiment de leur dignité et de l'étendue des devoirs que leur impose l'exercice prochain du plus auguste de leurs droits. Ce sentiment doit se manifester dans l'ordre de la pompe , dans la marche du cortège , dans la tenue décente et grave des acteurs et des spectateurs, dans le choix des images et des allégories, dans les chants et les hymnes, dans les cérémonies, dans les exercices, les jeux, etc., de manière que toutes les parties et tons les éléments de la fête , coordonnés entre eux et dirigés vers le but politique de cette institution , déposent dans les esprits et dans les cœurs les impressions profondes que le législateur s'est proposé d'y graver.

Dans les autres ff'^tes, le tumulte de la joie, son trouldc heureux , rivresse impétueuse du cœur et de l'esprit , se font peut-être remarquer d'avantage. Ici doit dominer le recueillement inséparable de la méditation qu'inspirent ces grands objets et leurs résultats.

Un chœur ou des chants religieux se feront entendre pendant la marche. L'ordonnance de cette pompe est remise aux talents des artistes, à votre vigilance et à votre direction , au xèle et an respect des citoyens. Tout doit y rappeler des idées de grandeur : Tordre qu'elle présentera doit être, en quelque sorte , ri!ua;ie itistrurtive et parlame de celui que la société a droit d'alteadre de la sagesse des élcchoii>.

L'iionneur de porter les tables de la Constitution, les inscriptions, etc..

ne sei .1 ;k( ui dc qu'aux citoyens qui &ù seront distingués par leur dé- nom, vuiMiK m 1 1 leur amour pour la République et la Constitution de l'an 11!, a UN. huiiiuieh utiles et vertueux , aux savants, aux artistes, aux jeunes élèves qui donnent de justes espéranc es , aux défenseurs de la patrie.

Les inscriptions seroDt tracées sur des bannières richement décorées et élevées de manière «pie tons les regards et tons les esprits puissent les saisir.

Les temples décadaires seront ornés de tout le luxe pieux et moral que peut étaler le patriotisme. Les citoyens aisés s'honoreront sans

doute d*y faire porter volontairement , et sur le simple vœu que je me plais à leur exprimer, toutes les décorations ou tous les objets qui pourront ajouter à l'éclat de la solnniilé ou h la ronmiodilé des spcc- ' tatcurs, des tapis, des sièges, des tentures, des statues » des lustres, etc., etc.

Un détachement de la garde nationale et des groupes de citoyens , placés auHlevant des portes du temple , s'aYancerost et rendront des honneurs au cortège, au moment isk il paraîtra, s'écarteront devant lui et iront se placer à sa suite.

I/intention de l'arrêté du Directoire a été de faire servir les beauxarts à l'embellissement de cette fôte ; il est à désirer que les artistes puissent rendre les images ou plutôt les idées suivantes.

Au fond ou au centre du temple sera placée lastatuede la Souveraineté du Peuple, portant sur la tète l'attribut de l'immortaiité , et tenant dans ses mains un cerde et le sceptre antique : elle sera debout. La statue du peuple sera assise devant elle , couronnée de chêne et de laurier , figurée par un adolescent , tenant d'une main des épis et de l'autre un niveau.

La base qui supportera ces deux statues, sera ornée de tètes d'élépliauts, svnd>ole de la force.

A leurs pieds sera enchaîné le monstre du despolisuie , armé d'un poignard brisé, et s'efForçant de ressaisir des rouleaux épars, intitulés : Capitulaire$ , Décrétales, Maximes du droit royal, pamphlets de Burk, Un des personnages des groupes, un homme de lettres, allumera un flambeau au feu sacré qui doit brûler sur des trépieds, devant la statue de la Souveraineté, et, arrachant des mains du despotisme les écrits des vils fauteurs de la tyrannie, livrera ces rouleaux aux flammes.

L'objet de la fétc de la Souveraineté du Peuple tient à des idées politiques et métiij^tiv niques; il est iiupuruiit de les rendre sensibles. On avait employé dans cette vue , Tannée dernière , 1 image du faisceau ,

KUT£!>. i|ue la réunion de ses traits rend indcstructiLle : cet eiiibitiiie peut «'tjv ~~ reproduit avec succtis ; mais il faut ))cut-c^tre y ajouter des explicatiou& plus précises. Par exemple , il sera utile et instructif de tracer sur les bannières ou sur les murs des temples , ces distînclions élémentaires , prises du contrat social : « Le corps politique, cette personne publique qui se forme par l'union des autres, prenait autrefois le nom de cité, et prend maintenant celui de rt piii)li([ue ou de corp$ politique , lequel ehl appelé par ses membres, hUnt, quand il est passif; Souverain, quand il est actif; Puissance y en le tc^iuparant à ses semblables, A Tégaid des associés, ils prennent colloctivcment le nom de peuple , et s'appt-lleot en particulier cUogens^ comme participant à Taulorité souveraine, el sujeu^ comme soumis aux lois de l'État.

Ce passage rappelle que Bouneau fut le premier écrivain (1) qui proclama dans notre langue les principes de la Souveraineté du Peuple. Ces principes n*ont été développés et analysés que par les écrivains modernes; les Grecs et les Romains leur rendirent bominage , mais sans les reconnaître formellement dans leurs écrits et dans leur légi^ lalion. (^ette théorie du pacte social, trouvée de nos jours, a fait naître le système ruprésenlatif , qui a manqué jusqu'à présent h tontes les tentatives des peuples pour se former en république. Grâces à cette théorie et à ce système , la liberté a été assise sur une base inébranlable, contre laquelle sont venus et viendront se briser les efforts des derniers tyrans coalisés.

Hommage soit donc rendu à l'auteur immortel du Cumint soda//

Hommage soit aussi rendu aux élus du peuple qui ont défenda ou défendront sa souveraineté I

Citoyens administrateurs, e'esl j)ar celte volonté souveraine, à l.iquelle muis allez rendre lioiuuiaye , que vous existez; c'est elle qu! brisa lus chaînes de quatorze siècles d'oppression; c'est elle qui fonda la liberté et l'égalité , ces deux pierres angulaires des répiibiiinies; c'est elle qui enfanta les triomphes de la France et qui lui domia une Constitution.

