‹ Histoire complète et méthodique des théâtres de RouenChapitre 48 sur 55 · LE CONTEUR, OU LES DEUX POSTES · texte numérisé non relu

LE CONTEUR, OU LES DEUX POSTES

Comédie en cinq actes et en prose, mêlée de vaudevilles.

Le citoyen Saint-Fal remplira le rôle de Milord Splin, et la citoyenne Simon celui de Milady Splin.

A propos des mots : Spectacle brillant, nous dirons qu'ils remplaçaient dans ce temps-là les mots : Représen-

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tatioii extraordinaire. Une fois, en l'an VIII, on étala sur l'affiche le titre pompeux: Spectacle brillant, parce qu'on donnait ensemble D/rfon (reprise) et le Magnifique. De nos jours, on prodigue aussi les annonces de représentations extraordinaires ; les mots changent, les choses changent beaucoup moins.

Trois représentations extraordinaires ont été offertes par M"' Desroziers, artiste du théâtre de l'Odéon et exartiste du grand théâtre de Rouen. Celle par laquelle elle a commencé, le 23 pluviôse an VIII, était au bénéfice de Desroziers, son père, acteur du Théâtre-des-Arts de Rouen ; M''* Desroziers jouait le rôle de Paraéla dans Paniéla, comédie en cinq actes et en vers, de François de Neufchâteau, et celui d'Araminthe dans les Fausses Confidences, comédie en trois actes et en prose, de Marivaux. Les jours suivants, cette artiste a représenté la comtesse de la Mère coupable, ou V Autre Tartufe, Angélique de la Fausse Agnès et Silvia des Jeux de l'Amour et du Hasard.

Le jour de l'an 1800, le 11 nivôse an VIII, représentation extraordinaire : le Malade iinaginaire avec la cérémonie de la réception d'un médecin, et Azémia, opéra.

Aux Rois, le 16 nivôse : Monsieur de Pourceaugnac, comédie, précédée de l'opéra Euphrosine et Coradin, ou le Tyran corrigé.

BÉNÉFICE DES HÔPITAUX. — La première représentation de cette campagne donnée au bénéfice des hôpitaux, à la date du 6 vendémiaire an VIII (28 septembre 1799), se composait de :

1° Les Prétendais, opéra;

2" L'ouverture du Jeune Henri;

3° Les Deux Frères, ou la Réconciliation, drame.

La seconde a élé donnée le 2 pluviôse de la même année républicaine (22 janvier 1800), et se composait de :

1° Cinquième représentation de Comment faire ? ou les Epreuves de Misanthropie et Repentir, opéra-vaudeville ;

2° La cinquième représentation du Co/^«^em/, comédie;

3° Les Prétendus, opéra.

Elle a produit /i27 fr. 70 c, bénéfice net.

BÉNÉFICES DES ARTISTES. — Jamais ils n'avaient été aussi nombreux que cette année. Après les bénéflces de Saint-Fal et de M™e Simon, sont venus ceux de Desroziers, de Calland, de Perceval, de Joanny, de Duplan, de Sidony, de Desfossés, de Julien, de Fleury, de Tanquerelle, de W^^-^ Verteuil, Schreutzer, Burger et Saint-Léger, voire même de Legerot, premier violon de rorchestre. Ils se sont succédé surtout à la fin de la campagne. En général, chaque artiste obtenait la faveur d'une première représentation, quelquefois de deux.

COMPLÉMENT DU RÉPERTOIRE. — Ici so placent Seulement les ouvrages joués pendant celte campagne que nous n'avons pas eu l'occasion de citer.

OPÉRA. — Un grand nombre d'opéra, surtout à propos des rôles de Michu, ont été mentionnés plus haut. On a donné en outre :

Alexis, ou YErreur d'un bon Père, en un acte et en

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prose, par iMarsollier el Dalayrac, Première représentation en messidor an VIL

V Amour filial, ou les Deux Invalides, en un acte et en prose, annoncé quelquefois sous le titre des Deux Invalides, ou la Jambe de bois, ou encore V Amour filial, ou la Jambe de bois. C'est sous cette dernière dénomination qu'est connu un opéra en un acte de Deraoustier, musique de Gaveaux, que l'on annonçait quelquefois V Amour filial, ou les Deux Stcisses, et qu'entin on a aussi imprimé sous le titre de les Deux Suisses, ou la Jambe de bois. De telles irrégularités n'étaient pas rares à cette époque.

