‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 304 sur 381 · Procès, t. I, pp. 147-1G · texte numérisé non relu

Procès, t. I, pp. 147-1G

CHAI». XXVI. DANS LA HAUTK-LOIRE. l\l^

sauf-conduit, trouver le duc Philippe, Perrinet Grasset s'empara de sa personne et ne lui rendit la liberté qu'au prix d'une forte rançon. On lui proj)osa maintes fois de se déclarer [)our (-harles; il n'y consentit «pi'après le traité d'Arras et qu'après avoir fait ses conditions.

Sachant à qui elle avait aftaire, la Pucelle attaqua viyoureuseiuent la place : les Bouri;uiv;'nons se défendirent a\ec non moins de vii^ueur. Les Français donnèrent un assaut : l'assaut fut repoussé. Pour venir à bout de la résistance qu'on lui opposait, il eût fallu à la jeune guerrière et à ses deux auxiliaires, le sire d'Albret et le maréchal de Boussac qui était survenu, des troupes fraîches, des secours, des vivres, des munitions, de l'argent. Or, loiil cela man(|uait : le Roi n'envoyait rien'. Pour subvenir à l'entretien de la petite armée, la ville de Bourges se procurait treize cents écus d'or en mettant aux enchères, le 24 novetidire, sur l'ordre de Charles VII, la ferme d'une pai'lie de ses octrois'^. C'était quelque chose, mais ce n'était pas assez pour tirer Jeanne d'embarras. Peu à peu, le découragement gagna les assiégeants. Au bout d'un mois de privations, d'assauts et de combats sans résultat, il fallut (jue la Pucelle, a à sa grant desplaisance », levât le siège et se retirât, al)andonnant sous les murs de la place la plus grande partie de son artillerie 3.

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