APRÈS LE SIÈGE. CHARLES VU ET LES ORLEANAIS
Pour récompenser les Orléanais de l'attachement inviolable qu'ils avaient voué au royaume et aux rois de France, Char-
APPENDICE II. SIÈGE d'oRLÉANS, SOCVENIRS. liC)3
les VII leur donna pour armes trois cœurs de Ijs. Or, les rois de France ont trois fleurs de lys pour armes. On trouve, dès i43G, des preuves de la concession de ces armes, car les hérauts d'Orléans, dans les pièces de cette année-là, sont nommés (Jœar-de-lys, parce qu'ils portaient les armes de la ville qui les envoyait. (Abbé Dubois, Mémoire sur le siège d'Or/éans, p. i4o; — Procès, t. V, p. 1^27.)
Un second témoig-nag-e de la g-ratitude de Charles \^II à l'égard des Orléanais nous est fourni par les lettres qu'il donna à Jarg'eau en février 14^9 (vieux style — c'est-à-dire i4'^o). Ces lettres concèdent un certain nombre d'exemptions et de privilèges en faveur de ceux que Charles VII appelle « nos bien amez les bourgeois et habitans de la ville d'Orléans », qui ont été « toujours loyaux sans varier envers nostre couronne et seig-norie ». [Journal du siège, édition de MM. Paul Charpentier et Charles Cuissard, pp. 267-271.)
APPENDICE m.
Le relèvement de la France. — Opinion des contemporains.
Nous nous proposons de constater deux choses dans ce troisième appendice : i*' que les contemporains de Jeanne reg-ardaient l'étal des aH'aires comme désespéré et estimaient la cause de Charles Vil perdue; 2 (pie, à leuis yeux, le relèvement dont la Pucelle Fut rinslruinenl constituait un hienfait providentiel d'ordre spécial, soit naturel, soit surnaturel. (]'est la conviction que les témoins, dont nous allons rappeler le lang-age, ont entendu exprimer en disant que Jeanne était envoyée de Dieu. Nous ne cherchons pas présentement à déterminer le caractère de ce bienfait et de cette mission. Nous ne voulons constater qu'un état d'opinion, et nous croyons rester dans les limites de la logique la plus rig-oureuse en disant que la mission de Jeanne, telle qu'on la concevait, constituait, comme nous l'avons dit, un bienfait spécial <le la Providence de Dieu, en ce qui concerne les destinées du royaume de France.