‹ Histoire compléte de Jeanne d'ArcChapitre 4 sur 41 · VIII AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AYANT-PROPOS

près, les faits répondent qiril y a eu un semblant d'abjuration, une prétendue abjuration; mais de véritable abjuration canonique en cause de foi il n'y en a pas eu, et, vu la manière dont les choses se sont passées, il n'a pu y en avoir.

Du côté des juges, la scène du cimetière Saint-Ouen n'a été que la parodie criminelle de Pacte i>rave et solennel que la langue théolog'ique désig-ne sous le nom à\Abjuj^ation, A tout prix, il fallait à ces jug'es un acte de l'accusée qu'ils pussent faire prendre au public pour une abjuration efTective. Ils ne purent lui donner en spectacle une abjuration selon les règles; ils lui en donnèrent la parodie et la contrefaçon.

Du côté de la Pucelle, dans les conditions morales où l'acte qui lui fut arraché se produisit, cet acte n'a été qu'un acte de haute vertu. En s'y prêtant, Jeanne ne céda qu'au motif le plus louable : témoigner son amour envers l'Eglise et en donner une preuve au tribunal qui la représentait. Dans les engfagements qu'elle souscrivit, il n'y avait rien que d'acceptable et d'irrépréhensible.

Ainsi, en ce qu'on appelle l'abjuration du cimetière Saint-Ouen, moralement et théologique-

AVA.M-PKOPUS. IX

iiieiil, Jeanne n'a été eoiipahle à auciiu dei»'i'é, pas plus d'une offense contre Dieu (jue d'une faute contre la délicatesse, le patriotisme et riionneur; judiciairement, elle a été victime et elle n'a été que victime : victime de ses ennemis qui, se servant de ce semblant d'abjuration comme d'une arme empoisonnée, comptaient la frapper mortellement en son honneur de jeune fille, de chrétienne, de franç^'aise, en attendant qu'ils lui fissent subir le supplice effroyable réservé aux relaps.

En reprenant ce sujet, sur l'invitation (ju'un Prince de l'Eglise nous a fait l'honneur de nous adresser, nous n'avons nullement l'intention d'atténuer, d'infirmer les conclusions formulées dans notre Histoire, mais plutôt de les corroborer par l'étude critique de^^ddcuments, par le ï-rlpprochement des témoignai^es , par une discussion plus serrée des textes, par un examen approfondi des questions théologiques, canoniques et morales que ces textes soulèvent, de manière à projeter une pleine lumière sur les solutions auxquelles le problème posé aboutit.

Un des érudits qui connaissent le mieux l'histoire de Jeanne d'Arc et celle de notre quinzième siècle, M. Léo])()l(l Delisle, de l'Inslitut,

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