‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 127 sur 306 · Procès, t. II, p. I\!\\. Déposition de Durand J^axart · texte numérisé non relu

Procès, t. II, p. I\!\\. Déposition de Durand J^axart

a. La Chronique de la Pucelle fait tenir à Jeanne, parlant à Baudricourt, le propos suivant : « Capitaine messire, sçachez que Dieu, depuis aucun temps en çà. m'a plusieurs fois faict à sçavoir et commandé que j'allasse vers le gentil Dauphin, qui doibt estre et est vray roi de t'rance, et qu'il me baillast des gens d'armes, et que je lèverois le siège d'Orléans et le mèncrois sacrer à Reims.

« Lesquelles choses messire Robert réputa à une moquerie et dérision, s'imaginnnt (jue c'cstoit un songe ou fantaisie. ^) (Jp. cit., pages 271, 272.

Bertrand de Poulengy, que nous avons suivi, rapporte ce qu'il a ouï de ses oreilles; Cousinot de Montreuil ne parle que d'après ce que d'autres ont dit. L'un et l'autre, d'ailleurs, résument en un seul propos le langage que Jeanne dut tenir en plusieurs reprises dans ses deux séjours a Vaucouleurs. Ainsi, en mai i/jaS, elle ne pouvait parler du siège d'Orléans qui commença seulement en octobre de la même année.

2 54 I-^ JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.

12 février 1429. Ouelques jours après, vers la mi-carôme en effet, Jeanne rejoig-nait le Dauphin à Chinon, et lui apportait, de par Dieu, le secours annoncé.

L'insuccès de son voyage à Vaucouleurs ne découragea pas la fille de Jacques d'Aïc; d'ailleurs., ses Voix l'avaient prévenue. Rentrée auprès des siens, elle attendit le moment favorable pour la nouvelle démarche, plus heureuse cette fois, qu'elle devait tenter. Car elle restait toujours absorbée, obsédée, si on pouvait le dire, par une seule et même pensée : si bien que Jeanne, jusquelà si tiuiide et si discrète, Jeanne qiii n'avait encore osé dire un seid mot de ses projets à ses parents et à ses compagnes, en vint, hors de chez elle, à ne plus g-arder le silence. Rencontrant un garçoii du villag'e, nommé Michel Lebuin, quelques semaines après son retour à Dornremy, elle lui dit : « Sais-tu bien qu'il y a entre Coussey et Vaucouleurs une jeune fille qui mènera sacrer le roi à Reims ' ? »

Elle s'ex|)rimait ainsi le 2.3 juin, veille de la fête de saint Jean-Ba[)tis(e.

Le seul partisan des Bourguignons qu'il paraît y avoir eu à Dornremy était peut-être un certain Gérardin d'Epinal. Par amitié pour sa femme. Jeannette avait tenu sur les fonts un de ses enfants. Peu de temps avant son voyag-e à Vaucouleurs, elle lui dit d'un air enjoué :

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