CIIAP. II. A DOMREMY, LES DEUX FOYERS
liéroïiie clé[)Osail, à renquête de la réhabilitation, avoir ouï lire un roman (c'est-à-dire un récit, conte ou historiette en langue vulg-aire) où Ton disait que dans les temps anciens, un seig-neur de Bourlemonl, nommé Pierre Granier, chevalier, et une dame Fée se donnaient des rendez-vous sous le Bel Arbre et y conversaient ensemble '.
Les Fées, ajoutait un autre témoin, se plaisaient en cet endroit : elles y venaient volontiers et y dansaient". Une marraine de Jeannette, tenue pour bonne et prude femme, l'épouse du maire Aubérj, prétendait les y avoir vues^. A la vérité, depuis quelque temps les Dames Fées ne paraissaient plus sous le Beau Mai; selon les uns, parce que les péchés qui se commettaient rendaient les populations indignes de les voir"^; selon les autres., parce qu'on s'était mis à venir chaque année lire sous cet arbre l'Évangile de saint Jean-\
Au commencement du quinzième siècle, le Beau Mai appartenait au chevalier Pierre de Bourlemont, seigneur de Domremy. C'était l'usage, dans sa famille, quand elle séjournait au château de l'isle, d'aller à de certains jours se promener et s'ébattre à l'ombre du Bel Arbre. Le premier jour choisi était le quatrième dimanche de Carême, dit Lœlare (mot par lequel commence l'introït de la messe). On faisait de même à divers intervalles durant le printemps et la belle saison, parce que alors « l'arbre était beau comme les lis, large, touffu : ses
1. Déposition de JeanneUe^ veuve Thiesselin. Ibid , p. i\ol\.