ROYALES, LE Ô MARS
4« Dimanche prochain, 5 du courant, tous les hfttiments de la rade, sans exception, seront tenus d'avoir le pavillon de poupe de leur nation , depuis le lever jusqu'au coucher du soleil. Ceux qui sont fiuiiidés devront être pavoisés complètement, et s'ils ont leur ariiUerie niontt f , ils répéteront les salves du navire servant d'amiral, ayant la plus grande attention de ne tirer le canon qu'après que le hrigautin de Leurs Altesses Royales les aura dépassés.
S** Les propriétaires de canots, couralins ou autres petites embarcacations, sont invités à les faire orner de guirlandes et banderoles; ils seront libres, de parcourir ainsi la rade , mais il ne sera permis à aucun d'approcher le brigantiu de Leurs Altesses; ils devront s'en tenir à la distance d'au moins trente mètres (cent pieds).
3<* Pour éviter les événements fâcheux qui pourraient résulter de riniprndcnce de ceux qui entreraient en trop LM-ainl nombre dans ces embarcations, il est défendu aux patrons de recevoir plus de six personnes dans leurs couralins ou autres canots ; et , dans les autres b^ teaux, quelle que soit leur grandeur, au-dessus de dix tonneaux, plus de trente personnes.
4* Les patrons ou propriétaires de ces bateaux qui se permettraient
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KOTEb. d'eu prendre iiii plus grand nombre, seront punis adrniiustrativomeni. ~" 5* Il est détendu aux barques cl aux autres embarcations de mouiller
entre les deux lignes de navires, afin que le jNissage du briganlin de Leurs Altesses Royales soit libre.
&^ Aoenae embarcation ne pourra stationner ni aborder à la cale du Ghapeau-Rouge, depuis midi jusqu'après le débarquement de Lems Altesses Royales; il en sera de même de la cale de La Bastide, sur la rive droite.
7" Le fermier du passade sera tenu d'avoir tous ses bateaux au complet; il formera un équipage particulier, ce jour-hi, pour les bateaux plats, et prendra môme des bateaux supplémentaires, pour que la suite et 1(» équipages de Leurs Altesses n'éprouvent aucun retard; il se conformera, pour le nombre des personnes à recevoir dans ses ba- ^ teaux, à l'article 3.
Tous les quais et la cbaussée, sur toute l'étendue du port, devront être débarrassés de toutes marchandises et matériaux.
9<> Dès le matin, tous les monuments publies auront arboré le drapeau blanc et seront ornés de guirlandes et de festons.
40*' Toutes les maisons du port ainsi que des rues où passera le cortège, seront décorées.
11^ Leurs Altesses Hoyales devront débarquer à la cale du Ghapeau- Rouge; une colonne placée près de la cale annoncera le point de débar^ quement.
Un salon de réception sera préparé pour recevoir Leurs Altesses. 43* La place du Gbapean-Aouge sera limitée par une enceinte. 44« Après avoir été complimentées, Leurs Altesses seront invitées à
monter dans leur voilure, et le cortège se dirigera vers la rue du
Chapeau-Rouge.
•!.')<' Au moment du jiassage de 1 eurs Altesses près de la place de la Comédie, un orchestre placé sur la terrasse de ce muuumeut accompagnera un chant analogue à la circonstance.
Ifio Le cortège montera la rue de l'Intendance, longera la place Dauphine, en tournant à gauche, entrera dans la rue Dauphine, descendra le cours d'Albret et aboutira au palais par la rue et la place Rohan.
47' Les rues où piisserii le cortège devront être débarrassées de tout objet <jui pourrait y gêner la circulation.
18" Depuis deux heures jusqu'à cinq, aucune voilure ne pourra circuler ni stationner Uaus les rues où doit passer le cortège.
4 9° Il ne sera constrait sur la voie publique, dans aucun lieu du kûtks. passage, ni amphithéâtres, ni gradins, pour éviter les accidents qui " pourraient en être la suite.