Vous aurez donc soin de tenir, pendant le cours de toute la cérémonie , les faisceaux abaissés devant l'image de la Souveraineté du

Peuple.

\oub prendrez toutes les dispositions convenables pour que les for-

(I) Avant lui, Àltiuuiki, ITMmaft, Viric ttuber, Bëchman et Lock en tncifffll lu tliéorie.

mules prescrites aux orateurs dans l'arrêté du Directoire , et surtout la kotes. proclamation relative aux élections, soient prononcées d'une manière ~" disUocte, entendues de tons les citoyens et écoutées religieusement.

Le but particolier que s'est proposé le législateur, en instituant cette fêle , est d'élever, d'enflammer l'âme et l'esprit des citoyens, de les remplir du sentiment de leur propre dignité , de les disposer par ce moyen à ne faire que des choix qui les honorent eux-mêmes, à fonder ainsi pour jamais 1.1 gloire et le bouiiour de la llépublique.

liu effet, citoyciiN, uii\rez les annales des i»ct(ples, vous vous convaincrez de celle vérité, que c cat à la sa^^'csse et à la pureté des suffrages qu'e&t attaché le destin des républiques. Borne , Athènes , Carthage , s'élevèrent lorsque la vertu et les talents étaient les seuls titres aux emplois ; elles périrent lorsque lacorruption générale s'étendit aux élections.

C'est ainsi que le gouvernement perfide et machiavélique qui trompe, embrase et déchire l'Europe, le cabinet de Saint-James, n'a attenté à la liberté des autres peuples qu'après avoir détruit le fentôme de la \\berlc au^'laise, en achevant de ruiner le système déjà vicié des élections mal réparties, dont l'époque dépend des caprices ou des calculs de son roi, dont le tarif est dans les mains de ses mluistres, et dont le tralic se fait publiquement dans ses tavernes.

Mais c'est en vain qu'il voudrait, par ses intrigues, verser en France , avec son or, les poisons qu'A a fait naître dans son tle, la corruption, la vénalité, le mépris des vertus et des lois, et toutes les calamités résultant de la subversion des prmcipes qui doivent garantir le libre exercice de la Souveraineté du Peuple et la pureté de ses choix.

Les Français déconcerteront ces hoi iihles calculs : celte miportanle victoire remportée dajis 1 uiierieur, sera la suite, le gage et le prélude de celles que la Itépublique continuera de remporter au dehors. Les élections de l'an VII justiAeront ainsi ce passage si remarquable de la proclamation du Directoire, par lequel je finis ma lettre :

La neilUwre manière de forcer les ennemia à la paix, c*eit de faire de btm ekoUt,

Ce seul texte, bien senti , développe sufltoimment toutes les réflexions que doit faire naître la fête du 30 ventôse : je le livre à vos

méditations. J'espère ijue toutes les adminislr.itions seront attentives à l'objet de nia lettre, et (jue j'en recueillerai les preuves dans les récits qui me seront adressés par les déparlemeals, de la manière dont la Souveraineté du Peuple aura été célébrée dans toutes les communes de leurs arrondissements respectifs.

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HOTES. ' Je sais bien que cliaque Gommnne ne peut se conformer littéralemeot à tous les détails que je viens de prescrire , pour remplir les mes dm Directoire exécutif; mais il n*en est aucune ob l'on ne doive célébrer cette fête du mienx qu'il sera possible, et se prépaier par elle aux a»-

scMiblées qui clui\ riit avoir lieu le iendeiiiaiii i*"^ germinal. Les élections sont la grande iill.inc <le tous les Français : le législateur a voulu les y disposer ]»ar une eeréiiionie religieuse. N'oublions rien pour la rendre louchante et pour mettre le peuple à portée de recueillir les frui&A d'une institution vraiment républicaine.

Salut et fraternité. Feançois ( de Neufctaftteau ] .

NOTE XV, page 310.

rftTB UE LA JEVHESSB.

Paris, 7 mars f709.

Le Ministre de l^iiUéneur, aux admnisimtùm centrales et munie^ale$.

Gitoyeus administrateurs.

Une pensée philosophique a présidé à l'ordonnance du système des fêtes. Elles sont politiques ou morales. Les premières ont pour but de rappeler à l'universalité des citoyens, par des images imposantes, le

sentiment de leur dignité, de leurs droits et de leurs devoirs, ou de soieniiiser les époques mémorables et les grands souvenirs des triomphes de la République. Les autres présentent des tableaux nioiiis vastes, mais gracieux, mais revêtus de Initcrêt le plus touchant : elles retracent les vertus des différents âges , des professions diverses ; elles répandent et approprient l'instruction à toutes les époques, à toutes les circonstances les plus marquantes de la vie : et c'est ainsi que llnstitntion des fêtes contribue à former à la fois l'homme et le citoyen.

L'amour de hi patrie et de la Constitution, le sentiment de la fraternité, doivent animer les fêtes politiques; ces sentiments se retrouvent dans les letes uiorakh, iiirlés à des leçons.

La Fête de la Jeunesse n'est pas sans doute la moins intéressante de ces fûtes morales. L'époque sentimentale de cette fête associe le printemps de la vie à celui de l'année, et la {iliilosophie se plaît à entrevoir et à cultiver les germes des fruits que doivent donner ces fleurs heureuses que le soleil de la liberté éclaire , échauffe et développe.

