Ledieu, Mémoires, 85. — Cf
3. On a vu plus haut que le beau traité de \ Exposition de la doctri?ie catholique..., encore manuscrit alors, lui fut communiqué. (Floquet, Études..., III, 223.)
tations aux calamités. » Cette grande parole, réminiscence heureuse de saint Grégoire de Nazianze, est prête pour aller prendre sa place dans l'oraison funèbre de la Reine d'Angleterre, l'année suivante.
« Hora estjam nos. . . » Conférence à V hôtel de Longueville.
Écrite après avoir dit.ÇSiss., 12.821, f, 124, — Lâchât, VIII, 114.)
M. Lâchât pense que c'est ici une reproduction des idées principales du sermon sur le même texte. C'en est au contraire une ébauche anticipée.
— Samedi 8 décembre : sermon inédit. ( Autographe rebuté par les premiers éditeurs, comme reproduisant des idées déjà exprimées ailleurs.) (Ms. de M. H. de Rothschild.)
Un critique bien connu, M. Brunetière, nous voudrait persuader que Bossuet, qui avait prêché l'Immaculée Conception, quand « il essayait sa parole sur ses condisciples du collège de Navarre, » se garde bien de recommencer quand il a de l'expérience, parce que « de plus en plus, prétend-il, son génie répugne à toutes les folies, [à] toutes les exagérations. . ., [à] toutes les niaiseries enfin du mysticisme ('). » Je ne discuterai pas les quatre pages écrites sur ce thème, dans une édition classique ! Je repousserai seulement l'étrange éloge (2), car c'est un éloge, et Dieu sait comment Bossuet l'aurait reçu ! qu'on lui adresse pour avoir « varié légèrement dans sa foi sur cet article. » Cette opinion n'était pas, qui l'ignore ? un point de foi à cette époque ; et Bossuet qui la professait hautement, avec toute la Faculté de Paris, n'y a jamais varié. Notre sermon en est une preuve inattendue. Il nous montre
1. Sermons choisis de Bossuet, pir Ferdinand Brunetière, p. 298-302.
2. L'admiration de Aï. Brunetière pour Bossuet est bien connue. Pourquoi faut-il que de bizarres préjugés aient troublé sa clairvoyance, au point de lui faire commattre, en dehors des petits contresens théologiques qui abondent ici, une grosse hérésie littéraire dans l'interprétation d'un passage parfaitement clair du sermon qu'il annote? A l'en croire, Bossuet y établirait la« vocation, lajustification, la persévérance de la Vierge. » (P. 300.) Il s'agit des chrétiens à qui Marie concourt à obtenir ces trois grâces. (Voyez p. 304-307 de l'édition que lui-même a publiée. )
le prédicateur aussi pieux qu'éloquent, reprenant à dessein les idées et souvent les expressions du premier point d'un autre sermon sur ce mystère, écrit douze ans auparavant Pour établir dans les quinze pages nouvelles, que Marie a été préservée de ce péché originel, funeste héritage auquel elle n'aurait pas manqué d'être condamnée comme les autres, si une dispense spéciale n'était intervenue, il montre réalisées en elle les trois conditions d'une exception de faveur, qui sont « qu'elle se fasse pour une personne éminente, que l'on soit fondé en exemple, que la gloire du souverain y soit engagée ('). »
— IP dimanche. Reprise du « Cœci vident. » Le sermon suivant en fournit la preuve.
— IIP dimanche: « Ego vox clamantis in dcserto. » (Mis par erreur au IV' dimancJie, et en i66g.) (Mss., 12,821, f. 219.)
Par suite de la confusion déjà signalée (à propos du IV" dimanche de 1665) entre l'évangile du III^ dimanche (saint Jean,i),&\.zç\\x\ du W'^ (saint Luc, m), noiïQ sermon occupe dans toutes les éditions une place dont il faut le retirer. Un passage effacé du manuscrit confirme cette remarque : ^ Poussons dans la solitude le chrétien pénitent. Je fis voir dimanche dernier un portrait en raccourci de la morale chrétienne. Je veux aujourd'hui vous donner l'image de la sainte pénitence, et je dis que son premier caractère, c'est d'aimer le silence et la retraite. »
Il ressort de ce passage : 1° que le Cœci vident, où se trouve ce « portrait en raccourci de la morale chrétienne, » a été repris l'année où le sermon que nous étudions a été prononcé; 2° que ce sermon est bien pour le troisième dimanche, non pour le quatrième.
I. Page 5 de l'autographe. — La date ne peut faire doute : c'est pendant cet Avent même que Bossuet commence à plier sa feuille en deux, de manière à laisser moitié de marge. L'écriture, elle aussi, est significative.
Il reste à prouver que cette année à laquelle tous deux étaient destinés est bien 1668.
Pour cela le manuscrit nous sera encore une fois secourable, et nous fournira une réplique décisive à la preuve unique qu'on allègue pour attribuer ce discours, ou plutôt cette esquisse, à l'Avent royal de Saint-Germain (1669).
L'abbé Vaillant (') avait pensé qu'un passage du i^^ point désignait manifestement Louis XIV, et que les éditeurs avaient eu tort de ne pas intituler ce sermon: PrccJié à la cour. Nul de ceux qui sont venus depuis ne s'en est fait faute, bien que ce fût une erreur. C'est M. Lâchât qui a donné le signal (2), en s'appropriant comme toujours la découverte, ou plutôt l'erreur de l'abbé Vaillant. Voici le début de sa notice:
« Prêché devant le roi, la reine, madame, le duc d'Orléans, en 1669.
« Comme on ne trouve aucun titre royal dans ce sermon, les éditeurs ont cru qu'il n'a pas été prêché devant le monarque ; mais il renferme dans le i'^'' point un passage qui suppose m.anifestement sa présence :
« Un roi même, pénitent au milieu de sa cour..., entre dans «cet esprit de solitude.etse retiresouventdans son cabinet.etc.»
Le malheur, c'est que « ce roi pénitent, au milieu de sa cour, » qu'on prend pour Louis XIV, n'est autre que David, comme le montre le contexte, et comme on le voit encore plus clairement au manuscrit, dans des additions qui, toutes raturées qu'elles sont, nous permettent d'entrer plus sûrement dans le secret de la pensée de Bossuet ; celle-ci par exemple : « C'est pourquoi ce roi pénitent ( Var : notre roi pénitent) disait encore : Je me suis affligé sans mesure (3). »
Tout le reste de la composition, sa ressemblance matérielle avec celles de 166S, non avec 1669, tout nous signale l'Avent de Saint-Thomas du Louvre, auquel je la restitue.