20° Les propriétaires des bains dits du Chapeau-Rouge, bains orientaux, et les cafés h la suite, ne poiuront recevoir que le nouibre de j»ersoiuics que la police aura permis. Il sera placé (hîvaiit leurs portes des gardes, à leurs frais, pour mainleoir l'exécution de la mesure qui ' lenr aura été prescrite.
11 est expressément défendu de monter sur les toitures des boutiques de la foire, non plus sur colles des petites barraques environnantes.
%^ Les voitures qui ne font pas partie du cortège du palais de Leurs
Altesses Royales ne pourront s*y rendre que par les rues des Remparts, des Trois-Conils, et pai' les rues qui aboutissent à la place Uuhaii. IMIes seront tenues d aller au j)as et de prendre la file allernativcment en arrivant sur la place du Palais-Royal.
23" Le dimanche, jour de l'arrivée, il y aura illumination générale.
Fait à Bordeaux, en i'Hôtel-de-YiUe, le 4 mars 484Ô.
Lê Maire de Bardeaux^ le comte de Lyncr. NOTE XXIV, page 474.
SUR LA MORT DU CAPiTALNE TROPLONG, LE 4*"* AVRIL 4815.
Les circonstances de cette mort sont diversement rapportées par les écrivaiusqui s'en sont occupés; notre impartialité nous force à donner ces opinions divergentes, ainsi que la nétre, sur leur valeur respective.
Dans le BuUeîîn polffmathique [4"^ mai 4845), qui se publiait à Bordeaux, on lit : « Le 4*' avril, dès le matin, la garde nationale et les » volontaires royaux formèrent un carré, sur la rive gauche de la Ga- » Fonne, vis-à-vis de La Bastide. A trois heures ^ Madame la duchesse » d Aiij^oukiiie se présenui et dit k la garde de ne rien faire. Cependant » vers les quatre Ik ik s, les volontaires roy mx firent feu, et M. Trop- )) long, membre de ht I.é^'ion-d'Honneur et eu])itaiiie de la première » compagnie des grenadiers de la garde nationale, fut la victiute de )» rimprudencc ou de la mécbanceté. n
Ce récit est très-vague; il nous donne seulement à comprendre que le coup de Aisil partit d'entre les volontaires royaux , ce qui s'accorde assez avec ce qu'en dit M. de Martignac : « Le capitaine Troplong, ayant
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ROTRS. » voulu s'éloigner avec sa compagnie, suivant l'ordre de Son Altesse ~~ )> Royale, avait été menacé , arrêté et enfin frappé de mort par des » hommes de ce bataillon ( les volontaires royaux) dont j*ai déjà ea occasion déparier. » De ce récit de M. de Martignac, il semble qu'on doive
conclure qiraii lieu d'être une simple imprudence, le coup de fusil qui tua M. Trop] 11^' fui un acte de vengeance politique, le triste r<^snltal de l'exaltation des \olonlaires royaux, qui soupçonnaient injii^teuient le loyal Troplong de vouloir abandonner sou drapeau et trahir la cause du
roi î
Voici une autre relation fàite par M. de Clarens, commandant des volontaires royaux au avril, et insérée par lui dans le Méauniêl bordeUtit du 34 juillet 4845.