« L'idée d'une fête de la jeunesse est empruntée des républiques

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ftocieiuies. Left Athéniens cétébraient aussi an printemps leurs Éphé" hôtes. bécB, qui n'étaient antre chose que la fête des jeones gens, lesquels "" étaient admis à prêter alors le serment de vivre et de mourir pour la

patrie. Ce peuple in{,'énieux avait suivi les règles d'uue profonde politique dans l'institution de ses i^uleiiitités vraimeut naiiurialcs. Ceux, qui ne verraient dans ces fêtes si touchantes par leur objet que des cérémonies purement religieuses, se tromperaient étrangement sur les motifs qui portèrent les peuples de la Grèce à les célébrer. C'étaient vraiment des institutions sociales et des preuves d'une civilisation perfectionnée, mais qui ne pouvaient s'adapter avec succès qu'aux réu* nions d'un peuple libre. Les Français ont eu raison d'imiter cette institution antique, depuis qu'ils ont repris leur égalité primitive. Il est donc important de donner à ces fêtes un caractère solennel , propre à graver dans les esprits les impressions sahiluires, les leçons instructives et les sentiments vertueux que les législateuis ont voulu consacrer. »

Le caractère de cette féte doit se tirer naturellement de toutes les idées accessoires et de la multitude de sentiments moraux, d'images gracieuses, d'espérances douces et consolantes que cette institution aimable et touchante réveille.

Vous en trouverez les prindpsles dispositions dans l'arrêté du Directoire exécutif, du 19 ventôse an IV [Bulletin 32, n« 23).

Ces dispositions sont :

L'arnu ment des jeunes gens parvenus à Tâge de seize ans; L'inscription sur le registre des citoyens, des jeunes gens parvenus à r&ge de vingt-un ans, et la délivrance de la carte civique à chacun d'eux;

39 Les récompenses à accorder aux élèves qui se seront distingués dans les écoles nationales.

Mais ne vous contentCK pas de distribuer des prix aux talents , donnez

des récompenses aux jeunes gens qui, par des actes de piété filiale, auront mérité cet honneur, ou plutôt félicitez publiquement les auteurs de leurs jours : la palme que les enfants auraient méritée , déposcz-Ia entre les mains de leurs vieux parents. Que le sen liment emi)ellisse particulièrement cette féte et que la vertu en soit le luxe et l'ornement.

Honorez non seulement le goi^t pour l'étude et les succès dans les arts, mais encore la simplicité des mœurs, la régularité de la conduite, l'amour du travail , la modestie , la tempérance, etc. S'il fallait classer

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NOTss. ces prix , il semble qu'ils devraient être distribués dans l'ordre suivant : ~ Aux Vertus I

Aux Monms t Aux TalemtsI

Cette proclamation solenneUe doit être un des actes les plusbriUaiUs

de la fête , ainsi qu'un de ses plus utiles résultats.

Saisissez l'occasion de 1 aniienient des jeunes citoyens, pour payei uu juste irilmt d elo^^es à retto brave jeunesse, dont rurdeur guerrière a devancé ou suivi Tappel que faisait à leur courage la raère-palrie ; opposez à ce tableau eelui de Tégoïsme et de la lâcheté de ceux qui, refusant de participer aux triomphes de la République, ont trompé leur destinée, abjuré le nom de Français, trahi leurs devoirs, leurs sepmenis, et déshérité leurs familles et eux-mêmes de la part de gloire qu'ils avaient droit d'espérer.

Placez les noms des premiers sur un monument d'honneur ; les noms des derniers vont s'attaclier (reux-niêiues à uu poteau d'iiifainie.

Ce euiUraste. peut otVrir aux poètes la matière d'un ch.inl cniquc.

Rendez burtoul sensibles , par le langage si puissant des images et des emblèmes , les vérités dont il est si important de déposer les germes dans ces âmes vierges et tendres.

Combien doit être chère à la jeunesse une Constitution pour laquelle les pères ont fait tant de sacrifices , et dont les enfants doivent recueillir tous les fruits I

La jeunesse est la saison de la vie qui s'écoule le plus vite; mais c'est

aussi râjL'e dont l'emploi peut rendre le l'eslc de la vie plus heureux ou plus iii.iliieureux. ; qut 1 sujet de réflexions I

î.a rrj)luiitulion des arhi'es de la liberté qui u'iiuraient pas été plantés dans les fêtes précédentes ou qui auraient péri, peut devenir uu accessoire touchant et un emblème expressif.

Une loi de la Convention nationale, du 3 pluviôse de Tan H, ordonne qu'il sera replanté des arbres de la liberté dans les communes où ces emblèmes précieux auraient péri. Cette replantation doit avoir iieo dans cette saison , plus favorable que toutes autres à la reprise des arbres. Quelle époque plus convenable peut-on clioisir à eel efl'et (jue celle d'une féle où l'éUte de la jeunesse sera elle-niènie charj:éo de planter cet arbre cliéri, dont les progrès futurs rapiielleront aux cito\ eus rimage attendrissante de la fèie nationale où il aura été plautél Chaque nouveau printemps renouvellera cette idée. Tout homme ayant un cœur sensible, tout digne amant de sa patrie , ne pourra passer devant cet

arbre sacré , ne pourra voir de loin ses rameaux , sans éprouver un notes. doux tressailiemeot. Tous les ans l'arbre verdira, et avec lut erottra - ~ ramour de la liberté, qui doit fleurir ainsi que loi sous l'égide de la Constitution. Heureux les jeunes gens pour qui la révolution s'est faite, qui pourront recueillir on jour le prix de nos sacrifices et se reposer paisiblement, dans leur vieillesse, à Tombre du chônc protecteur qu'ils se ressoiiNiemlroiit «lavoir j»Iant^ dans leur enfance!

('itoyeiis adriiiiiistraleurs , soii^'c/. (lue cette fôte ne doit pas seulemeut présenter im rassemblement traternel, une pompe brillante; elle a un but plus direct et plus utile. Tout doit être dirigé vers rcntboiislasme patriotique; la morale et l'instraetlon : qu'aux regards de cette jeunesse qui s'élève sous les auspices de la liberté qu'elle est destinée à défendre et à honorer, tout présente l'image des vertus publiques et particulières ; qu'ils apprennent à respecter leur patrie, leur famille et eux-mêmes. Monlrez-iciir aii^si les bienfaits iiicstiuiables de l'instruction, celte vie de l'ûme, ce tlanilicau Ue la raison. S'il n'y a que les peuples vertueux qui sachent couserver la liberté, il n'y a que les ])euples éclairés qui sacbent la connaître et l'apprécier. Oui, Jeunes Français , il est encore d'autres armes que celles dont vous avez frappé les ennemis de la Réptiblique; vous devez triompher aussi dans la double carrière des connaissances et des vertus.