Aucassin et Nicoletle, ou les Mœurs du bon vieux temps, opéra en trois actes, orné de tout son spectacle, par Sedaine et Grétry, — imprimé aussi avec ce soustitre : les Amours du bon vieux temps. — Reprise en frimaire an VIII.

Azeline, en trois actes et en prose, par Hoffmann, musique de Solié.

Comment faire ? ou les Epreuves de Misanthropie et Repentir, opéra-vaudeville en un acte , par Dejouy et Longchamps. Première représentation en nivôse an VIII. On donnait quelquefois cet opéra dans la même soirée que le grand drame Misanthropie et Repentir, auquel il faisait allusion.

La Dame voilée, opéra en un acte et en prose, par Ségur le jeune et Mengozzi. Première représentation en pluviôse an VIJI, au bénéfice de Julien , avec le Prisonnier, opéra, et une comédie nouvelle.

La Dot de Suzette, en un acte et en prose, du Théâtre- Italien, par Dejaure, musique de Boïeldieu , annoncé le

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16 floréal an VII, lors de la première représentation sous le titre de Chenu, ou la Dot de Suzette. Cet opéra a été chanté par Fieury, Grandfils, Cambray, Jules et Mraes Saint-Léger, Goujet et Micaleff.

Emilie et Volsan, en un acte et en prose, par deux citoyens de Rouen, musique de Mi'e Thiénié, amateur. La première représentation, en germinal an VIII, a été donnée au bénéfice de Perceval, avec les 7?e>e/7es reiiouvelées des Grecs, opéra, et le Babillard, comédie ; h la seconde, on a fait des changements.

Fanny Morna, ou \ Ecossaise, opéra en trois actes et en prose, par Favières, musique de Persuis, orné de tout son spectacle. La première représentation, en pluviôse an VIII, a été donnée au bénéfice de M°'^ Schreutzer, avec les Deux billets, comédie, et la deuxième représentation de VAbbé de l'Epée.

VOncle valet, en un acte et en prose, de Duval, musique de Domenico-Della-Maria. Première représentation en messidor an VIL

Le Porteur d'eau, en un acte et en prose, paroles de Ducaire, musique de Garnier, tous deux artistes du Théâtre-des-Arts. Première représentation en fructidor an VII. On y a remarqué un solo de basse, exécuté par Laroche, artiste de l'orchestre. Les auteurs ont paru à la chute du rideau et ont été très-applaudis.

La Rencontre en voyage, en un acte et en prose, par Pujoulx, musique de Bruni. Première représentation en pluviôse an VIII.

Sophie et Moncars, ou Y Intrigue portugaise, en trois actes et en prose, paroles de Guy, musique de Gaveaux. Première représentation en brumaire an VIII. M"'' Burger

a créé le rcMe de Sophie, Desfossés celui de Moncars fils, et Ducaire celui de Moncars père.

Adèle et Dorsan.

V Amant jaloux.

V Amant statue.

Amhroise, ou Voilà ma journée,

VAmi de la Maison.

Camille, ou \q Souterrain.

La Caverne.

La Colonie.

Le Comte d'Albert et sa suite.

Les Deux Chasseurs et la Laitière.

Les Deux lietits Savoyards.

Le Déserteur.

Le Devin de Village.

Le Directeur dans l'embarras.

Le Droit dît Seigneur.

Les Evénements imprévus.

Les Femmes vengées.

Jean et Geneviève.

Lucile.

La Maison isolée.

Marianne.

La Mélomanie.

Nina.

Le Nouveau Don Quichotte.

Philippe et Georgette.

Pygmalion.

Raoul Barbe-Bleue.

Renaud d'Ast.

Les Rigueurs du Cloître.

Rose et Colas.

La Rosière de Salency.

La Servante maîtresse.

La Soirée orageuse.

Stratonice. Sylvain.

Le Tableau parlant.

Toberne.

Le Tonnelier, Le Traité nul.

Zémire et Azov.

Pour compléter ce qui concerne le répertoire lyrique, nous ajouterons que plusieurs fois, entre deux pièces, l'orchestre a exécuté l'ouverture du Jeune Henri, de Méhul. — Il n'était pas rare non plus que, pendant les

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enlr' actes, certains artistes de l'orchestre fissent entendre des solos.

BALLET. — Le Tliéâlre-des-Arls a été, pendant l'année 1799-1800, complètement privé de ballet. On y a bien représenté deux divertissements, mais il faut savoir qu'à cette époque le mot divertissement n'était pas toujours synonyme de danse ; c'était une qualification vague qui s'appliquait surtout aux impromptu faits dans les jours d'allégresse publique.