Dans une lettre adressée à M. de Peyronnet, avec un numéro du Muséum de Vhftruethn publique de Bordeaux, oà il était dit « que, vers » les quatre heures, les volontaires royaux tirent feu, et que M. Trop- » long, nHMiiliK i]o la I.t'^'ion-d'llonncur, capitaine de la premièn; » compa^Mue d<\s grenadiers de la garde nationale, fut la victime de » l'imprudence ou de la méclianceté. »
Dans cette lettre, dis-je, Tauteur, M. Clarens, commandant en second des volontaires royaux, dit qu'il dément cette assertion et assure que u M. Troplong fit une faute que la position critique oh l'on se trou- » vait pouvait seule excuser; il se mit en marche, sans que j'en fosse 1» prévenu, et cependant j'étais le commandant de toute la garde natio- )) nale , 'par l'absence de M. de Ponlac , que le bien du service avait » appelé ailleurs. Le mouvement de cette compagnie s'exécuta, et lors- » que la tête de colonne arriva à la liaulenr de la ppemi^re file do ha- » taillon de garde nationale active, elle l ut arrêtée par le cri de : Halu- » là ! VMS ne passerez pas ! Au même instant, un coup de fusil tiré d'une » fenêtre semblait donner le signal du carnage. MM. de Puységnr et » Troplong furent désignés : H. Troplong fut victime et M. de Puy- » ségur n'échappa que par une sorte de miracle. Il est certain que les » trois quarts des coups de fusils fiireut tirés en l'air par ce bataiHon )» de la garde nationale active, dont plusieurs volontaires avaient été » armés seulomenl le riiaiiij ; niais il e:=t lau\, il est même impossible » que la garde nationale ait fait feii sur M. de Pnysêgni- et >!. Troplong; » il est inii)0ssib!e encore que cette action ait été commise par un des X» pompiers de la garde, puisque , par l'ordre de bataille, les deux corn- » pagnies de pompiers se trouvaient placées à l'extrême gauche de toute » la ligne et, par conséquent, à plus de deux cents pas de l'endroit oft
» se 8onl tirés les coups de Aisil. M. Troplong a? ait commis une faute iforis. » irréparable dans l'assemblée qui eut lieu la veine cbes M. de Paysé- ~^ » gur, en disant à M. le général Donadien qu'il ne comptait pas, pour n la cause du roi, sur plus du tiers de sa compagnie. Un pareil aveu n'a n pu que lui faire beaucoup d'ennemis.
» f.ii i ésuiTié, il L'si constant pour moi que ces coups de fusil oiiL été » tirés par des bfunmes envoyés pour exécuter rinfâine projet de l'aire » éclater la guerre civile dans Bordeaux et de commellre peul-êlre ic 1» plus horrible assassinat. »
Voilà une yariantc assez embarrassante et inadmissible. A qui persuadera-tH)n que M. Troplong, ancien militaire, s'était mis en marcbe sans en avoir reçu l'ordre? Bemadau assure que M. de Puységur, inspecteur général des gardes nationales du département, avait dit tout haut, d'après les ordres formels de la Duchesse, qu'il fallait se retirer. Dans ce cas, M. le comte de Puységur, général inspecteur des gardes nationales du départeracnl, ne fit qu'obéir aux ordres de Madame, et M. Troplong ne peut être cou[»al)le d'avoir obéi aux injonctions de son cbef, M. de Puységur. C'est donc à tort que M. de Ciarens accuse M. Troplong d'avoir fait une faute : commandant des volontaires accusés de ce meurtre, il s'efforce de les disculper, et, pour cda, il rejette le tort sur la malheureuse victime qui n'avait fait qu'aceomplir un devoir et qui ne pouvait plus réclamer contre une imputation injuste.
M. de Ciarens affirme que le coup de fusil était parti d'une fenêtre près de la porte de la Grave; mais de quelle fenêtre t à qui appartenaitelle? Il assure que MM. de Puységur et Troploii;^ l urent désignés ; ai.iis par qui et à qui ? Comment le savait-il ? El s'il le savait , pourquoi n'en prévint-il pas l'autorité compétente? Tout cela nous parait vague, conjectural et inadmissible.
Mais voici Bemadau qui nous assure que Madame réunit an|très d'elle un conseU militaire et que M. Troplong y fit observer que les régiments de ligne ne partageaient pas le dévoûment dé la garde nationale, et y ajouta d'autres observations sensées. Mais où a-t-il puisé ses renseignements sur les observations sensées de M. Troplong? Comment a-t-il osé dire que M. Troplong avait parlé d'une manière si étrange devant la Duchesse? Coninient a-t-il pu dii'e que M. Troplong, siuiple capitaine , avait été appelé au conseil de la princesse ? Comment excuser son troisième mensonge, que le conseil militaire fut tenu chez la Duchesse?