Voyez la patrie présente au milieu de vous, les palmes dans les mains, vous désignant le temple de l'honneur civique, vous montrant les colonnes sur lesqnelles vos noms peuvent ôtre inscrits un jour par la reconnaissance nationale. Voyez les larmes d'attendrissement couler des yeux de vos pères, qui ont placé leur triomphe dans le vôtre, et pour qui vos succès sont le prix des sacrifices que leur a coûtés la glorieuse conquête de la Uberté. Ah I que ce spectacle vous fasse faire un retour sur vous-mêmes! qu'il vous engage à réfléchir sur votre position et sur vos devoirs! Chacun de vous peut être fils, frère, parent, camarade , élève. Ces relations diverses vous imposent des obligations dilïércntcs envers vos conipu^iious, vos pai'euls et vos maitres. Eulîn, vous louchez au moiueul de choisir un état ; c'est un devoir à remplir envers la patrie. Vous allez devenir citoyens : comprenez bien la dignité de ce titre; la première obligation qu'il vous impose, c'est de vous rendre utiles par un métier, une profession , un emploi bien entendu de vos facultés naturelles. L'essence de la société est que chacun y travaille , et c'est surtout dans une république que Tavantége général réclame de chaque homme la portion d'activité et de force qu'il a reçue.

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KOTBs. Malheur à l'oisif qui se retire de tous les devoirs, de toutes les charges ~ de la société , pour s'en approprier tons les agréments et les droits I fl abdique à la fois sa famille et sa patrie.

Tels sont tes textes que je laisse à développer anx magistrats et ans orateurs qui parleront dans la Fête de la Jeunesse. Puissent-ils faire sur leurs jeunes auditeurs une proroiule impression, cl leur faire remporter de cette ft^te un souveiur dont l luliuence se fass^ remarquer d.tiis li^ reste de Ipur can'iël'el

Saiut et irateruité. François (de Nenfchâteau).

NOTE XVI, page 311.

FiTE DES ÉPOUX.

Paris» le 10 avril 1799.

Le Ministre de l*iniérieur, aux admittiitralUm centrales et municipale*.

Cîtoyéns administrateurs ,

Je couliaue ù parcourir avec vous la série philosophî(]ue et touchante de nos fêtes nationales. Ce sujet a pour moi un attrait spécial, et si je pouYais parvenir à bien rendre ce qne Je sens, je vous transmettrais des instructions dignes de ees lois imposantes et de ces sages arrêtés qne je dois tous développer; mais, quoique Je demeure fort an^essos de ridée qne je m'en fais, je dois prouver mon zèle en excitant le ' vôtre, et ce devoir de ma place, d'accord avec le penchant de mon cœur, ne souflVe ni retard , ni excuse.

Dans le hystènie niornl de nos fûtes, celle des Epuu.v sm c»'m1c à celle de TAdolescence ; et, par ce rapprochement, le légiblalcur indique à une jeunesse trop souvent égarée par de faux et stériles plaisirs, les sources de la véritable volupté dans ce lien sacré qui donne du corps à Tamour en le fondant sur la vertn.

Lorsque la corruption semble universelle; lorsque, abjurant l'aimable pudeur, cette parure de l'innocence naive, ce charme plus poissant que la beauté môme et pins séduisant encore que la grftce, une lonle abusée cherelie dans les plus IVivoles illusions ou tluiio ic^ l'i-arements les plus coupables, le fanlùuie d'un bonheur toujours fugitif, suivi des dégoûts et des remords, et dans lequel on ne rencontre trop souvent que le mépris public et i\ue sa ruine parlicubère, il est lieau d'opposer aux tableaux de la dépravation celui de la simplicité des ver-

tas domestiqaes, de cette félicité sans trouble que le sentiment embel- xom, lit y que la raison confirme, où les devoirs ennoblissent et éfmrent les " plaisirs f où les plaisirs tempèrent Taustérité des devoirs les plus saints et où l'état le pins heureux de la vie se trouve sons la sauvegarde des

bonnes mœurs.

î.a -o( Il t ' (loil j)articiilièrement honorer celte institution, h laquelle elle doit sa force, son lustre, et pcnt-t-lrc son oripine; wWc institution dont elle a fixé easuite les bases, d'accord avec la nature, qui, après avoir conduit l'être sensible, par Tattrait du plaisir, à former ces liens, l'y retient par l'habitude et les charmes de la reconnaissance, parles soins communs et délicieux <iue l'éducation physique et morale des enfants impose au père et k la mère, dont Tamottr, dirigé vers ces nouveaux objets, semble passer pour lors à un autre bonheur.

La morale, vengée et consolée, sourit à ces tableaux. Le mariage, celte union sainte et légitime , en étendant et en resserrant les nœuds (les ramilles, assure leur repos et leur honneur; il arrête l'hoinniu sur ta pente des vices et met un frein à la dissolution des mœurs; il crée à l'être frivole ou corrompu de nouveaux sentiments et des vertus qu'il ne soupçonnait pas encore. Oui, Thomme est un citoyen plus digne et plus recommandahle, du moment où il acquiert le titre de père de famille; il sent alors, par les nouveaux soins qui lui sont imposés, les obligations qu'ils a contractées envers hi grande famille dont il fait partie ; il ne vit plus pour lui seul; il a besoin du bonheur des autres, et sa sensibilité éveillée s'étend de ses enfants à ses seniblal)les et de sa famille à la société. Alors l'objet de ses ailt i tions, sa compagne, ajoute au charme fugitif et périssable de la beauté celui des vertus qui ne s'efface jamais, le seul dont le temps ne puisse flétrir l'éclat; et c'est ainsi qu'elle s'assure un nouvel empire et qu'elle attache au cœur même de son époux la chaîne dont leurs enfants viennent resserrer les nœuds en tes couvrant de fleurs.

Tels sont les rapports moraux qu'il convient d*hidiquer dans les discours et de développer par des emblèmes et des allégories.

