Journal du siège, p. loG; — Guillaume Gruel, p. -j
qu'il n'avait à cœur d'accorder sa requête à la libératrice d'Orléans. Charles VII « faisait du tout au tout ce qu'il plaisait au dit seigneur de La Trémoille », et c'est pour « lui plaire qu'il ne voulut souffrir que le connétable vînt devers lui' ». Le cliàlelain de Sully-sur-Loire savait qui élait Richemont; la présence auprès de Charles de ce rude homme de guerre n'eût pas tardé — le favori n'en pouvait douter — à battre en brèche sou crédit et à compromettre sa faveur.
D'autre part, La Trémoille était bien aise de pjouver à la Pucelle ([u'elle devait compter avec lui, en dépit de la confiance et du bon vouloir que le Roi, livré à luimême, n'hésilait pas à lui témoigner. Le connétable reçut donc à Beaugency l'ordre de « s'en retourner en sa maison ». Les seigneurs de Beaumanoir et de Rostrenen, qu'il envoya à La Trémoille lui-même pour essayer de le fléchir, ne rapportèrent pas une réponse plus favorable. Richemont dut renoncer à suivre Charles VII à Reims. S'il eût assisté à la cérémonie du sacre, il eût eu de plein droit l'honneur de porter l'épéede connétable devant le jeune roi dans le chœur de la cathédrale. 11 dut en faire le sacrifice. Regagnant sa seigneurie de Parthenay, il n'en continua pas moins de comballie les Anglais et de défendre la cause nationale^.