En vérité, on reste confondu, interdit à la vue de cet échafaudage
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NOTES. de tniU di' suppositions f^raluites, âc. tnnt d'erreurs presque palpables , de laiil d'assertions improbfiblos el al)surdc's. La vt^rité est que la Duchesse avait dit qu'il uc falluil plus résister; elle en était coin aîneuc par sa visite aux casernes. Cette volonté positive et raisonnée fut apportée à la garde nationale par M. de Paységnr, qui donna Tordre de se retirer ponr protéger le départ de Madame; qne le capitaine Troplong, par suite de cet ordre , se mit en marcbe à la tète de sa compagnie, et qu'en arrivant à la hauteur de la première file du bataillon des volontaires royaux , il y fui arrêté par les cris de : Halte^là ! vous ne passerez poK ! Que M, iruiilung ayant relevé avec son biihic la Ijuionnette qu'un voloiitairti présenta pour l'empôcher de i)asser ]ilus loin, revul en luêuie temps deux balles qui pénétrèrent jusqu'aux poumons et qu'on essaya en vain d'extraire lorsqu'on l'eut porté dans la maison patemcUe, roe BevUeSam^PicrTe,
Les officiers avaient été convoqués la veille « non pas chez la princesse, comme le dit Bemadau, mais chez M. de Puységur, parles soins du général Decaen; presque tous les officiers opinèrent pour la résistance et affirmèrent qne les habitants étaient déddés k reponsser la force par la force et luèaie à attaquer Clausel. M. Troplong , qui commandait la première eompapiiie des grenadiers de la garde nationale, fut aj)peié a son tour à donner son avis. Moins courtisan que beaucoup d'autres , il le lit avec une généreuse franchise qui lui coûta la vie. li dit que si la garde nationale était réellement dévouée , la garnison ne rétait pas; que la divergence des sentiments était manifeste, et qu'es cas d'attaque, U garde nationale devait naturellement craindre d'avoir à lutter, tout à la fois, contre les troupes de Qansel et les régiments de ligne de la garnison, qui, prenant la défense de leurs frères d'armes^ la surprendrait par derrière. Il ajouta, avec une noble franchise, que. bien qu'il fût sûr du patriotisuic de sa compagnie , il ne répondait po^ qu'elle prit en entier les armes, lorsqu'il la conduirait au feu, parce qu'il y en avait la moitié, composée de marchands et d'artisans, tous pères de famille, qui hésiteraient à compromettre leur avenir et celui de leurs familles, dans une affaire avec des troupes réglées , et, enfin , que les observations qu'il venait de faire sur sa compagnie pouvaient s'appliquer à bien d'autres de la garde nationale.
H. Troplong avait fait les guerres de l'Empire; il avait conquis ses grades et ses décorations sur les champs de bataille ; ou le soupçonnait d'être contre la cause du i ui ; il n'était que loyal et sincère , et M. Da^J Johnston, capitaine d'une autre compagnie, dit au frère du regrettable
Tropiong, quelques jours plus tard : a Votre malheureux frère avait » raison; j*ai compté sur toute ma compagnie, et, au momeat da les » mener au feu, je n'en ai réuni qu'un tiers à peu près. »
Le nom du meurtrier et sa demeure n'ont jamais été comras; auoone
recherche n'a clé faite , aucune enquôtc ordonnée , aucun tcmohi entendu ; la tiibte tia du loyal et rc^frettahle capitainci Ti uploug est enveloppée de mystères ! 1! esi iiiui i en chrétien et en bon Fraîiçais : û portait sur sa poitrine, au moment où tes deux balles la |m r ( n ent, la croix, avec TefiS^'ie du père des Bourbons , et sur son front , la cocarde blaiicbe des rois de France.
