THOMAS CORNEILLE
Qu'un poète n'ait pas de bien, La chose est assez ordinaire ; Si ta fille aujourd'hui n'a rien, 11 faut t'en consoler, mon frère, îln jour un grand homme viendra Qui, du fruit de ses doctes veilles Et de tes œuvres, dotera La descendante de Corneille.
BÉNÉFICE DES HÔPiTAtJx. — Le 22 brumaire an IX (13 novembre 1800), on a joué au bénéfice des hôpitaux ; lo Le Collatéral;
oli TIIKAIHK
2» Les Prétend II i> ; oo Le Devin de village.
BÉiNÉFiciis Di:s AUïisTKS- — Pgu (l'artistes de la troupe ont eu la faveur d'une représentalion à leur bénéfice ; ce sont Borrae, Folleville, Mi'e Molière el Mn^e Goujet.
Au contraire, les artistes en passage à Rouen ont, — comme nous l'avons mentionné, — le plus souvent obtenu cet avantage.
COMPLÉMENT DU RÉPERTOIRE. — Le Complément du répertoire est beaucoup plus grand qu'on ne le croirait d'après tout ce qui précède.
OPÉRA. — Ce genre était l'objet de soins tout particuliers de la part d'un directeur dont les talents y brillaient d'un vif éclat. En voici le bilan :
Le Calife de Bagdad, en un acte, par Saint-Just et Boïeldieu. Première représentation le 3 frimaire an IX (24 novembre 1800), au bénéfice de Mme Goujet. Getopéra a eu peu de succès à la première représentation, parce que les rôles étaient mal sus, mais il a été bientôt fort goûté.
Lq?, Comédiens ambulants, opéra en deux actes, par Picard, musique de Devienne, orné de tout son spectacle. Première représentation en prairial an VIIL Acteurs : Desfossés, Perceval et Picard, l'auteur de la pièce.
Voie: un couplet qui a été particulièrement applaudi :
Au noble état de militaire
Je suis né pour me dévouer ;
C'est ainsi que sur cette terre
Chacun a son rôle à jouer.
L'un est niarcliand, Tautreest artiste;
L'un e^t riche, l'autre u\i rien,
DES AFiTS. 515
Le pauvre est gai, le riche est triste, Au bout du compte tout va bien.
Les Deux Journées, opéra ou comédie lyrique en trois actes et en prose, à grand spectacle, ornée de décorations nouvelles, de costumes à l'instar de Paris, par Bouilly, musique de Cherubini. Cet ouvrage , intitulé quelquefois fait historique, retrace un épisode de • la guerre de la Fronde et une anecdote sur Mazarin. Acteurs : Michu, Desfossés, Perceval, Tanquerelle et M"e Burger cadette. Première représentation en messidor an VIIL
Les Deux Chasseurs et ta Laitière. La petite Folleville, âgée de neuf ans, y a rempli le rôle de la laitière; la petite Duraesnil, âgée de onze ans, celui de Guillot, et le jeune Decroix, âgé de dix ans, celui de Colas.
Les Deux Petits Savoyards. Les petites Dumesnil et Folleville y ont joué les r(Mes de Joseph et de Michel, confiés ordinairement à la dugazon et à la deuxième chanteuse-philis.
Le Jockey, en un acte, par Hoffmann et Solié. Première représentation en nivôse an ÎX.
Léon, ou le Château de Monténéro, opéi'a ou drame lyrique en trois actes, à grand spectacle , par Hoffmann et Dalayrac. Première représentation le troisième jour complémentaire de l'an VHI.
Léonorc, ou V Amour conjugal, fait historique, mêlé de chants ou opéra, du théâtre Feydeau, en deux actes et en prose, orné d^; loui le spectacle dont il était susceptible, par J.-N. Bouilly et P. Gaveaux. Première représentation en frimaire an IX, au bénéfice de Folleville et de sa fil'e qui, ce jour-là, représentait la laitière dans les Deux Chasseurs et la Laitière.