11 est un rapport politique uon moins important : ces principes de vertus modestes et intérieures, d'ordre, de dnence, d'économie, etc., se lient esseiiiiellement à ceux du gouvernement républicain. Delà, ces honneurs, ces privilèges, ces distinctions accordés par les anciens législateurs à la sainteté des mariages; de là, la censure du célibat, ce fruit de l'égoisme et du libertinage qui corrompt la société et Tappaur vrit en même temps, qui était puni chez les Grecs, et qui, chez les Ro-

Dlgitizea by <jOO^tt:

XQTË8. mains, ne comiueni M <1<' prévaloir qu'à la fin de ia République ; de là, la législation motivée du divorce, remède nécessaire dont rexistcnce prévient celle du mal qu'il doit guérir, au sojel de quoi Montaigne a si bien dit : Jamais let mariaget ne furent cHote pliu mnte et plui taerée que lon^ qu'U y eut fadlUé de les rmpre; de là, les peines infligées à l'adallère, considéré comme portant le trouble et le désordre au sein des familles et dans Tétai des citoyens, et peut-être, après rhomicide, le plus punissable des crimes, puisqu'il est à la l'ois le plus cruei de tous le^ \oh et le plus sanglant des outrages.

Si 1 institution dii niaria^,'e fut honorée et protégée par toutes les législations , elle doit l'élre parlîculièremeut par la nôtre. Non seuleinem cette idstitution se rapporte à ses principes; non seulement le mariage est une des conditions que notre loi fondamentale exige de la part des citoyens élus pour s'asseoir au Conseil des Anciens, mais seul II doit former cette génération forte et pure qui conservera et qui honorera la Constitution républicaine.

C'est par rédiication que les pères disposeront des brillantes destinées de leurs enfants et, par suite, de celles de l'État. Heiironx relui h qui ou pourra adresser ces paroles : Citoyen, la mcidté le sait gré : eiif te fdlicile d'avoir donné à la patrie un citoyen, un homme préparé aux tnvavx de l*agriculture et des arts, et également propre à défendre la RépuhUque dans les towrmtuts de la guerre et à embellir par ses mœurs les don-' eeurs de lu pak^ (1).

Voilà une partie des idées et des espérances, des images et des leçons que la loi a voulu rappeler aux répnblicaîns, lorsqu'elle a ordonné qu oii eéiébrât, le 10 floréal, la Féte des l-lpoux.

I/arrèté du Directoire exécutil' du 27 f:erininal an IV UnlUtin 40, n" 3i6 ), vous indique les principales dispositions de l'ordounance de celte fête.

Distinguer les personnes mariées qui, par quelque action looable, auront mérité de servir d'exemple à leurs concitoyens , ou qui , déjà chargées de famille, ont adopté un ou plusieurs orphelins; inviter à la fête les jeunes époux unis pendant le mois précédent et pendant la première décade de floréal ; y donner des places d'honneur aux vieiflards aceonipagnés de leurs cnlants et petits-enfants, etc., telles soui principales dispositions de cet arrêté.

(1) (/est à peu près le sons des lameux vers de iuvcnal :

Graium est guûd patrUe cioem p^ulo que deditti, etc. , eie.

Vous les étendrez imr tous les moyens que votre zèle éclairé pourra xotes. vous suggérer ou qui naissent des eonsidérations que je viens de vous ~~ développer.

Placez avec honneur le bnste du précepteur d'Émile an roilien d'un groupe de mères et d'enfents; rendez honneur aux mères qui nourris^

sent , aux pères qui sont instituteurs.

Rappelez la mémoire et présentez, s'il est possible, les images de Cornélie, mère des Gracques ; de Porcie, d'Aricie, d'Eponine.

Répétez, célébrez les traits touchants de tendresse conjugale que l'histoire nous a conservés.

Ne TOUS bornez pas à honorer l'héroïsme, le dévoûment, le courage, les vertus brillantes; payez aussi on juste tribut anx vertus obscures, à réconomie, à la tempérance, anx vertus douces et modestes, à la décence, à la pndeur, à la foi dans les engagements, etc.

Couronnez les parents dans leurs enfaiils eu accordant quelque ilistinction à ceux dont les tils se sont illustrés dans la carrière du patriotisme, des lellrcs et des arts; h ceux dont les enfants ont volé à la défense de la patrie et dont le sang a coulé, ou qui se sont iionorés par des actions héroïques et généreuses; à ceux aussi dont les filles se sont distinguées par leurs vertus.

Invitez les directeurs de spectacles à donner pendant ce jour des pièces morales, telles que le Pire de famille, le Préjugé à la mode, le Boum hienfaisanL

Vouez au mépris, à l'aniniadversion publique, les mauvaises mœurs, la séduction, la déhautlie, l'oubli des devoirs, tous ces vices nés dans la corruiitiou de la uionarehic, et que la morale républicaine doit proscrire et faire disparaître. Oue cette fête preiuje le caractère auguste et touchant qui lui convient. £lie rappelle à la fois les images les plus douces et les plus imposantes , Tamour pur et ses ineflàbles jouissances, la tendresse maternelle, le bonheur et les soins de la paternité, les égards réciproques, le partage des plaisirs et des peines, qui centuple les premiers et atténue les derniers ; les principes de l'éducation des enfants, enfin tous les devoirs de père et de mère de famille.

Que les emblèmes, les chants, les discours, rendent ces grandes vérités sensibles à tous les esprits et chères à tous les cœurs.

l.e mariage a trois objets : le bonheur des époux, l'éducation des enfants, la conservation de la société; sachez le faire envisager sous ce triple rapport.

Orateurs citoyens, vous ne serez point dans le cas de ces rhéteurs

xoT£8. du fanalisinc qui, s'rt.int vout's par état à un célibat corrupteur, u'é- *~ taicut pas dignes de paiicr de l'amour conjugal.

Vous trouverez dans vos cœurs nièines la source pure et abondante des sentiments qu'inspire la Fête de rflymen et les paroles les plus propres à les faire goûter.