Dans les ouvrages ornés de danse, comme on disait alors, c'étaient les figurants et les figurantes ordinaires qui exécutaient le divertissement.

COMÉDIE. — Le répertoire de la comédie ne le cède en rien à celui de l'opéra. A toutes les comédies que nous avons déjà citées ou que nous citerons dans des chapitres spéciaux, il faut encore ajouter :

VAbbé de l'Epée, Instituteur des Sourds et Muets, comédie et fait historique en cinq actes et en prose, de Bouilly, avec une décoration nouvelle. Le rôle de l'abbé était joué par Desroziers ; autres artistes : Joanny, Ménonval, Sidony ; M^e^ Letellier et Guérin. Première représentation le 9 pluviôse an VIII, au bénéfice de Calland. Ce jour-là, on faisait relâche au théâtre de la République pour la répétition générale de cette même comédie.

Cette émulation des deux troupes devint bientôt l'occasion d'un débat entre Belval, artiste derAmbigu-Coraique, alors sociétaire du théâtre de la République, et P. Périaux , correspondant des auteurs dramatiques ; ce dernier répondit ainsi :

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•< Première et dernière réponse du ciloyen Périaux, correspondant des auteurs dramatiques, au citoyen Belval, artiste de r Ambigu-Comique.

K Rouen, le 12 pluviôse an Vlll.

« Votre lettre insérée clans la Vedette, n° 40, est une perfidie; vos détails du n° 41 sont un ramas puéril de mensonges, d'exagérations et d'absurdités méprisables.

« Dans les premiers jours de nivôse, je vous communiquai, ainsi qu'au Théâtre-des-Arts, une circulaire annonçant des pièces nouvelles, du nombre desquelles était VAbbé de VEpée. Voyant, sans doute pour la première fois, de semblables circulaires, vous appelâtes celle-ci la liste des costumes. Vous en prîtes lecture. Le grand nombre des personnages vous fit peur et vous jugeâtes alors qu'il vous serait difficile de représenter cette pièce. Je vous promis, il est vrai, de vous prêter cette circulaire si vous en aviez besoin; me Tavez-vous demandée? Non.

« Quelques jours après, j'obtins pour vous une diminution de plus de moitié sur les rétributions fixées pour le théâtre de la République, et la lettre du 15 nivôse, dont vous et vos camarades furent très-satisfaits, vous interdisait de jouer VAbbé de VEpée, puisqu'elle porte : « Bien entendu que cette société (1) « ne jouera aucune des pièces représentées sur les grands « théâtres de Paris, ainsi que tous les opéras des petits théâtres « et le Théâtre-des-Arts à Rouen. »

« Depuis la communication de la circulaire en question jusqu'au 7 du présent mois de pluviôse, vous ne m'avez pas dit un mot de la pièce ÏAbbé de VEpée (vous en convenez assez

(I) Société d'artistes de l'Ambigu-Comique exploitant alors la seconde scèrie de Rouen. (Voir notre Histoire du Théâtre- François.)

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gauchement, il est vrai). Feignant alors d'ignorer le vrai sens de la restriction et cherchant à me forcer de Tinterpréter à votre avantage, vous me sollicitâtes de vous permettre de jouer cette pièce. Je vous refusai comme je le devais.

« Quoique je vous communiquasse le même jour une lettre que j'avais bien voulu écrire en votre faveur, vous vous récriâtes et vous prétendîtes que je n'avais pas le droit de m'opposer à la représentation de cette pièce ; qu'en payant les rétributions des auteurs, ils n'avaient rien à dire ; que vous étiez libre de jouer les pièces qu'il vous ferait plaisir. Vous contestâtes mes pouvoirs. Je m'adressai à l'administration centrale, chargée de protéger les auteurs dramatiques contre les entrepreneurs de spectacles qui se permettent de changer les titres des pièces, de morceler les opéras pour en faire des pantomimes ou des comédies, de représenter les pièces sans le consentement formel et par écrit des auteurs ou de leurs fondés de pouvoir, etc., et je vous fis interdire la représentation de Y Abbé de FEpée. Dans tout cela j'ai rempli mes devoirs.

« Vous m'avez honoré de votre grande colère dans un journal; je vous préparais une réponse trop longue, mes amis m'ont fait observer que vos déclamations ne méritaient que le mépris ; je suis de leur avis.

