P. DE Cagny, p
lOO JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE ». PHASE GUEHRIERE.
(( dr;ii sauf, en un état aussi bon ou meilleur que son <( état présent '. »
La démarche de la jeune g-uerrière et de Dunois auprès de Charles VII à Loches, en vue de la campag^ne de la Loire, avait eu lieu dans le courant du mois de mai. Le 2 juin suivant, le Roi, désiieux d'être agréable à Jeanne et de reconnaître ses services par un témoignag"e public de son bon j)laisir, \(Hilut (pi'elle eut un blason digne d'elle et de lui. Ce l'ut un «îcu d'azur à deux lleurs de lis d'or, et une épée d'argent à la g^arde dorée, la pointe en haut, surmontée d'une couronne d'or. Ce blason, Charles l'octroya à Jeanne d'Aïc eu la ville de Chinon, de l'avis de son conseil. .Jeanne n'en usa jamais; il ne sei- \it (pi'à sa famille'.
D'après des Lettres patentes de Louis XIll, en date du 25 septembre 1612, Charles VII aurait permis en même temps aux tVères de la Pucelle de porter ces armes, eux et leur postérité, et par la même occasion, il les aurait autorisés à prendre le nom de Du Lis-*.
1. Procès, t. m, p. ()(\. Sans en donner les raisons, J. Oiiichorat, Berrial Saint-I^rix {Procès, t. V, p. 379) cl licaucoup d'Iiistoricns avec eux, placent ceUe visite de la l'ucelle à Sainl-Florent-iez-Sauniiir vers la Hn d'avril; ce qui païaît inadmissible.
2. Procès, t. I, p. 117. l'reniier interrojj^atoire du 10 mars, dans la prison. — Dans cet interroiçaloire, la Pucelle donne à entendre que ses frères avaient exprimé le désir d'avoir des armes et un blason. « Son roy, dit-elle, donna des armes à ses frères. /Icni, dit que ce fut donné par son roy à ses frères, à la plaisance d'eulx, sans qu'elle le demandât et sans révélation. » {[hid., pp. 117-118.)
3. Dans ces Lettres, Louis XIII s'exprime ainsi : d Comme sous Charles VII d'heureuse mémoire, il eust pieu à Dieu de susciter cette magnanime et vertueuse fille, nommée Jeanne d'Arc, en recognoissance de ces grands et signalez services, par un privilège spécial dudit seigneur roy Charles VII, lui fut permis, ensemble à ses frères et à leur postérité, de porterie lis tant en leur nom qu'en leurs armoiries qui dès lors leur furent octroyées, d [Procès, t. V, pp. 22O, 227.)
cil. XIX. CAMPAGNE DE LA LOIRE. PREPARATION. 189