LUNDI ET MARDI, 2 ET 3 MAI
Dans la journée du lundi 2 mai, la Pucelle sortit à cheval d'Orléans et vint examiner de près les fortifications anglaises. « Et le peuple courait après elle à grande foule, prenant grand plaisir à la voir et être autour
1. Cjiakpkntier et Cuissard, Co/n/i/es flr l(i pille..., p. 218; à l;i suite du Journal du siège.
2. Cette croix s'élevait à l'embranchement de deux chemins conduisant l'un à Saint-.Iean, l'autre à la Madeleine, devant un clos appartenant ou ayant appartenu à un nommé Morin. Aujourd'hui, cet endroit est dans la ville.
3. Journal du sièr/e, p. 80; — Procès, t. III, p. 08. Déposition de Louis de Coûtes, pai^e de Jeaime.
CH. XVII. DANS ORLÉANS. PRISE DE SAINT-LOUP. l3l
d'elle. » — C'étnil toujours nouvelle admiration « comnienl elle se pouvait tenir si gentiment à cheval comme elle faisait ' ». Au retour de cette chevauchée, Jeanne se rendit dans l'église Sainte-Croix pour y entendre les premières vêpres de l'Invention de la Sainte-Croix. La foule l'y suivit, et elle la reg-ardait prier; et, tout en priant, la jeune fille répandait des larmes abondantes. Le mardi 3 mai, fête de l'Invention de la Sainte-Ooix, il y eut une procession solennelle dans Orléans. La Pucelle y assista avec les principaux capitaines. Au moment où la procession rentrait dans la cathédrale, un docteur « qui élait un très sage homme, messire Jean Mascon ' », aborda la Pucelle et lui dit :
— Croyez-vous vraiment que le siège sera levé?
— En nom Dieu, oui, je le crois, répondit Jeanne.
— Pourtant, ils sont bien fortifiés, et ce sera grande affaire de les mettre dehors.
— Il n'est rien d'impossible à Dieu 3.
Ce même jour, les garnisons de Montarg-is, Gien, Chàteaurenard, des gens de pied du Gàtinais et de Châleaudun pénétraient dans Orléans et venaient augmenter le nombre de ses défenseurs. La jeune Lorraine