Si TOUS aviez besoin d'un texte* ouvres les Euaù de MonUigne, et, dans son style plein de grâce, de vérité et d'énergie, voyez ce qu'A a si bien dit pour relever le mariage : « Il a, pour sa part, l'utilité, la justice, l'honneur et la constance; c'est une d(*ucc société de vie, pleine de confiance et d'un nombre infini de bons, de solides oflu^es et obligations niulucllcs. A le bien la^onuer, il n'est point de meilleure pièce dans la société. Aucune femme qui en savoure le goût ne voudra tenir lieu de maîtresse à son mari. »

Le chapitre VU de Y&cwmique de.Xénoplm (i) pourrait aussi servir de texte aux discours à prononcer dans la Fête des Ëpoux. Les modernes n'ont rieu dit de mieux raisonné ni de plus persuasif; mais ib ont démontré par des calculs exacts que l'on vit plus longtemps dans l'état du mariage que dans celui du célibat. Confirmez par ce fait le vœu de la nature.

Présentez surtout le tableau touchant des soins consolateurs que les époux se doivent, qu'ils donnent à leurs enfants et que leurs enfants leur rendront un jour.

L'arbre aux rameaux étendus que la vigne enlace, dont l'ombrage tutélaire dispeuse la Melieur sur déjeunes et tendres plantes qui croissent, s'élèvent et couronnent de deurs ses branches chargées de frafts délicieux , telle est l'image des bienfaits du lien conjugal.

Lu i t iiil iiii un juste hoiimiage au sexe qui donne, cbarinecl console la vie , n oubliez pas ce mot d'un homme éloquent et vertueux : Snm les femmes , les deux exlrémilés de la vie seraient sans secoun, et le milùu sans plaisirs (2).

Ramenez les femmes, par les exemples mêmes qu'elles ont donné, aux vertus simples et modestes; présentez la peinture effrayante des

(i) Cicëron traduisit VÉconomique de Xénophon; on troate dans Colamclle plusieurs fnipincnts de cette traduction, et, entre autres, une asseï grande partie (ebap. VII) sur le mariage. Il commence ainsi : Maritale conjugium tic can^erw lum est à naturây ut non solum jucundimma , verum etiam ftftlhxma titiT isoctefes iniretur, etc. On pourra consulter aussi V Esprit des LoiSf tome 111, cbap. XX, etc.

(i) Thomas.

malbeurs publics et particnliers qu'entraînent la dissolution des mœurs et l'oubli de la foi des engagements.

Livrez au méprits ceux qui font de cet état, d'où dépend le bonheur

de la \ic ciitiî'i t^ un \ii traUc d jiitcrcl, cl qui luelteat un calcul à la place d'un sentiiucut.

Rendez enfin à cette institution la dignité qu'elle n obtient que dans les républiques; vengez-la des insuites que lui fît la légèreté française sous la monarchie, où l'on répandit sur les objets les plus respectables le vernis d'une coupable fHvolité.

Puissent les peintures sentimentales ramener aux routes de la vertu ceux qui sont assez malheureux pour s'en écarter 1 Poisse l'image du bonheur des époux augmenter celui dont ils jouissent , leur apprendre à le mieux servir, à leur rendre leurs devoirs plus précieux cl plub tlicih, les diriger dans l'éducation de leurs enfants, et enfin créer une classe nouvelle d'hommes sensibles , de pères et de mères de famille respectables et de citoyens éprouvés, qui, par l'exercice des vertus particulières, se préparent à exercer un jour toutes les vertus publiques I

Tels sont, citoyens administrateurs, les vœux que je vous confie et que vous aiderez à réaliser.

Je compte sur le soin que vous prendrez pour embellir la Fête des ÉpOQx; mais avant de finir ma lettre , je croîs devoir vous indiquer et vous rc( iMiiiii imlcr un détail jirécicux qui j>out rendre tout à la fois celte cért iiioiiic et plus louchante et j)lus ulil(; : ce serait, citoyens, de ne pas oublier, dans ces jours d'allégresse , qu'il est des êtres malheureux. Ah 1 sans doute il est digne du bon esprit républicain de les faire participer par un moyen quelconque à nos fêtes nationales.

Oui, ce sont les jours de ces fêtes que vous devez choisir pour faire voir à la Jeunesse, pour visiter vous-mêmes les asiles de la misère, et les prisons et les hospices, surtout ceux où l'on recueille ces enfants infortunés, victimes on de la mort, ou de llndif^nce, on delà barbarie des auteurs de leurs jours. Kst-il daii.s ia liaiure des êtres plus à plaindre'' Hien ne peut, dans le monde, suppléer aux efli is (Ji^ l'amour inalernel, et ils eu sont privés. Ils sont perdus dans ces hos}iir( ,> où il est impossible de pourvoir convenablement et à leur nourriture et à leur éducation. Que cette idée est déchirante ! que ce spectacle est douloureux 1 qu'il serait beau de parvenir à donner à chacune de ces viclimes des parents et une fhmille qui soigneraient leur existence et les attacheraient à la société par le don d'un état et la double culture des talents et des mœurs 1

i» Part. k.

ffOTBB. L'adopUon , heureusemeiit pennise par nos lois , présente à cet égari à tons les citoyens on moyen bien facile de suppléer à rimpnissance de

la bienfaisance publique par les actes divins d'une bienfaisance privée.

Empari'z-Nous de cette idée, citoyens admiFiistratcurs; excitez, provoquez, appelée à fri ands cris sur ces paiiM-es enfants la sensibilité de vos concitoyens. Non, non, ils ne seront point sourds à la voix de rbnmanité; il s'en trouvera, jerespère, et dans tous les cantons, il s'en trouvera, dis-je, qui se chargeront de quelqu'une de ces infortunées et innocentes créatures. Que ces adoptions orneront solennellement la Fête des Époux 1 Quel plus délicieux spectacle pourra s'oflhir aux yeux du grand peuple? D fera tressaillir les entrailles de tons les pères et tous les cœurs de toutes les mères; il intéressera et la pitié de la jeunesse et la raison île l'Age mùv; eiiliu, il donnera à nos fêtes nationales Je véritable caractère ([ue le léfîislateur voulut leur imprimer, puixju li en fera le théâtre d'une bieuluibouce éclairée, le triomphe de la nature cl le règne de la vertu.

