‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 1 sur 325 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Il a été fait deux tiraoes de cette seconde édition : rnn abrégé par la S2tppressio7i des Appendices [sanf les Tableaux orthographiques) ; l' attire complet, plus complet même que la première édition, orné de six fac-similc, imprimé snr beau papier, et de même format que les Œuvres oratoires de Bossuet, dont deux volumes ont parii, et les autres sont prêts pour r impression.

La pagination de ce double tirage est identique, jusqiià la pn de la Conclusion (I-XX ; 1-380). Elle correspond presque partout avec celle de la première édition, les corrections et additions ayant été rédigées de façon à ne pas rendre fausses les citations que plusieîirs écrivains ont faites de cet ouvrage. Toutefois, à partir de K^a page 336, une longue liste de sermons perdus ou improvisés a dit, pour îtne raison d'ordre typographique, être mise en petits caractères ; et il en est résulté qite cette nomenclature a tenu ici une moindre place, bien qu'elle ait été enrichie de mentions nouvelles. Poitr remédier à cet inconvénient, les éditeitrs ont placé en regard des pages 356-380, contenant la Conclusion, la pagination anciemie {359-383).

Est-il besoin de dire que r importance du sujet, et r accueil favorable qite le public a daigné faire- à ce livre, nous ont stimulé à 11 épargner en rien nos soins pour rendre cette nouvelle édition digne de la fortune de son aînée ?

Paris, Institut Catholique, i^' mars 1891.

INTRODUCTION

L est périlleux, dit Sainte-Beuve, de commenter Bossuet, « parce que les citations qu'on' en fait parlent d'elles-mêmes et éclairent certaines pages, jusqu'à éteindre ce qui est à l'entour ('). » Le péril est d'autant plus grand que l'on vient plus tard. Après que l'éloquence de Bossuet a été si souvent célébrée, et quelquefois par des bouches si autorisées, par les Villemain, les Patin, les Saint-Marc Girardin, les Nisard, les Sainte- Beuve, les Gandar, les Jacquinet et autres, il serait sans doute bien ridicule de s'imaginer qu'on va la révéler au public.

Le temps n'est plus où il se payait bonnement du mot de La Harpe, déclarant avec une haute impartialité Bossuet « médiocre » dans les sermons, comme Massillon dans l'oraison funèbre. Les maîtres de la critique ont bien réformé cette plaisante sentence. Si notre dessein n'avait été que de réclamer pour le grand orateur le premier rang dans la chaire française, non seulement au-dessus de l'élégant et ingénieux Massillon, mais au-dessus du grave et solide Bourdaloue lui-même, nous n'aurions eu autre chose à faire que de prendre acte de l'aveu si équitable que nous rencontrions sous la plume du plus perspicace des panégyristes du célèbre jésuite : « L'art de la parole, dit M. Feugère, l'habileté proprement dite,qui l'a poussée plus loin que Bourdaloue ? Tout dans ses discours est réfléchi, calculé ; tout révèle une méthode savante, une expérience consommée. Et pourtant il n'a pas, à proprement parler, le génie, la flamme spontanée et communicative, le don indéfinissable, caractère de la haute éloquence, rare privilège de quelques orateurs, et qui élève les Bossuet encore bien au-dessus des Bourdaloue (^). »

Toutefois, outre que de tels jugements ne sont pas univer-

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