On peut compter sur l'exacte vérité de ces détails; je les tiens de rbonorable frère du trop malheureux capitaine; il était présent sur les lieux et devait bien savoir au juste ce qui s'y passait. .
KOTCI.
NOTE XXV, page 526.
KOMS DES FORDATECRS ET BIBKPAlTECaS DE LA CAISSE D'iPAKCNES ET DE
mÉVOYAXGB DE BORDEAUX.
MM
Albrecbt et Uelbruck.
Angoulème (la duchesse d'). Ârchbold.
Bahans (Pierre).
Balgueric aîné (J.-J.;.
Balgucrie (Adolphe).
Uaour Pierre).
Baour (Jeaji-Louis;.
Barennes (Jacqucâ-Germain).
Beauheus [Alexis).
Betbmann (veuve).
Billaudel.
fiisat Junior (Pierre).
Blane-Dutrouilh (Romain).
Boiiiialé et fils, Bosc et 0\
Bosc ^l*icrre] fils ainé.
Boué (P.-A.-L.).
Bouglé (Ëtienuo<-MarcJ.
Bouquet (Jean).
MM
Breteuil (le comte de).
Brown (David).
Brown (David) fils.
Brun (Joseph).
Brunet (LouisJules).
Bryas [marquis de).
Caharus.
Camescasse père.
Castéja (Pierre).
Garayon-Latour (haron).
Garricaburn (Léon).
Chaîne (Michel).
Ghaumel (Antoine).
Chfron-Bourbon (Pierre).
Claiii.i^cran aîné Jean).
Conteneuilli (Victorin de], Couderc (Étiennej.
Coureau (J.-B.).
Carcicr(Étîenne). Danduran (Alexandre).
V Part. 9.
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David aîné (PrançoHt).
Debans Taîné.
Becazcs (le duc}.
Delhos (veuve) et fils.
Ucibuâ (ThMore).
Delesscrt (Benjamin et François).
Descbamps.
Desfoumiels (Jacques-Antoine).
Desmoulins.
Destor (Pierre-Yîneent}.
DUausscz (baron).
Dowliiïfî (T.).
Dowling (J.-J.l.
Dowling père (.lacques).
Dufort (André).
Duffour (veuve).
Duffour-Debarlhe (J.-B.).
Duffour-Dubcrgier.
Dupouy (Jean).
Duiui ( Il Jean-Barthélémy).
Durand a!n^* Mean).
Duron Malincu), Dussunuer cl C**.
Dutiiil (J.-A.).
Duval (Louis).
Duvergier j»" (JMuIien-Marie).
Exshau (Jules).
Faure (Charles).
Féger-KeHitie1(Henri-rh .-Franç.)
Ftylit (Arnaud-i'ierre-iiiiiile;.
Foiissat.
l'ou.ssal lils aîné (Williauij.
Galos (Jacques).
Gautier (Alexandre).
Gautier et C^ Gourgues (vicomte de).
Grangeneuve jeune (MatiricoV Gu^rin-Malagué.
MM
Gaestier (Daniel).
Guilhem (Jacques).
Guilhou (D.).
Guiihou aillé.
Ilarmcnseii (veuve) Brezelâ et C Hovy (H.) et C^ Johnston (David).
Johnston (William).
Johnston (Nathaniel) et fîls.
Jona (Jones).
Lacoste (le comte de).
Lainé (le vicomte).
Larrigaudièreet fils.
Lawton pt-re ^GuiiUuiue}.
Lawlon (IiAlouard).
Lcblond (Jacques).
Lefébure (Jean-Marie).
Lefebvre de Cheveras« archevrq.
Lestapis frères.
Letellier aîné.
Letellier (Jean-Franç. -Joseph'.
Luugchainps (Cisiniir-Pennicrde) Lopès-Dubec (Benjamin}.