Salut et fraternité. Fbançois (de NeufcbâteauJ.

NOTE X VU, page 341.

fItB UE la aSGONIUlSSAlICE.

Paris, le 10 mai 1790.

Le Miuûtre de IHnlérieur aux adminvitratiom centrales et msMctpu/es ie

la République,

Citoyens administrateurs.

Vous avex dû remarquer que dans les dilTérentes fêtes que vous venez de célébrer, l'intention du législateur a toujours été de placer le plaisir à cAté de la vertu et de prouver que le plus doux et le plus pur des sentiments s'associe h l'exercice des devoirs.

Ces jouissances délicieuses pour inie âme liounète, cette volupté morale, sont parin nlièrenicnt alîectéesà la vertu que je vous rappelle ai^ourd'hui par la liHe de la Reconnaismnce.

La reconnaissance est la dette commune de l'humanité. £b I qui ne tressaille à ce nom touchant I qui de nous ne songe aussitôt aux êtres respectables dont it reçut le bienfût de Texistence, à la nourrice qui allaita son enfance, à la tendresse inellUiile d'une mère, aux soUIch tudes d'un père vertueux, aux sages leçons de l'uistituteur qui con-

duisii .SCS )ii I iiiicr?; pas dans la carrière des scienros et des vertus, aii\ notes. conipa^uuâ de ses jeunes années , devenus ses amis dans son âge mûr; ' à l'épouse modesie et sensible dont les cliamies et la venu fout son bonheur, am caresses de ses enfknts, enfin à cette chaîne de bienfaits que la natnre, les hommes et la société ont étendue autour de lui I

Ouf, cbaifue moment de notre existence nous rappelle ces obligations sacrées : en effet , Us deux eitrémîtéf delavîecnt hetoin de la pitié de nos semblables; et c'est la société qui en pioLéi^e et on embellit le cours. La société ne subsiste que des services mutuels <]iio les lionnnes se rendent; c'est un commerce de bieiiraits. Ainsi, ringratiliule , le plus exécrable des vices, est la destruction de toute uuion sociale : tout nous fait donc une loi de la reconnaissance.

Cest elle qui resserre les liens de cette fkratemité qui doit unir tous les hommes; c'est elle qui alimente notre sensibilité et qui nous dispose à la bienfaisance par un juste retour à la commisération pour le malheur que nous avons éprouvé; à la philanthropie , qui transporte à l'espèce ce qu'on ne peut acquitter envers l'individu; enfin, à toutes les vertus douces, h. tous les sentiments tendres et consolateurs.

Aussi chez les anciens, nos modèles et nos maîtres en tout genre, le mot consacré à exprimer la reconnaissance, considérée comme un acte, comme un devoir religieux , s'appelait piété.

Qu'elle est auguste cette religion du malheur et de la reconnaissance 1 et qu'il est beau de ranimer de pareilles institutions !

De là aussi ce respect pour les animaux agriculteurs, pour l'arbre . hospitalier, pour les pénates protecteurs, pour les lieux Léiuoias de quelque heureux événement.

De là cette tendresse que l'on transporte à des objets inanimés et insensibles, mais qui s'animent pour nous par les souvenirs, et qui nous ■ deviennent chers par le charme impérieux et magique de tontes les sensations qui viennent se recomposer autour d'eux ; de là cette vénération pour les tombeaux, ce respect pour l'image sacrée d'un père, pour le meuble dont il se servait ; de là cette fidélité à exécuter ses volontés dernières.

C'est la reconnaissance (jui révéla à 1 hoiiiiin' une divinité; c'est elle aussi qui remplit les temples d'offrandes et qui couvrit les autels de sacrilices.

Cette vertu est dans le cœur de l'homme, quoi qu'en disent des sophistes sombres , et dont le cœur glacé ne s'est jamais ouvert au plaisir d'aimer.

Digitizea by <jOO^it:

ifOTES. C'est inôme pour modérer l'effusion naturelle de ce s<;nliiuciU que

les législateurs, dans les rt'ituhliques bien constituées, se sout occupés, non de réprimer, mais de régulariser Texpressiou de la recoonaissaiiee publique. Et alors, se liant aux rapports politiques, elle doit être réservée aux grandes masses de citoyens et noo à quelques hommes (si et n*est après leur mort, et lorsqnlls ont constamment mérité, par des vertus , un fuite public de gratitude ^. Mlle doit être réservée aux venus solides et non aux tnii-uts séducteurs; aux >orlu.s de toute la vie el non à celles d'uno auuée, d'un joui*, d'un niouieut.

La reconnaissance publique se manifeste par de grandes solemuiés, par les déclarations du Corps législatif, les proclamations, les pompes ftinèbres, les éloges , etc.

Citoyens administrateurs, disposez toutes les âmes à s'ouTrir dans cette féteaux sentiments les plus affectueux, par des scènes touchantes et par les plus simples emblèmes. L'enfant qui étend en souriant ses petits bras vers le sein qui Ta nourri, la vigne qui s'enlace au chêne el suspend des fruits sur sou feuillage, les fleurs qui couroiment une source louibanle, le tleuvc qui rapporte à la merles eaux qu'il en a empruntées, l'animal aimable et fidèle qui meurt en léchant la main qui Ta nourri , etc., toutes ces images de la nature sont de très^xpressives allégories de la reconnaissance.

Les animaux eux-mêmes en donnent des leçons à l'homme. H n'est pas permis d'oublier le lion d'Androclès,

Que dans ce jour les enfants offrent des couronnes à leurs parents et les élèves des palmes à leurs Instituteurs.

Placez sur ilt s h iiiuières ou sur le mai brc des temples, dcb jua\mics relatives à la bienfaisance et à la j econnaissance , et tirées de nos meilleurs écrivains, telles que ce vers de VoUaire :

Qn*il est beau, qu*il est grand de fiiire des io^nts! Ces lignes de Duclo» :

& ekaetM fitUait tùut U çtt'ii pevi faire was ifitmmmoàer^ U m^g aimit pemt de malheurefup.

