‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 143 sur 325 · Études..., II · texte numérisé non relu

Études..., II

3. Faute de lecture (Lâchât, X, 420): « Vengeance contre ceux qui le font receler. » L;sez : « qui les ont décelés ».

feuilles ne contiennent actuellement que les additions à une rédaction primitive, nous ne pouvons douter que ce sermon n'ait été le commentaire du texte : Jain eniin seairis ad radicem arbo7'um posita <?j-/(Luc., III, 9), que Bossuet a traité plus tard dans une œuvre nouvelle (1665). Voici une phrase qui ne laisse place à aucun doute : « Tâchons de lui faire entendre une vérité chrétienne qui nous est représentée dans notre évangile, et que je vous prie de comprendre : c'est que la justice divine qui semble dormir, qui semble oublier les pécheurs, les laissant prospérer longtemps en ce monde, est toujours en armes contre eux, toujours en action, toujours vigilante, toujours prête à donner le coup qni les coupera par la racine pour ne leur laisser aucune ressource. » D'ailleurs Bossuet y renvoie dans un passage effacé du sermon pour le 1^1' dimanche de Carême, 1661 ; là, après avoir cité le texte de saint Luc : Jani securis... il ajoutait : « V. serm. in hœc verba. »

C'est à ce sermon que se rapporte le sommaire assigné à tort par M. Lâchât à celui de 1665 ; on sait que les sommaires sont tous antérieurs à 1662 {y).

— i6^g on 1660. Sentiments du Clu'étien sur la vie ou la viort. (Plus de manuscrit.)

Nous avons montré précédemment (2) que cet intéressant commentaire d'un chapitre de la II^ Épître de saint Paul aux Corinthiens avait été classé par erreur dans les œuvres pastorales de l'évêque de Meaux (3). Bossuet, longtemps avant son épiscopat, y renvoie dans le sommaire {^) du sermon de la Purification i66i,au moment de refaire ce discours l'année suivante pour le Carême du Louvre.

1. M. Lâchât n'en prétend pas moins que le discours qui nous occupe est de 1669. — L'édition Guérin le recule jusqu'en 1687, et suppose que l'évêque de Condom (en 1687 !) continuait ses soins à la maison des Nouveaux Convertis de Paris.

2. Première partie, ch. I^•^ p. 39. —3. Se trouve dans Lâchât, VIT, 589.

4. Ce sommaire est bien celui du sermon de 1661, non du sermon de 1662, comme l'a cru M. Gandar. Voy. en particuUer le commencement du 2'^ point.

— 1660, 6 janvier. Vêture prêchée le jour de V ÉpipJianie.

(Manuscrit de la collection de M. Choussy.)

Selon les éditeurs de Bar-le-Duc ('), qui les premiers ont essayé (1870) de suivre l'ordre chronologique, préconisé par M. Gandar, ce sermon de Vêture devrait porter ce titre : Prêché à Jouarre, le 8 (?) mai 1665, pour la profession de madame d'Albert. « Je n'ose cependant, ajoute le critique anonyme, articuler autre chose qu'un soupçon et présenter comme une enquête à ouvrir. » Cette sage réserve était bien nécessaire, quand on était assez distrait pour proposer la date du 8 mai pour un discours prononcé le jour de l'Epiphanie, comme il apparaît manifestement en plusieurs passages.

L'étude directe du manuscrit nous a convaincu que l'œuvre ne peut être que de l'année 1660. L'existence d'un sommaire que nous avons trouvé à Meaux, quelques jours après avoir étudié l'œuvre elle-même dans un village de l'Allier, confirme cette conclusion. Le premier exorde se conserve à la bibliothèque de Dijon (2). Ainsi il suffît maintenant de faire trois petits voyages, dans l'Allier, dans la Côte-d'Or et dans Seineet-Marne, pour ressaisir l'œuvre entière, dont toutes les parties étaient, il y a une quarantaine d'années, en la possession de M. de Monmerqué.

— 1660. Autre Vêture, pour le jour de V Exaltation delà sainte Croix (i^ septembre).

(Manuscrit delà collection de M. Choussy.)

A l'exemple de Bossuet, joignons à l'œuvre qui précède un autre sermon sur le même plan, composé à quelques mois de distance. Il les a réunis dans le sommaire, écrit peu de temps après, comme il paraît par la ressemblance des caractères et de l'orthographe.

1. Nous avons déjà fait observer que l'édition Martin-Beaupré et l'édition Guérin (Bar-le-Duc) sont une seule et même édition : l'édition Guérin a donné le titre définitif et de meilleurs caractères au tirage commencé chez Martin -Beaupré.

2. La même feuille contient une addition qui aurait dû trouver place dans le corps du sermon.

Les passages similaires des deux rédactions permettent de décider à laquelle appartient la priorité. Les ratures abondent en pareil cas sur le manuscrit de l'Epiphanie : les corrections de celui-ci sont devenues la leçon unique du manuscrit de l'Exaltation.

Cet ordre que nous assignons aux deux sermons (') concorde avec celui que Bossuet lui-même a adopté dans le sommaire de l'un et de l'autre. Voici ce double sommaire, qui est inédit :

« Veneriiiit miptiœ Agni. 2. EpipJiaiiie. Sainte Croix.

Jésus-Christ, roi par la pauvreté. Croix, trône ; degré, pauvreté. Saint Augustin (p. 3,4). i^'' point.

Jalousie (2) ; source des vengeances : Zelotes : nkiscens. Deus œvmlator et nlciscens Doniimis.

Devenue source de grâce : yEjmila operatione. Dieu amoureux de son image ; soin de la parer. Elle se prostitue au démon: Dieu court à elle par jalousie; jaloux de nous sauver: Ego feci, ego salvabo. Deiis salvans non est prœter me (p. 11, 12, 14).

Pour la dégoûter des présents des autres, donne tout : son corps et son sang. Comme un amant passionné ; comparaison, saint Chrysostome.

Vocation des Gentils, effet de jalousie. Comme un père qui appelle son fils : il refuse ; il appelle et embrasse un autre enfant. Si forte ad œimdationevi provoceni carnevi ineam. — Saint Chrysostome.

N[otez] punition par jalousie : Tune fiet stridor, cuni viderint, etc..., se auteni ejici in tenebras exteriores (p. 13, 14).

T. Ils ont été prononcés devant des auditoires différents. Dans l'exorde et dans le corps du discours pour l'Epiphanie, l'orateur emploie souvent le mot messieurs ; on ne le rencontre pas une seule fois dans l'autre sermon. Dans celui-ci il est fait mention de la sage abbesse qui gouverne le monastère. Etait-ce Chelles, où nous retrouverons Bossuet en 1665 ? Une nièce de Richelieu gouvernait cette abbaye avec grande réputation. (Floquet, Études..., Il, 447.)

2. Dans ce sommaire, Bossuet passe rapidement sur le premier point (p. 2-6 du manuscrit), omet complètement le second (6-10), parce que les idées étaient ou spéciales à l'Epiphanie ou résumées ailleurs, et s'étend sur le troisième, dont le fond était nouveau, et d'une portée générale.

Ne alius accipiat coronam ùtam.Desse'm de Dieu : pour nous exciter par la jalousie ; ensuite nous punir par la jalousie : Que cette couronne est belle, etc. ! elle était pour moi ! — 3' point {j^. 14).

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