‹ Histoire compléte de Jeanne d'ArcChapitre 20 sur 41 · Aperçus nouveaux..., p · texte numérisé non relu

Aperçus nouveaux..., p

88 l'abjuration de jeannë d'arc.

et c'est tout. Dans l'espèce, qu'on nous permette d'en faire l'observation, sa parole ne suffit pas; elle ne suffit pas plus que n'a suffi la parole de P. Gauchon lui-même.

Dans la discussion ouverte plus haut sur ce sujet, nous ne nous sommes pas borné à opposer une parole à une autre parole, une simple affirmation à l'affirmation contraire. Nous avons présenté, à l'appui de notre thèse, des preuves en règle. Nous avons soutenu, entre autres choses, qu'aucune règle de critique historique n'autorise à conclure, sans raisons exceptionnelles, qu'un document de six à huit lignes doit être jugé le même et, en réalité est le même qu'un document de cinquante à soixante. Tant qu'on n'aura pas produit ces raisons exceptionnelles, — et l'auteur des Aperçus nouveaux ne l'a pas fait, — notre thèse subsiste, et nos conclusions sur l'existence d'un faux, dont la responsabilité incombe à l'Évêque de Beauvais, gardent toute leur valeur.

Si l'on nous opposait les explications données par J. Quicherat pour montrer comment les deux cédules, dont parlent les témoins des deux Procès, la courte et la longue, ont pu être identiques et revenir au même, nous répondrons que des explications concernant un fait douteux n'établissent pas la réalité de ce fait. L'identité des deux cédules est un fait douteux, leur existence et leur, distinction seules sont certaines. Qu'on prouve d'abord le fait de l'identité, et, quand on l'aura prouvé, on expliquera comment il a pu se produire. Nos pères en critique historique disaient dans un latin un peu barbare : « Prius est esse quam esse taie. » Nos pères avaient raison, et c'est le cas de s'en souvenir.

Le défenseur de l'Évêque de Beauvais s'attache à mon-

Page 1