LE GREFFIER DE LA ROCHELLE, RELATION EXTRAITE
DU LIVRE NOIR DE l'iIÔTEL DE VILLE.
En 1877, l'éditeur des deux Procès de Jeanne d'Arc, J. Quicherat, publiait dans la Revue historique de juillet (2» année, t. IV) une relation sur la Pucelle qui mérite de prendre place à côté des Chroniques dont nous venons de parler.
« Cette relation, dit J. Quicherat, dans la Revue historique, est un extrait fait au quinzième siècle de l'un des rej^is-
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tros depuis long-temps détruits de l'hôtel de ville de La l\ochelle. Le manuscrit existe à la Biljliotliè({ue publique de La Rochelle. Il forme un cahier qui s'annonce sous ce litre : Extrait de la matricule des maires, esc/ievins de la ville de La Rochelle, contenue au Livre noir estant en parchemin, dans lequel sont incérez les choses qui sont survenues de remarque et dir/nes de mémoire en chacune mairie.
« Le sujet du morceau est un récit des actions de la Pucelle depuis son arrivée à la cour de Charles VII jusqu'à sa mort. » Ce n'est pas a une histoire suivie; mais plusieurs points sont traités avec une véritable ampleur et présentent des détails tout à fait nouveaux.
« Il n'y a pas de doute possible au sujet de l'auteur. Ce fut le greffier de l'hôtel de ville de La Rochelle en exercice pendant les deux années où se renferme la carrière de Jeanne d'Arc. Son témoig-nag-e est celui d'un contemporain, non d'un témoin oculaire. On discerne parmi les éléments de sa relation des choses de provenance officielle, et d'autres qui ont le caractère de simples on-dit. »
Selon toute vraisemblance, ce travail aurait été « exécuté après la tentative infructueuse sur Paris au mois de septembre 1429. D'après cela, la relation rochelaise peut prétendre à figurer comme la première en date des Chroniques relatives à Jeanne d'Arc ' ».
Après avoir donné cette Relation du Livre noir de La Rochelle dans la Revue historique, dirigée par MM. Monod et Fagniez (t. IV, juillet 1877 : Avant-propos, pp. 827-336; texte, pp. 336-344): J- Quicherat l'a publiée en brochure in-S", à un petit nombre d'exemplaires, introuvables aujourd'hui, chez Herluison, libraire à Orléans, en 1879 '.
Le lecteur s'étonnera peut être de l'intérêt que la ville de La Rochelle prenait aux faits et gestes de la Pucelle. Il se l'expliquera aisément, s'il veut bien se souvenir de l'attachement des Rochellais à la France et de leur aversion pour l'Angleterre. Le traité de Rrétigny les livrait aux Anglais;