JEANNE D ARC A ORLEANS ET A SULLY-SUR-LOIRE
Le dimanche malin, 19 juin, Jeanne d'Arc, le duc d'Alençon, les capitaines el les hommes d'armes qui avaient combattu à Patay rentrèrent à Orléans. Ils furent reçus avec grande joie par « les gens d'Eglise, bourg-eois et commun peuple », (pi'émerveillaient des succès si inattendus. Et ce n'étaient pas seulement l'es Orléanais qui témoignaient leur admiration; mais, en ces jours, il fut beaucoup parlé de ces choses entre seigneurs, chevaliers, écuyers, gens de guerre « et toutes gens de
quelque état qu'ils fussent ». Et ils ne pouvaient se lasser d'admirer « les ^^randes aventures de guerre qui, le samedi d'avant, étaient advenues par l'entremise de la Pucelle à elle et à sa compag^nie ' ».
(( Et, par spécial, .lehanne la Pucelle acquit en ces besog-nes si grandes louanges et renommée, (ju'il sem- Itlail <|ue, par son moyeu, le Roy dût ètie remis et reslai)li du tout eu son royaume'. »
Et l'on disait que si on « eust voulu poursuivre, ou eus! chassé lesdils Anglais jusques à la mer, vu le courage (pic chacun avoit, car un h'rançais eust abattu dix Anglais 3 ».
Les fidèles Orléanais ne doutaient pas (pie, à celle occasion, (Iharlcs VII ne vînt en leiircilé se réjouir avec eux de l'heureuse issue de la campagne, féliciter leur lilxMahice à qui les chefs de l'armée se recoiuiaissaient eux-mêmes redevables de leurs victoires, et rendre grâces de tout à Dieu par des prières publiques et solennelles. Dans celle allenle, ils (endirent les rues de draperies el [)avoisèient leurs maisons. Préparatifs inutiles! Le jeune roi ne bougea pas de Sully; « dont aucuns ne furent mie contents'^ ».
C'esl dans cette résidence que Jeanne, le duc d'Alençon el les principaux capitaines allèrent raconter à Charles VII les détails de la campagne ^ La Pucelle présenta au gentil Dauphin les chevaliers et seigneurs
1. Percuval de Cagny, l^rocès, t. IX, p. 17; — (Ihronique de la Pucelle, p. 3o8.