■iir. THÉATHE
Lise et Colin, ou la Surveillance inutile, en deux actes, par Hus (J.-B. -Eugène), musique de Gaveaux. Première représentation en fructidor an VIII.
Marcelin, en un acte et en prose, par Bernard Valville, musique de Lebrun, artiste du théâtre Feydeau; première représentation en thermidor an VIII.
Nanette et Lucas, ou la Paysanne curieuse, en un acte, par Fraraery, musique de d'Herbain, — en fructidor an A'III.
Raoul, sire de Créqui (reprise). Suleau a joué Raoul et la petite Folleville, âgée de huit ans, Craon.
Le Valet de deux Maîtres, opéra-bouffon en deux actes, par Gosse, musique de Plantade ; le sujet est tiré d'an ouvrage de Goldoni. Première représentation en frimaire an IX. Eugène y jouait le rôle de valet et le public l'a couvert d'applaudissements quand il a dit : « J'ai menti comme un journal. »
Zoraïme et Zulnar, en trois actes et à grand spectacle, par Saint-Just et Boïeldieu. Dès la première représentation, le 29 vendémiaire an IX (21 octobre 1800), le succès de cet opéra a été très-grand. Aussi a-t-il été joué une douzaine de fois en deux mois.
Ainsi, pendant cette seule campagne, deux opéras de Boïeldieu ont été montés : Zoraime et Zulnar et le Calife de Bagdad. On sait qu'antérieurement quatre autres ouvrages de notre compatriote, la Fille coupable, Rosalie et Mirza, la FamiUc suisse et la Dot de Suzette (1), avaient été mis h la scène avec un égal bonheur.
(1) Voir pages 328, 380, 403, 474.
DES AUTS.
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Liste d'autres œuvres lyriques maintenues au répertoire :
Adèle et Dormn.
U Amant statue.
Ambroise.
UAmi de la Maison.
La Caravane.
Clémentine, ou la Belle mère.
Le Déserteur.
Les Dettes.
Le Droit du Seigneur.
V Epreuve villageoise.
Euphrosine et Coradin.
Les Evénements imprévus.
Gulnare.
Le Jugement de Midas.
Lisbeth.
Le Magnifique.
Le Nouveau Don Quichotte.
Paul et Virginie.
Le Petit Matelot.
Ponce de Léon.
Le Prisonnier.
Renaud d'Ast.
La Rencontre en voyage.
Roméo et Juliette.
La Rosière de Saleney.
Sargines.
Le Secret.
Le Traité nul.
Les Trois Fermiers.
BALLKT. — Micliu ii'avait engagé ni danseurs ni danseuses; il chercha cependant à satisfaire quelque peu, sur ce point, le goût du public. Ainsi, payant de sa personne, deux ou trois fois après la Dot il dansa V Allemande, soit avec Mi'e Burger cadette, soit avec M"e Saint-Léger.
Souvent on dansait le ballet ou plutôt le pas des Sabotiers. Quelquefois une espèce de ballet terminait certains opéras, par exemple V Amoureux de quinze ans, les Pommiers et le Moulin, etc.
Enfin, de temps à autre, l'affiche annonçait soit un divertissement, soit un ballet entre les deux pièces.
En nivôse an IX, le jeune Auguste, enfant de cette ville.
518 TUÉATf'.E
âgé de six ans, qui n'avait jamais paru sur aucun théâtre, élève du citoyen Pociié, a dansé le pas anglais, ainsi qu'on l'exécutait au Grand-Opéra de Paris,
COMÉDIE. — Le réperloire de la comédie n'a pas offert une moindre variété. Il nous reste à mentionner :
Adèle, on \q?, Métamorphoses, comédie en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles, par Ségur l'aîné. Première représentation en messidor an Vllf. M^e Burger cadette a créé le rôle d'Adèle.
Entre autres jolis couplets, on a remarqué celui-ci :
De l'amour la rose est l'image, C'est même éclat, même fraîcheur; Tous deux nous piquent, c'est l'usage : La rose au doigt, Famour au cœur.