« Je dirai seulement que vos grandes phrases : — Vous savez combien je rri intéresse à votre entreprise. — Je suis trop votre ami pour, etc. ■ — Ouvrez-moi votre cœur comme h un ami. — Je ne veux que vous obliger, et autres termes contenus dans vos lettres ne sont, vous le savez, citoyen Belleval , que des ombres, perfidement apprêtées par vous, pour mieux faire ressortir les couleurs avec lesquelles vous avez voulu me peindre, afin de donner plus d'effet à vos décorations.

(c Une lettre que j'ai reçue ce jour confinne les exceptions contenues dans celle du 15 nivôse et vous interdit irrévocablement la représentation de VAbbé de l'Epée.

« Péruux. »

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Deux jours après, le citoyen P. Périaux triomphait sur toute la ligne et faisait publier les deux extraits suivants :

« Elirait de la loi du 19 janvier 179i.

« Art. 3. — Les ouvrages des auteurs vivants ne pourront être représentés sur aucun théâtre public, dans toute l'étendue de la France, sans le consentement formel et par écrit des auteurs, sous peine de confiscation du produit total des représentations au profit des auteurs. »

« Extrait d'une lettre du citoyen Bouilly, auteur de la pièce TAbbé de l'Epée , adressée au citoyen Michu.

« Paris, 10 pluviôse an VIIl.

« J'ai reçu ce matin, mon cher Michu, une députation du petit théâtre de Rouen, qui est venue me demander mon assentiment pour jouer ma pièce intitulée: VAbbé de l'Epée. Comme j'ai pressenti que cette concurrence vous serait préjudiciable et que je ne veux pas vous être utile à demi, je vous autorise, seul et spécialement, à jouer sur votre théâtre mon ouvrage, qui ne peut être joué sur deux théâtres à la fois dans la même commune. Vous voudrez donc bien, secondé par Vagent des auteurs, à qui le citoyen Fillette- Loraux a fait passer mes volontés, réclamer l'appui de l'administration municipale, dont j'invoque la justice, pour que VAbbé deVEpée ne soit jouée que sur le grand théâtre de Rouen qui, seul, doit lui donner tout l'éclat et tous les soins que je désire.

« Bouilly. »

Voilà comme quoi la pièce intitulée VAbbé de VEpée ne fut pas représentée sur le théâtre de la République, quoique les acteurs de celte scène eussent tout disposé, appris et répété les rôles en secret, afin de jouer cet ouvrage avant ceux du Théâtre-des-Arts. Mais, au point

de vue de l'art, les arlisles de ce théâtre, ou plutôt de l'Ambigu-Comique, ne se tinrent pas pour battus. En eiïet, le 15 germinal de la même année, ils représentèrent cette pièce à la Société de l'Ecole dramatique (théâtre de société h Rouen) et prouvèrent qu'ils étaient dignes, eux aussi, de concourir au succès du chef-d'œuvre de Bouilly.

Les Amants Protée, ou Qui compte sans son hôte compte deux fois, proverbe en un acte et en prose , mêlé de vaudevilles. Lorsque cette pièce fut jouée pour la première fois à Rouen, en fructidor an VII, elle était, à Paris, à sa centième représentation (l'afTiche en faisait mention), de plus, on annonçait qu'elle serait donnée en présence de l'auteur, J. Patrat.

Amphitryon, comédie en trois actes et en vers libres, précédée de son prologue.

Catherine, ou la Belle Fermière, en trois actes et en prose, mêlée de chant, par M^e Amélie, Julie Candeille, connue surtout sous le nom de M"'' Simons-Candeille. Première représentation en germinal an VIII, au bénéfice de Sidony. M™e Schreutzer a créé le rôle de la belle fermière.

Claudine de Florian, en trois actes et en prose, par Pigault-Lebrun. Première représentation en prairial an VIL

Le Collatéral, ou la Diligence de Joigny, en cinq actes et en prose, par Picard. La première représentation, le 20 nivôse an VIII, a été donnée au bénéfice de Fleury, qui chantait, ce jour-là, les Visitandities, également de Picard. Dans le Collatéral, Calland jouait le rôle de l'avocat Bavardet.

Le Complot inutile, en trois actes et en vers libres, I. 31

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par J. Palrat, qui, lors de la première représentation, en vendémiaire an VIII, y a rempli le rôle de Valmont. Il a été très-applaudi et rappelé.

Démocrite amoureux, en cinq actes et en vers de Régnard.

