PiiiicEVAL DE Cagny, Procès, t. IV, pp
3. P. Cochon, Chronique nor//i(i/i(ie, pp. /i-^>*J-4'"'7- (A la suite de la Chro/iif/iie de la Pucelle, édit. de N'allet de \'iriville.) — L'auteur de cette chronique n'a rien de coiuniuii avec Pierre Cauchon, évèipie de Beauvais. L'évèque de lîeauviiis élail Ghanipenois, et le clironiqueur était Normand : ce dernier était prêtre et notaire, habitait Rouen, où vraisenihlablenient il na(piit et mourut (iSGo-i/i^.")).
l\. Perceval de Cagny, /oc. cil.; — Jean Chartier, Procès, t. W ,
A Beaiivais, dès que le inessag'er royal se présenla, les lial)il;iiils se mirent à crier : « Vive Charles X\\\ vive le Roi de France! » et sans prendre l'avis de l'évèque, Pierre Cauclion, on chanta le Te Deuni en si^ne d'allégresse. L'évèque, partisan outré des Anglais, s'empressa de se retirer. On laissa la même liberté, avec celle d'emporter leurs biens, aux bouri^eois inféodés à la cause des Anylo-Bour^uignons'.
C'est vraisemblablement à l'occasion de la soumission de Senlis que la jeune ^■uerrière, désirant avoir- une haquenée à sa disposition, en parla au sire de La Tré*moille, (|ui réquisitionna simplement la monture favorite de l'évècjue de Senlis moyennant un billet de deux cents saints d'or que le prélat reçut à titre de com[)ensation. Jeanne, ayant appris que le procédé n'en paraissait pas moins blessant à l'évèque, fit reconduire le cheval à La Trémoille, afin qu'il le rendît à son propriétaire. CJiarles VII, instruit de la déception de la jeune î^iierrière, donna des ordres [)Our « qu'<m lui baillât et délivrât un antre cheval »; aclial dont les comptes d'IIémon Hag^uin mentionnent la date et le prix".
« On lient pour maxime d'Etal, dit E. Hicher, que jamais on ne doit traiter de la paix en habit de deuil, c'est-à-dire après quelque grand désastre, mais avoir de fortes et puissantes armées pour la faire honorablement. Celte raison invita le Roy, se voyant maistrc de la campagne et de plusieurs bonnes villes, d'envoyer messires Regnault de Chartres, chancelier de France, Cristophe d'IIarcourt, les seigneurs de Gaucourt, de Dampierre, de
1. Journal du siège, p. 1 18 ; — C/ironir/iiP de ht Piieelle, [>. 827.
2. Procès, t. V, p. 267. — Voir aussi t \, pp. io/|, lOo, aO/j, les interrogatojrps du Procès sur ce sujet.
cnAP. XXIV. — CAMPAGNE DE l'ile-de-frange. SBy
Fontiiines, Jean Tndert, doyen du chapitre de Paris, au duc de Bourg'og'ne pour négocier de la paix.» Il les chargea de remontrer à ce prince « que l'injure faicte à défunt son père ne devoit estre imputée à Sa Majesté, vu son ijas-âge; que le duc de Bourgogne avoit l'honneur d'être du sang de France, et conséquemment capable de succéder à la couronne luy et les siens, avenant changement de lig'née; que fortifiant le parly anglais, il se privoit luy-mesme de ce droit inestimable, et posé que les prétentions de l'Ang'lois réussissent, qu'il pouvoit jamais rieti prétendre à la couronne" ».
Vers le milieu du mois il'aoùt, les ambassadeurs de Charles arrivaient à xVrras et étaient reçus le i6 par Philippe le Bon en audience publique. Les ambassadeurs du duc de Savoie, qui remplissaient le rôle de médiateurs, présentèrent au duc les propositions du Roi de France. Ils rédigèrent ég-alement les conditions que les ambassadeurs de Charles acceptaient comme préliminaires de la paix, et ils les remirent aux conseillers de Philippe. Le duc de Bourgogne répondit que, pour ce ([ui le concernait, il ferait connaître sa pensée à bref délai ^
Sur ces entrefaites arrivèrent à Arras deux envoyés de Bedford, l'évèque de Tournay et le sire de Lannoy. Le Régent, qui venait de faiie nommer Philippe le Bon gouverneur de Paris par lettres patentes du i3 août, chargea ses deux r'^présenlants de rap[)eler au duc ses
1. E. RicuER, Hisfoirt' de la Ihicrlle d'( triéans. I. I, p. 2/|3.
2. De Beaucourt, Uisloirc de (Uiarles Vil, I. Il, pp. /io4-4o7» IVIoNSTRELET, llv. II, cluip. i.wii; t. I \\ pp. 348-349. — Voir les propositions présenlées, ;ni nombre rie dix, dans de Barante, Histoire lies ducs de Bourijo(jne, t. III, pp. 347-348.
358 JEANNE ET S\ (( MISSION DE VIE ». PHASE GUERRiÈUE.
cng'ag'çmenis envers rAn^lelene. Par suite de cette iiilervention, les négociations tiaîiièient en longueur. Pouf en finir, Philippe résolut d'envoyer des ambassadeurs à Charles VII.
En conséquence, Jean de Luxembourg", l'évêque d'Arras, messire David de Brimeu et plusieurs « aultres notables et discrètes personnes' » se rendirent à Compiègne, où se trouvait le Roi. Après maints pourparlers avec les ambassadeurs du duc de Savoie et les repn'sentants de Charles, on tomba d'accord, le 27 août, sur les préliminaires de la paix à venir. Le 28, des lettres patentes de Charles VII pul)liaient la tiève à laquelle, en attendant la conclusion de ladite |)aix, on s'était arrêté.
Celle trêve s'applicjuait à tous les pays de la rive droite de la Seine, de[)uis Nogent jusqu'à Honfleur; Paris et les villes commandant le passage du lleuve en étaient seuls exceptés.
Les Anglais étaient admis à la trêve, pourvu qu'ils signifiassent leur consentement.
Pour Pai'is en jtaiticulier, il était stipulé que si Charles l'attafjuait, le duc Philipj)e (( pourrait s'employer, lui et ses gens, à sa défense |»en(lant la durée de la trêve' », c'est-à-dire jusqu'à Noël piochain.
Le duc de Bourgogne tenait à avoir un poste sur l'Oise : on lui |)iomil Compiègne. Mais l'opposition des habitants fut si énergique qu'il lui fallut se contenter de Pont-Sainte- Maxence : le moment venu, un de ses lieu-