Cette assemblée se tint à Meaux, deux jours après
3. Annoncé à l'avance dès le 25 septembre. (Lett. à M"»*^ d'Albert. ) Cf. Lett. à M"'e de Lusancy, 30 octobre.
— Le 25 décembre, Noël. {Sermon annoncé, lettre du 23 dé-
cembre, à M"^« d'Albert.
1694. Sermon du jour de Pâques. (Voy. Lettre à M™^ Cornuau, 22 mars.)
— 14 avril, à Rosoy. Sermon sur l'évangile.
— Le 15. Autre.
— Le 16, à Jouy-le-Châtel. Exhorté le seigneur à s'entendre avec
l'abbé [d'Aligre] pour faire cesser certains désordres.
— Le 13 juin, à Vignely. Prédication.
— Le 20, à Trilbardou. Sermon sur la Confirmation.
— En juin. Sermon à Jouarre. (Voy, Lettre du 31 mai, à M'"^
d'Albert.
— 23 juin, Mesnil-Amelot, sur l'évangile.
■ — 24, sermon à Mauregard, sur les vertus de saint Jean
(patron).
* Peut-être le panégyrique de saint Paul, sur Caritas Christi
urgef nos, fut-il prêché à Jouarre, le 30 juin de cette année.
Du moins Bossuet annonce un prochain sermon dans une
lettre à M'"'' d'Albert (du 31 mai).
— 8 septembre, à Claye. Sermon sur l'évangile du jour et sur la
Confirmation,
— 2 octobre, à Nanteuil-le-Haudoin. Prédication sur la Confir-
mation. — Conférence tenue au presbytère. 1695 ('). — Vêture de Marguerite Angélique Guillemeau, à la Visitation.
— 6 avril : Vêture de Marie-Anne de Rohan-Soubise, à Jouarre,
(Cf. Lettre à M™« d'Albert, du 29 mars.)
— Le 2 juillet, sermon à la Visitation (^).
1696. — Le 7 avril, à Rebais. Sermon en la paroisse de Saint- Jean,
— Le 8, dimanche, à Saint-Nicolas de Rebais.
— Le 10, après avoir apaisé un conflit de juridiction, il est reçu
dans l'abbatiale, et complimenté en latin par le prieur. 11 répond immédiatement dans la même langue,
— 23 avril (lundi de Pâques), à Faremoutiers. Clôturede mission:
il exhorte le peuple à la persévérance,
— 29, Quasimodo. Conférence et prédication, à Faremoutiers.
1. Les documents nous manquent presque complètement .pour cette année.
2. A en croire M™^ Guyon, Bossuet s'y serait montré plus quiétiste qu'elle. ( Vie de M'"^ Guyon, par elle-même, 3e partie, ch. XIX.) On sait, bien qu'il ait plu à quelques écrivains de l'oublier, ce que valent les affirmations d'une hystérique.
— Le 30 avril. Profession de la sœur de Rohan-Soubise, à
Jouarre.
— Le 6 mai, à Lisy. Sermon et confirmation.
— Le 12 juin, à Saint-Jean de Rebais. Sermon sur le mystère du
temps. (C'était le mardi de la Pentecôte.;
— Le 14, à Bannots : sur la descente du Saint-Esprit.
— Catéchisme aux enfants. Confirmation.
— Le même jour, 14 juin, à saint Remy-de-la-Vanne, «trou-
vant un grand peuple assemblé, il leur recommanda de vivre dans la crainte de Dieu, de fréquenter les instructions, l'office divin et les saints sacrements, où ils trouveraient des forces pour se soutenir dans la vie chrétienne. »
— Au commencement de cette année, Bossuet fait des confé-
rences à Saint-Cyr, à la demande de M""^ de Maintenon pour prémunir cette maison contre le Quiétisme, auquel inclinait la supérieure, M""^ de Maisonfort, parente de M"«= Guyon (').
— Le 18 juin, à Rouvres. Confirmation le matin ; sermon le
soir.
— 20 juin, à Neuchelles. Prédication après la messe.
Même jour, à Thury, à deux heures, sermon et Confirmation Même jour, à Antilly, sermon, puis Confirmation.
— Le 21, à Fulaines. Visite, exhortation et Confirmation. Même jour, à Mareuil-la-Ferté. Exhortation, Confirmation
et la messe.
1697. — Les renseignements font absolument défaut pour cette
année: Ledieu, dans ses Fragments (I, 226) nous apprend seulement que Bossuet prêcha le 16 mai, jour de l'Ascension, la Vêture de la sœur Cornuau.
— Dans des questions de M""^ du Mans, placées à cette année
dans la correspondance, mais sans date précise, je relève ces paroles: ... « la parole de Dieu, dont on se sent touché, comme à votre sermon d'hier. » — J'ignore quel fut ce sermon.