Lopès-Dubec (Félix).
Lopi's-Dubee (David).
Loriague (A.).
Haccarthy Junior (John-Bap).
Mao-Daniel.
Manières père.
Mai^^^es fils aîné.
Muriiotiii de Conteneuilb, baroo.
Mareilliac et Cs.
Martignac fils (le vicomte de).
Mathieu (Jean-Baptiste).
Mérillon (J.-Auguste).
Mollier (Jean-Pierre],
Moiibadon (comte de).
Nogncy {P.l.
MM* , Otard.
Paris (Jean).
PeUetreao (J.-A.).
Pettersen (GnstaTe).
Pht'lan ^Bei'iianl;.
Philippon (Aûtoiuej.
Pontel [de).
Portai (baron).
Porta] (Paul).
Preiasac [le comte de).
Raba frères.
Bavez (G.-O.). Richelieu (le doc de).
Rodrigucs Moïse].
Bodi'igues cl Pei pignaiu Rubichon (£ugèue).
MM
Salles flls et Thieubert.
Sarget ^baroii).
Sauvage {Pierre).
Savin (Pierre-Joseph).
Schrodcr el Sehyler.
Schycler (Jean-Georges).
Sers (baron).
Sorbé fils.
Tardieu (J.-B.).
Toumon (leeomte de).
Udriet (Jean-Pierre4lenri).
Verdonuet (David^Jonas).
Vignes (Hugues).
Villencuve-Dui'lort (F.-.Î. de).
Von llemcrt F^**, tl'Kginont el C®.
Wetzel ;^Jean-David).
KOTU.
NOTE XXVI, page 534.
VBR8 DE VICTOR HUGO, A L'OCCilSiOIi l»B LA IfAIWAMCB WB DUC DE BOEDBAVX.
n y a trente-huit aus depuis que l'héritier des Bourbons fut donné à la France :1e poignard de Louvel, qui croyait tarir la soureedn sang royal, ne toî autre chose qu'une idée démocratique. La révolutioB crut qu'a<^ vec l'auguste victime elle allait faire disparaître la recèdes anciens rois
de France; le berceau d'Henri, duc de Bordeaux, vint miraculeusement déjouer ces coupables ei>pérances. La rnnsc de Victor Hulo, qui, hélas! est aujourd'hui tombée dans la houe, puisait st.^ inspirations sublimes dans le ciel; son lyrisme était , |)c>ur ainsi dire, divin, comme celui de Lamartine; ils partageaient alors l'allégresse générale et, organes de l'amour de la France et de sa reconnaissance envers le ciel, ils épanchaient leur joie dans ces vers que nous croyons devoir reproduire. Écoulons la muse de Victor llugo :
NAISSAKCE DU DUC DE BOnDEAUX.
0 joie! 6 triomphe! ô mystère!
Il est né rBnfent glorieux, L*Angc que promit h la terre Un martyr imrtanl poar le$ ciciix!
Digitizea by <jOO^tt:
L'iiYcllil Vt»lle se levèle.
Salut ;i la fl:iinnic nouvelle Qui raiiiiiii' l'ancien llainljoaii î Honneur ii la preniitrc aniuie, O jeune lis qui viens (l iH lore , Teiidrc fleur qui sors d'un tuinl)cau!
C*esl Dieu qui Ta donné, le Dieu ie la prière : La eloche» balancée aux tours du sanctuaire , Comme aux jours du repos, y rappelle nos pas. C*e8t Dieu qui Fa donné, le Dieu de la victoire! —
Chez les vieux martyrs de la gloire Les canons ont tonné comme au jour des comlnts*
Ce bruit si cher k ton oreille,
Joint aux YOix des temples bénits,
N*a-t-il donc rien qui te réveille,
0 toi qui dors b Saint-Denis?
Lève-toi! Henri doit te plaire
An sein du berceau populaire ;
Aceonrs, 6 père triomphant!