Dès qu'on voit naître amour et rose, 11 faut se hâter d'en jouir; A peine éclos, à peine éclose, Amour et rose vont mourir.
Caroline, ou le Tableau, en un acte et en vers, par Roger. Première représentation en frimaire an IX, au bénéfice de M™*^ Goujet , avec la première du Calife de Bagdad et les Deux petits Savoyards.
Les Deux Veuves, en deux actes et en vaudevilles, de Ségur le jeune. Prejnière l'eprésenlation en thermidor au VIII, avec la qualification inexacte d'opéra-vaudeville.
La Dupe de soi-même, en trois actes et en vers, par J.-F. Roger. Première représentation en prairial an VIIL
VEcole des Bourgeois, en trois actes et en prose, par l'abbé d'Alainval Cette pièce, qui n'avait pas été jouée à
DES ARTS. oli)
Rouen depuis vingt ans, a été reprise en floréal an VIII, pour Granger et M"-- Molière.
V Epoux (jénéreux, ou le Pouvoir des Procédés, en un acte et en prose, par un anonyme, en vendémiaire an IX. N'est-ce pas plutôt VEpousc (jénércuse, par Dejaure, qui a été jouée à cette époque ?
La Jeune Hôtesse, en trois actes et en vers, par Carbon-Flins. Première représentation en nivôse an IX.
Le Jucje bienfaisant, ou le Fourbe puni^ en trois actes et en prose, par Ségur. Première représentation eu messidor an VIII.
Madame Angot au sérail de Constantinoplc, pièce en trois actes et en prose, ornée de tout son spectacle, de chant et de danse (1). Première représentation le 4 lliermidor an VIII, au bénéfice de M''^ Molière, avec Auguste et Théodore et la deuxième représentation d'un opéra nouveau, Perceval, comique, jouait le rôle deM"ie Angot. Cette pièce renferme beaucoup de trivialités et de gravelures ; toutefois, le 4 et le 6 thermidor, les choses se passèrent assez tranquillement, mais le 8 thermidor, les sifflets ont été très-nombreux et la direction a été forcée de prendre
(1) Dans une édition de Tan VIII, cette pièce a pour titre : Madame Angot au sérail de ConsUinliiwple , drame, tragédie, farce, pantomime, en trois actes, ornée de tous ses agréiiients, par Aude et Tissot. — Rajeunie en 1860, par M. Amédée de Jallais, elle est intitulée : la Nouvelle Madame Angot au sérail de Constantinople, pièce en trois petits actes, mêlée de couplets et de rondeaux, farce burlesque, ornée de mille et un agréments, coups de théâtre, de poing et de tam-taui.
le parti dont il est question dans cette lettre et dans la réponse qu'elle a reçue :
« Rouen, le 10 thermidor an VHl.
« Au rédacteur du Journal de Rouen.
(( Qu'esl-il donc arrivé le 8 du courant au Théâtre-des- Arts ? Un article que j'ai lu dans une des feuilles de votre ville m'a fait trembler sur les dangers qu'ont dû courir les spectateurs au milieu des troubles qui s'y sont élevés.
« Quoi ! ni les sages remontrances d'un commissaire « de police, ni l'introduction de la force armée dans le « parterre (expédient un peu hasardeux, ajoute le rédac- « teur, par parenthèse) n'ont réussi à ramener l'ordre?... « Le GÉNIE conciliateur du citoyen Michu y est par- « venu, etc. »
« Convenez que vous méritez des reproches, vous qui entretenez si souvent vos lecteurs de ce qui se passe au Théâtre-des-Arts, pour ne leur avoir rien dit d'un événement de cette importance, et que le citoyen Michu doit vous en vouloir de n'avoir point, à l'exemple de votre confrère, fait ressortir son GÉNIE conciliateur.
« Vos souscripteurs s'attendent à vous voir , le plus
promptement possible, réparer une omission dont ils ont
lieu de se plaindre.
« Salut.
(( M , votre abonné. »