Les Deux Frères, comédie dans laquelle Patrat, l'auteur, a joué, lors de la reprise en vendémiaire an VIII, le rôle de Bertrand le marin, créé à Rouen par Saint-Fal (voir page /j69).

Les Deux Jumeaux de Bergmrie, comédie en un acte et en prose, par Florian, jouée en floréal an VII.

Le Dissipateur, pour le premier début, — au milieu de l'année, — de M'"' Duplan, rôle de Lisette.

\J Entrée dans le monde, en cinq actes, de Picard.

L'Heureux quiproquo, ou les Etrennes, comédie en un acte et en prose, par Patrat, annoncée aussi sous le titre du Présent, ou V Heureux Quiproquo.

Le Mari retrouvé, en un acte et en prose, par Dancourt, jouée en floréal an VII.

Le Mariage du Capucin, ou V Arrivée inattendue, en trois actes et en prose, de Pellelier-Volmeranges. Première représentation en prairial an VII.

Monsieur Guillaume, ou le Voyageur inconnu, pièce en un acte et en prose (intitulée quelquefois opéra en un acte et en vaudevilles), par Barré, Radet, Desfontaines et Bourguenil, sociétaires du Vaudeville de Paris. Première représentation au Théâtre-des-Arts, le 6 germinal an VIII, et un peu plus tôt au théâtre de la République.

Ce Guillaume, cet inconnu, est Lamoignon-Malesherbes voyageant incognito, faisant triompher partout la sagesse et l'humanité en marquant ses pas par des bienfaits. Un

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jeune homme lui avoue qu'il a séduit une jeune fille et qu'il l'a épousée secrètement, abusant de l'hospitalité que lui a donnée le père de sa maîtresse. M. Guillaume lui dit :

Epoux imprudent, fils rebelle,

Vous aurez des enfants un jour,

A Tautorité paternelle

Vous prétendrez à votre tour.

Mais, monsieur, ce pouvoir suprême,

Ce pouvoir le plus saint de tous,

De quel droit Pexercerez-vous

Quand vous l'aurez bravé vous-même?

Les Précepteurs, en cinq actes et en vers, ouvrage posthume de Fabre d'Eglantine. La première représentation, le 30 nivôse an VIII, a été donnée au bénéfice de mue Burger, avec deux opéras comiques. Duplan représentait le précepteur honnête, Sidony l'autre. A la seconde représentation, Joanny a repris son emploi et a remplacé Duplan.

Les Projets de mariage, ou les Deux Militaires, en un acte et en prose, de Duval. Première représentation en prairial an VII.

Les Rivaux d'eux-mêmes, en un acte, par Pigault- Lebrun, en messidor an VII.

Le Roi de Cocagne, comédie de Legrand, en trois actes et en vers, ornée de chant, de danses et de tout son spectacle. Reprise en ventôse an VIII.

Jean Sidos, ou le Vieillard de la Nine, âgé de 116 ans, fait historique en un acte, mêlé de vaudevilles, par un auteur de Rouen. La première représentation de cet impromptu a eu lieu le 25 germinal an VIII. Le sujet était

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tiré d'une nouvelle donnée par le Journal de Rouen du 18 germinal précédent, c'est-à-dire que l'on avait mis en scène un centenaire de la Haute-Garonne qui, sur le rapport de François de Neufchâteau, avait obtenu du Directoire en l'an VI une pension de 30 fr. par mois, à l'âge de 114 ans. En l'an VIII, Jean Sidos se portait à merveille, mais aussi il avait toujours été très-sobre, trèsréservé et ne s'était marié qu'à quarante ans.

La pièce de notre compatriote n'a pas même été tolérée jusqu'à la fin de la première audition. Elle a donné lieu à l'épigramme risquée que voici :

Sur le Vieillard de la Nine, pièce représentée et tombée au Théâtre-des-Arts, le 25 (jerminal an Vfll.

Jean Sidos mis en vaudeville,

Par un auteur de cette ville,

Loin d'obtenir aucun succès

N'a provoqué que des siffiets.

Je l'aurais parié d'avance, M'a dit Chloé, je l'avais bien prévu,

Et sur le titre, en confidence,

Je Pavais prédit à Michu.

Eh quoi, lui dis-je, mettre en scène

Un bonhomme de cent seize ans !

Vos actrices perdront leur temps.

Peut-on monter une pareille pièce ;

Dans ce sujet rien n'intéresse.

L'auteur en vain croit son vieillard fort bon. Il aura fait un travail inutile.

Son histoire est trop difficile A mettre en action.

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