Ibid,, j). II
l86 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE )) . PHASE GUERRIERE.
Journal du siège la raconte de telle manière qu'elle semble avoir précédé celle campagne'. La Chronujue de la Pucelle n'aborde le récit de cette scène qu'après Eivoir raconté la prise de Jarçean et le retour de Jeanne à Orléans*. Il suivrait de là que la Pucelle serait allée d'Orléans au château de Loches, ou que Charles VII serait venu de Loches à Orléans. Or, les deux hypothèses sont en opposition avec les faits. Jeanne n'alla point à Loches après Jargeau, et le Roi ne vint point à Orléans. Il se rendit quel(]ue temps après au château de Sully-sui-Loire, mais sans arrêt ni séjour dans le cheflieu de l'Orléanais. C'est donc au château de Loches, avant la campai^ne de la Loire, et dans une audience accordée à la Pucelle et à Dunois. (ju'il convient de placer la scène dans laquelle « la Fille de Dieu » parle de son céleste Conseil.
La campaî^ne de la Loire arrêtée, on s'occupa sans retard de la formation de la petite armée. Rentré libre en France depuis 1/127, le duc d'Alençon venait d'acquitter le prix de sa rançon, a Et pava bien deux cens mille cscus tl'or-'. » Il était donc libre de tout eng-ag-ement envers les Anglais; il pouvait, sans forfaire à l'honneur, marcher contre eux et les combattre. Le Roi lui confia le commandement général; mais, à raison de son inexpérience et de sa jeunesse, — il n'avait que vingt-quatre ans, — la Pucelle, qui venait de donner la mesuie de ses qualités guerrières, lui fut adjointe, avec ordre au duc de ne rien faire sans son approliation.