‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 43 sur 306 · I\ymeh, Fœdera..., 21 mai \l\^o · texte numérisé non relu

I\ymeh, Fœdera..., 21 mai \l\^o

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3" (( Aiissilùt après son trépas, et dès lors on avant, la couronne et le royaume de France seraient et demeureraient perpélucllement au roi Henri et à ses licriiiers » ;

4" Quand Cliarles VI ne pourrait, sa vie dni'ant, g-ouverner la cliose publique, la faculté en appartiendrait à son fils, le roi Henri ;

5° Son fils, le roi Henri, travaillerait à remettre en l'obéissance de Charles VI les villes et châteaux an pouvoir du parti appelé du Dauphin ou d'Armaçnac.

Un article spécial disait à propos du Dauphin :

« Considéré les horribles et énormes crimes perpétrés audit royaume de France par Charles, soi-disant Daupiiin, il est accordé que Nous (Charles VI), notre dit fils le roi d'Ang-leterre, et aussi notre cher fils le duc de Bourgogne, ne traiterons aucunement de paix avec ledit Charles, sinon du conseil de nous trois et des trois Etats des deux royaumes dessus dits '. »

Ce traité avait été préparé et rédig-é par les ambassadeurs du roi d'Angleterre, par ceux du duc de Bourgog-ne et par les délégués de l'Université de Paris qui était gagnée à la cause des Anglo-Bourguignons.

Le 2 juin, après la promulgation du traité de Troyes, le mariage du monarque anglais et de la princesse Catherine était célébré magnifiquement dans l'église Saint- Jean de la même ville. Henri de Savoisy, archevêque de Sens, le bénit. Les nouveaux époux renvoyèrent au mois de décembre leur entrée solennelle dans la capitale du royaume. Le lendemain de ses noces, Henri V donna un

I. Voir le texte du traité dans Monstrelet, Chronique, liv. I, chap. ccxxv, t. III, pp. 390-/102 de l'édition citée.

ANGLAIS ET FKANÇAIS DK iSsB A l/jaQ. IO7

fesliii à Charles VI, au duc Philippe le Bon et aux seigneurs présents; puis il p;irlit pour aller assiéger Sens. La ville se rendit après six ou sept jours de résistance (i I juin 1420*). A Montereau, dont la g-arnison se réfug-ia dans le château, le duc de Bourgogne fit embaumer le corps de son père. Le capitaine du chtàleau, le sire de Guitry, refusant de se rendre, Henri V fît pendre les prisonniers. Cependant la garnison traita peu après et eut la vie sauve (i'^'' juillet 1420 ').

Le roi d'Ang-leterre parut ensuite devant Melun avec Charles VI et les deux reines. Barbazan, qui commandait la place, opposa la plus vive résistance. La famine seule le décida à se rendre (17 novembre 1420-''). Henri V abusa de sa victoire jusqu'à faire metire à la torture ce vaillant capitaine et à le faire enfermer dans une cag-e de fer, à Château-Gaillard, en Normandie.

Après la prise de Melun, Henri d'Ang-leterre et la jeune reine firent (i*"' et 2 décembre) leur entrée solennelle dans Paris. Le roi Charles VI, la reine Isabeau et le duc de Bourg-og-ne étaient avec eux. Les rois de France et d'Angleterre et le duc Philippe entrèrent par la rue Saint- Denis, le i*^'" décembre, et les deux reines, le 2 décembre, par la porte Saint-Anloine. Le moment était mal choisi. L'enthousiasme qui parut accueillir les souverains fut très borné et de commande. La famine régnait dans la capitale. « Un pain qu'on avait au temps devant pour

1. Monstrelet et Lefèvre de Saint-Rémy parlent de douze jours. Or, le roi d'Ang-leterre n'était parti de Troyes que le 4 juin, mardi, et la place capitulait le mardi suivant, 11 juin. Le lendemain, la, la nouvelle en arrivait à Paris. {Journal d'un Bourgeois de Paris, p. i4o. Édit. Alexandre Tuetey; in-80, Paris, 1881.)

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