Journal du sièye, p
sans qu'ils s'en doiilasserit, rendre aux troupes de Charles le plus grand des services.
Mais c'est dans la capitale que frère Richard obtint par ses prédications le succès le plus complet, succès d'enthousiasme, succès d'œuvres et de conversions. Le i() avril, il prêchait à Sainte-Geneviève son premier sermon. Le lendemain et les jour's suivants jusqu'au dimanche, il se fît entendre dans le cimetière des Innocents', du haut d'un échafaud (pi'on y avait dressé, à l'endroit delà Danse macabre, vouant au feu tous les jeux et objets de p:îrure et de vanité. Il commençait ses prédications dès cinq heui'es du malin et ne finissait qu'entre dix et onze heures. De cinq à six mille auditeurs ne cessaient de se presser autour de lui pour entendre sa parole. La veille du dimanche où il devait prêcher à Montmartre pour la dernière fois, plus de six mille personnes couchèrent « aux champs en vieilles masures et où ils purent mieux" ».
A son dernier sermon, le 29 avril il{2(), il dit « que l'an qui serait après, on verrait les plus grandes merveilles que on eût oncques vues-^ ».
Mais ce que les prédications du moine cordelier eurent de remarquable fut moins le concours qu'elles produisi-
1. La place des Innocents était d'abord un cimetière et une voirie. IMiili[ipe-Aus;uste l'enserra de murs et lui donna pour patron saint Innocent, enfant martyrisé par les Juifs. Au quatorzième siècle, on y l)àtil une éçlise. Tout autour de la place, on établit des charniers à un élaoe. Sous les arcades de ces charniers, on mettait les tombes principales, et dans les ij^reniers au-dessus les ossements retirés des fosses. A l'extérieur étaient adossées des boutiques de marchands et d'écrivains.
Sur la Danse nuicabre, voir la iXole aux Pièces jiistijtcativcf;.