‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 196 sur 306 · LA COMMISSION DE POITIERS · texte numérisé non relu

LA COMMISSION DE POITIERS

{Suite et fin.)

I. Après l'enquête docIriiKtle, l'enquête mililaire. — Jean Cliarlier

et Perceual de Ca(/ny. — (Jljstiicles du côté de la loi salique et de l'opinion.

II. Retour des religieux envoyés à Doniremy. — Fin de l'enquête de la Commission. — Rapport au Roi, décision qu'il arrête.

III. Portée considérable du rapport de la Commission de Poitiers. — Appréciations de Jacques Gélu, archevêque d'Embrun, et de Cerson.

IV. Fin des préliminaires de la mission de Jeanne d'Arc. — 7'ableau en raccourci que l'Envoyée de Dieu présente de celle mission et des yaranties à l'appui.

Les prélats et les docteurs qui avaient été convoqués à Poitiers n'étaient pas les seuls à interroger la Pacelle et à s'enquérir de ce qu'elle comptait faire. Avec la franchise et la sinqilicilé que l'on admira toujours cliez elle, Jeanne ne cachait pas son intention de combattre les Anglais et de se mettre, quoique jeune fille, à la tète des iiommes d'armes que le Dauphin lui, donnerait. C'est pourquoi, tandis que les maîtres en théologie lui parlaient en gens d'Eglise, les seigneurs et chevaliers qui formaient la cour de Charles VII lui parlaient en hommes de guerre et lui faisaient, eux aussi, subir un cxa-

SyO LA JEUNESSE DE JEANNE d'aUC.

ineii de leur fa(;oii. II faut eu tendre sur ce sujet Jean Gliarlier et le chroniqueur Perceval de Cag-uy.

Jean Charlier rappelle d'abord les questions faites à la Pucelle « pour sçavoir qui la mouvoit de venir devers le Roy. — Adonc fut examinée et interrog-ée diligemment par plusieurs saig-es clers et autres gens de.plusieurs estats. Et elle respondit qu'elle venait pour mctire le Roy en sa seigneurie, et que Dieu ainsy le vouloil, et qu'elle lèveroit le siège que les Anglois tenoient devant Orléans, et qu'elle vouloit combattre les Anglois quelle part qu'elle les pourroit trouver; car de lever ycellui sièg-e, de mener le Roy couronner à Rains, de desconfire et débouter les Ang-lois, elle n'en fiiisoit aucun doubte. Et disoit plusieurs autres choses merveilleuses. »

Après quoi, Charlier ajoute :

« Et au reg"ard de la g'uerre sembloit qu'elle en fust très fort expérimentée, et s'esmerveiiloient plusieurs docteurs el capitaines des responses qu'elle faisoit, tant de la chose divine, que de la guerre". »

Perceval de Cag-ny renchérit encore sur le lang'age du chroniqueur de Saint-Denis. Il y a plaisir à entendre ce témoignag-e si simple d'expression et si naïvement ad mirât if.

La Pucelle, à Chinon et à Poitiers, « disoit de moult merveilleuses choses en parlant de Dieu et de ses saints, et disoit que Dieu l'avoit en\oyée à l'ayde du g-eiitil roy Charles, au fait de sa g'uerre. De quoy le Roy et tous ceux de son hostel et autres, de quelque état qu'ils fussent, se donnèrent de très grant merveilles de ce qu'elle

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