SON HÔTESSE, LA DA.ME DE BOULIGNY
En renonçant à toute nouvelle tentative sur Paris, le roi de France donnait au duc de Bedford un avantage que celui-ci, après la levée du siège d'Orléans, la défaite de Patay et le sacre de Reims, n'esjxîrait guère; de plus,
CIIAP. XXVI. DANS LA HAUTE-LOIRE. SqQ
il laissait les j)()pulations de rile-dc-France et de la Picardie, qui s'étaient rang-ées sous son obéissance, exposées à de cruelles représailles.
Dès que les troupes royales se furent éloig^nées de Paris, les Ang'lo-Bonr'^-ui^-nons se disposèrent à prendre leur revanche. La première place menacée fut Saint- Denis. La garnison, trop peu nombreuse pour la défendre, l'abandonna et se retira à Senlis. Les Anglo- Bourguignons, à celte nouvelle, accourent, entrent dans la ville, la pillent et em|)or[enl l'ariniire (pie Jeanne d'xVrc avait déposée en olïVande devant les reliques du saint martyr. Le chancelier du roi d'Angleterre, Louis de Luxembourg, évc(|ue de Thérouanne, fut tout fier de présenter ce lro[)liée au Régent, « sans, pour ce, faire quelque récompense à laditte église : (ce) qui est pur saciilèg'e et manifeste ' ».
Après Sainl-Denis, ce sont les campagnes et les villes voisines que les Anglo-Bourg'uig'nons ravagent et dépouillent. Les marches de l'Ile-de-France et du Beauvaisis eurent particulièrement à souffrir. Français et Anglais couraient les uns sur les autres : « à l'occasion desquelles courses les villag'es d'alentour se commencèrent à se dépeupler », leurs habitants se retirant dans les bonnes villes^.
Le comte de Clermont, se sentant impuissant à em- [)écher ces maux, renonça à sa lieutenance et se retira dans ses domaines. Charles VII nomma le comte de Vendôme en sa place et envoya le maréchal de Boussac avec un millier d'hommes pour lui venir en aide^.