Enivre sa lèvre trempée.
Et viens voir si ta grande épèe
Pèse aux nnins du royal en&nt.
Honneur au rejeton qui deviendra la tige! Henri , ttoovean Joas, sanvé par un prodige, A lH»mbre de raalel, croîtra vainqueur du sort; Un jour, de ses vertus notre France embellie ,
A ses smnrs, comme ComéHe, Otra : Voilb mon fils, c'est mon plus beau trésor.
() loi , de ma pitié profonde Hc(;(Ms rhoinma;;e soiciiiif.] , iiiiiiiblc otijel iics l'i^^ardsdu lUondc, Prive du iv^anl paternel!
iMiissos-tu , lU' dans la soulTunre, Et ili' Li mi re et di' la France Consoler la luiti;uc duuleur f Que le bras divin l'environne, Et puisse , ù Bourbon , la couronne Pour toi ne pas être un malheur!
Oui , souris. Orphelin, aux larmes de ta mère;
Écarte, en te jouant, ce crêpe funéraire
Qui voile ton berceau des douleurs du cercueil;
Digitizea by <jOO^it:
— GKi —
Chasse ]c iioir passé qui noas attriste encore ; jvotcs.
Suis k nos yeux comme une aurore! Rends le Jour et la Joie k notre ciel eu deuil.
Ivre d'espoir^ ton Roi lui-même.
Consacrant le Jour otk tu nais , Timpose , avant le saint iMptènie , Le baptême du Béarnais.
La Veuve t'offre k rOrpbeline !
Vers toi, eonduitpar l'Héroïne, Vient ton Aïeul en cheveux blancs; Et la fbule, bruyante et fière.
Se presse h ce Louvre, ou naguère, Muette, elle entrait b pas lents.
(îuerriers, peuples, chnntu^; Bordeaux, lëve ta tétc, Cité qui, la première, aux jours de la conquête, Hcndue aux fleurs de lis, as picMiam*^ ta foi. El toi, que le Martyr aux cuiiihat^^ ciU guiUce,
Sors de ta douleur, ô Vtridci ' Un rui naît pour la France, un soldat iiaii puui toi.
Rattaebes la nef b bi rive :
La Veuve reste parmi nous, Bt de sa patrie adoptive Le ciel lui semble enfin plus doux.
L'espoir b la France rencbalne :
Aux champs o(t fut frappé le chêne Dieu fbit croître un Taible roseau.
L'amour retient l'humble colombe ; Il faut prier sur une tombe.
Il faut veiller sur un berceau.
Nais que les deux voleu» s'éveillent!
Que le souffle du Dieu Jaloux Des sombres géants qui stHumeillent Rallume enfin l'ardent courroux ; Devant les fiots brûlants des laves, Que seront ces bautains esclaves.
Ces chefs d'un jour, ces grands soldats Y Courage! ê vous, vainqueurs sublimes!
Tandis que vous marchex aux crimes, La terre tremble sous vos pas !
Ueste au sciii <U'ï> l"niiii:ais. o lilk lie Sirilc !
^e fuis pas, pour des hoi-dsd ou le bonheur s i-xile.
Digitizeu by <jOOgle
iiortB. Une terre où le li« se relève imiBortel ;
— Ot du Peuple et des Raie Vunloft salutaire
N*e9t point cet Hymen wlullère Bu trûne et des partis, des eainps et de l'autel.
Nous ne craignons phis les teiupétcs' Bravons l'horizon int^naçanl :
Les forfaits qui ch;iii.'.';ii(>nt nos lêtcb Sont racheter pur i'iniiocLiil!
Quand les nochuis dans la lounueulc, Jadrs voyaient Tonde écuniante Entr'ouvrir leur frêle \ai^st*au.
Sûrs de lu clémence étemelle, Pour sauver la nef criminelle.
Ils y suspendaient un berceau.
Octobre i820. Victor Hugo.