Le Traité de» Bienfaits, par Sénèque, surtout le troisième livre (traduction de Lafjrange), pourra vuu^ offrir une foule de sente?ices.

Mais c'est surtout dans votre cœur, dans votre sensibilité, citoyens administrateurs, et vous, orateui'S et poètes, que vous puiserez l'éloquence de vos discours.

Promettez et vouez reconnaissance à ces défenseurs généreux de la

l>atm , dont le sang a coulé pour la cause sacrée de la liberté ; et s'il se mot». f romre à cette fête quelles vieux soldats de la République , mutilés , couyerts d'honorables blessures , honores dans sa personne le courage béroîqne de nos frères d*annes. Tel a été surtout l'objet de l'arrêté du Directoire qai a prescrit le mode de célébration de cette fête. (Arrêté du 20 floréal an /V, Bulletin 45, 587.) Mais ce n'est pas uniquement aux vertus militaires que vous devez rhommage du sentiment né des bienfaits; promettez et vouez reeonuaissanee ;iu\ magistrats qui prendront pour inudèle les vertus d'Aristide et de Caton, aux philosophes qui consacrent leurs veilles, leurs talents et leur vie à pratiquer et à enseigner la vertu.

Proclamez avec honneur les noms des citoyens qui ont bien mérité de leur commune, en s'occupant, à l'exemple des Romains, de consacrer leurs richesses à des objets d'utilité publique.

Proclamez le nom de ceux qui ont fait élever à leurs frais une fontaine publj(iue, ouvert un chemin ou planté des arbres sur la roule du vovn^TCiir, ctr.; et saisissez cette occasion d'iusinrei* à vos eoncitoyens mil ( iiitilaiioti philanthropique, de leur révéler ces nobles jouissances attac hées à la bienfaisance, et de leur enseigner enfin cet heureux emploi de la fortune, ce luxe patriotique qui n'est connu que dans les États libres.

Prodamez avec honneur le nom de ceux qui élèvent des ateliers et des manufactures, où le pauvre trouve des moyens d'occupation et de

subsistance; les noms de ceux qui assurent aux femmes, aux vieillards,

aux enfants, du feu et des travaux pendant I hivcr, ou qui fondent des clablissemeiils pour recevoir les malades et les infirmes.

Proclamez enfin le nom de ces respectables pliilanthroi^es qui, dans tous les pays, s'occupent d'améliorer le sort des hommes. Ne vous informez pas de quelle nation ils sont ; ne voyez que leurs bienfaits envers l'humanité.

Enfin, citoyens administrateurs, ne vous contentez pas de rappeler la bienfaisance et la reconnaissance par des discours; mettez en action le plus touchant spectacle , faîtes parmi vos concitoyens des collectes ,

ou invitez-les à vous faire passer volontairement des secours pour tuiit de malheureux qui i.'énilssenl sous le poids de la nécessité.

Choisissez ce jour pour fonder des sociétés de bienfaisance; chargez surtout les femmes, les enfants, les vieillards, du pieux ministère de soulager l'infortune; surveillez seulement Tapplication de ces secours, afin qu'Us soient équitablement répartis; surtout faites distribuer ces secours en nature.

Digitizea by <jOO^lt:

C'est par dt-s ItitMilaiis iju il faut marfjuer le 10 prairial , to uque ii\LC par la loi du ',i brumaire, pour la Fêle de laHeconnaissance. C'est l'exercice des vertus qui doit l'embellir : les bénédictions des malheureux , voilà sa pompe; les cris du ccoar, les larmes de rattendrissement, voilà son intérêt; la sensibilité, voilà son charme.

Saint et fraternité. Faisçois ( de NeufcliAtean ).

■ P. S, Fn al tendant qne nos poMes aient pu seconder la morale publique par la ('onif>nsi[u»n de pièces appropriées aux grands objets de nos fôtes nationales, vous inviterez les directeurs de spectacles à donner ceux des ouvrages de tbéàtre existants qui sont les plus propres à nourrir ces sentiments dans l'Ame des spectateurs, tels que VIndigent, le Bieafait anonyme , etc., etc.

NOTE XVm, page 3IG.

LES NOUVELLES ADHDOSTlUklIOllS HOMCIFALBS, ISISTAUicS LE 30 MAES 1799.

MunkipaUtédu Nord. — Les citoyens Rochefort, président; Bergerot, Gomberry, Clocbard, Martin, Peyrotte, Robert, administrateurs; Boisville, commissaire do Directoire exécutif.

Du Sud. — Citoyens Bécheau, président; Aly , Azevedo, Cadilhou » Giircicr jeune , Laborde, Laclaverie, administrateurs; Latapy, couimissaire du gouvernement.

Du Centre. — Citoyens Giraud, président; Beraud, Larroque, Mousencal, P%join, Drousson, Gacber, administrateurs; Lelellier lils ainé, commissaire.

LES «OMS HES époux BORDEUtS noitS ET MARIÉS EU MÊME TEMPS QUB RAPOLtol

NOTE XIX, page 379.

ET MAEIB-LOIUSE.

Époux.

hlpouse;<.

Pierre Saincrit. Jean Labat.

Pétroniile Duséré.

Marie Martin-Lestonat.

Catherine Mangeot.

Marie Montean.

Jeanne Frappicr.

.leannc Hoilel.

Marguerite Denis.

R* Lanns.

Jacques Zucchi.

Antoine Cabirau.

Dei lrand Viusolte.

Bertrand Tiron.

Époux. Éponm. motm.

Bernard Thibandeaii. Margaerite Durand.

Jean-Baptiste Extrême. .Magdulciiic Tiffon.

Martin Reix. Françoise Goyeau.

NOTE XX , page m,

VIS NOMS DBS ÉPOUX MàMÈS LE 9 lUlR 4811, A L*0CCA8I0K DU BâFTftilB DU

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