Ibid
3. Ihid., p. 236. — Les ni;indras;^ores étaient des racines de forme étrana,e que les sorcières donnaient à leurs clients, leur assurant que tant ([u'ils les t^arderaient ils seraient en prospérité et richesse. On les gardait enveloppées en des tissus de lin ou de soie, et on attendait avec confiance la fortune promise.
C'était une superstition fort répandue en ce quinzième siècle. A Ilouen, les juges de Jeanne l'accusèrent d'en avoir gardé une. {Procès, t. L, pp. 89, 21 3.)
intima l'ordre de sortir de la capitale et de l'Ile-de- France'.
Frère Richard partit dans la nuit du 3o avril et prit la route de la Bourgoi^ne et de la Ciianipagne", C'est dans le cours de ses pérégrinations que le bruit public porta à ses oreilles les nouvelles de la levée du siège d'Orléans, de la réduction des places de la Loire et de la victoire de Patay.
Le moine cordelier sentit alors naître en son cœur un vif désir de voir de près la jeune fille à (|ui l'on faisait honneur de ces succès inespérés. Il avait des prétentions à l'inspiration prophétique. Jeanne la Pucelle [)assait aussi pour prophélesse. N'assurait-on pas qu'avant d'accomplir ces g"lorieux faits d'armes, la jeune g'uerrière les avait annoncés et prédits?
En conséquence, frère Richard se rapprocha de Gien, où l'on préparait la campag-ne du sacre. Quand la petite armée royale se mit en marche, le prêcheur demanda la faveur de se joindre à la suite du Roi, afin d'être dans le voisinage de l'héroïne. Lorsqu'on fut à la recherche d'un messag-er pour porter aux habitants de Troyes la lettre que Jeanne leur avait écrite de Saint-Phal, frère Richard s'empressa d'offrir ses services, en invoquant les bons rapports qui avaient existé entre les Troyens et lui.
Les ofTres du moine furent acceptées, et il se mit en mesure de s'acquitter de son message. Toutefois, ces choses ne se traitèrent de Jeanne à lui que par intermédiaire. Avant (jue la vierge lorraine arrivât sous les murs de Troyes, IVère Richard n'avait encore jamais osé l'aborder et lui adresser la parole.