Choix de sermons, p. 400, n. i
dimanche de la Passion, et que, si l'orateur a changé son texte, ainsi que l'avant-propos qu'il avait esquissé, c'est précisément parce que des circonstances que nous expliquerons dans notre seconde partie, l'obligèrent en 1666, de reculer d'une semaine ce sujet important.
Il est donc dès maintenant acquis à la critique qu'avant d'entrer dans la composition des discours d'une de ses principales stations, Bossuet en avait arrêté la série complète dans son esprit. Ce point méritait, ce semble, d'être dûment constaté. Ledieu, son secrétaire, prétend que « le long d'un Avent ou d'un Carême, il ne pouvait se préparer que dans l'intervalle d'un sermon à l'autre (')». Entendons cela de la rédaction même du discours ; mais retenons en même temps qu'il y avait, au préalable, une préparation éloignée, et que ce grand homme avait la sagesse et la modestie de ne pas livrer un ministère sacré au hasard ou à la présomption.
L'exemple que nous avons choisi dans une année d'importance capitale, comme celle du Carême de Saint-Germain, n'est point isolé. Nous en rencontrerons qui se rapportent aux années et aux stations antérieures. En outre, des cahiers, volumineux à l'origine, ainsi que le démontre la pagination de ce qui a été conservé, furent rédigés en dehors de toute préoccupation d'utilité immédiate, lorsque l'auteur, cherchant avant tout à se nourrir d'une doctrine pure et substantielle, dépouillait œuvre par œuvre les collections des Saints Pères.
Mais avant d'entrer dans l'examen de ces documents, ne prenons définitivement congé de celui qui nous a occupé jusqu'ici, qu'après avoir fait une remarque rectificative, qui a son importance. M. Gandar (2) prétend que Bossuet « n'était pas helléniste en sortant du collège ; » qu'il ne l'est même devenu à fond « que beaucoup plus tard, pendant sa résidence