PERi^EVU. DE CVGNY, PrOcès, t. IV, p
CHAP. XXIV. CAMPAGNE EE l'iLE-DE-FRANCE. 353
que « s'ils voulaient sortir pour conihatlre, les Français se retireraient à distance et leur laisseraient le champ libre, afin (ju'ils se missent en leur ordonnance ».
Le Récent resta insensible à ce défi. Les combats isolés se succédèrent, assez meurtriers toutefois, car de part et d'autre il y eut environ trois cents tués. La plus rude aft'aire se produisit sur le soir entre les Ecossais et autres gens du Roi et les Picards qui servaient dans les rangs des Anglais; elle dura bien une heure et demie.
Charles VII ne cessa d'encourager ses gens [)ar sa [)résence. « Plusieurs fois, il chevaucha assez loin de ces trois corps de batailles par-devant l'armée des Anglais'. » Son favori, le sire de La Trémoille, voulut lui aussi faire montre de courage et briller aux regards de son souverain. Dans une des nombreuses escarmouches qui remplirent la journée, il s'était avancé, la lance au poing, au milieu des ennemis. Son cheval étant tombé, le favori roula piteusement dans la poussière. Rien lui. en prit d'être secouru à temps, car on ne faisait pas de grâce, et des deux C(Més « il n'y avait ni piété ni miséricorde' ».
Le jeune Roi retourna le soir à Crespy. Quant à Jeanne et aux troupes, elles passèrent la nuit sur le terrain, à une demi-lieue des lignes anglaises. Le lendemain malin (iC août), la Pucelle feignit un mouvement de recul dans la direction de Montépilloy, espérant que l'ennemi, prenant ce mouvement pour une retraite, se mettrait à sa poursuite. Elle attendit jusqu'à une heure après midi. Alors elle fut informée (|ue les Anglais avaient profité de