1698. — * 22 mai. Profession de sœur Cornuau. Discours compris
dans la Correspondance de Bossuet.
— 17 octobre. Réception, à l'entrée du palais [épiscopal], de
M""" la duchesse Royale, fille du duc d'Orléans. Bossuet lui fait « un discours très éloquent. » (Rochard.)
I. Voy Lâchât, XIX, 140, note. — Cet éditeur n'a pas pris garde que sa Réponse aux difficultés de M>>" de Maisoufort, <\\x\\ donne ici mutilée, d'après les anciennes éditions, revient plus complète, XXVII, 319-370.
cil. III. LliS SliRMUNS rKRDUS. 353
1699. — Mai. Panégyrique de saint Jean de Capistran et de saint
Paschal Baylon, nouvellement canonisés. (Registres des Cordeliers de Meaux.)
— Exhortation aux Séminaristes ('), avant l'ordination. (Voy.
hed'ieu, /ourna/, I, 4.)
— Celte même année, quatre discours à l'abjuration du protestant
Winslow, célèbre anatomiste : l'un pour l'abjuration proprement dite, discours « qui tira les larmes des yeux aux assistants ; le second en lui administrant la Confirmation ; le troisième, avant la messe ; et le quatrième en lui donnant la Communion. » (Deforis, IV, Préface, xv.)
1700. — Dimanche, 10 janvier. Instruction aux Protestants, en la
chapelle de l'évêché.
— Du 27 avril au 4 mai, visite du couvent de la Visitation.
— Le i^"" mai, samedi : exhortation.
— Le 4 mai, allocution finale. (Voy. Analyse dans V Année sainte,
— Le 12 mai, à Claye. Instruction aux Nouveaux Catholiques.
— Durant l'Assemblée de 1700, diverses argumentations théo-
logiques sont soutenues par Bossuet dans les commissions. (Voy. Ledieu,yf/('?7;«/, 26, 27, 30 août, et i" septembre.)
— 21 septembre. Sermon sur la fête de saint Matthieu, devant
le roi et la reine d'Angleterre, à Saint-Germain, (Ledieu, Journal, 146.)
1701. — Le 9 janvier. Allocution aux Séminaristes.
— Le 27 mars, Pâques. Sermon à la cathédrale. {Woy. Journal
de Ledieu, I, 178.)
— 15 mai, Pentecôte. Sermon à la cathédrale : sur le péché con-
tre le Saint-Esprit. {Ibid., 184.)
— 16 mai, aux Séminaristes. Exhortation.
— 18 mai. Hôpital général de Meaux : exhortation.
— i^"" septembre. Synode. {L.&à\e\x, Journal, I, 205.)
— Le 27 septembre. Petit discours à la bénédiction de l'abbesse
de Pont-aux-Dames, M'"'-' d'Ormesson : sur l'excellence de la règle de saint Benoît.
— 7 octobre. Conférence ecclésiastique sur les motifs de crédibi-
lité. (Cf. Y.Qà\ç.u, Journal, 15 mai 1700.)
I. Nous avons trouvé peu de mentions semblables à celle-ci. Cependant il est certain que Bossuet adressa fréquemment la parole aux élèves de son Séminaire. Nicolas Payen lui disait dès 1683 : « Tantôt vous recevez les vœux d'une personne qui se consacre à la Religion, quelquefois vorts cultivez de vos maitis des jeunes plantes qui sont destinées au culte des autels. X> (Compliment cité plus haut, p. 337.)
— i8 octobre. Visite pastorale à Coulommiers.
— 25 octobre. Sermon à Condé-sainte-Libiaire. (Voy. Duplessis,
Pièces justificatives de V Histoire de Meaux.)
— 30 octobre, à Darnmartin. Petite allocution au peuple sur
l'objet de sa visite.
— i^"" novembre. Sermon à la cathédrale, « la voix très affaiblie.»
(Voy. Analyse dans Ledieu, yi?//;//^/, I, 244, 245.)
1701. — 19 novembre, Mitry. Établissement d'un hôpital, comme à
Dammartin.
— 20 novembre, dimanche. Prédication et Confirmation.
— 28 décembre. Exhortation aux Visitandines.
1702. — Le i^"" janvier, instruction aux Ursulines.
— Le i" février, Bossuet répond à une harangue, à Navarre.
— Le i^"' avril, « grand discours » à Jouarre.
— Le 2 avril, sermon à la cathédrale. (Jubilé.)
— Le 16 avril, jour de Pâques. Grand sermon sur « le parfait
Adorable et le parfait Adorateur. )> (Analyse, Ledieu, Journal, I, 281.)
— Jeudi, 20 avril. Exhoitation aux religieuses de Jouarre.
(Ledieu, Jou mai, I, 282.)
— 4 juin, Pentecôte. Sermon à la cathédrale.
— 18 juin, dimanche dans l'Octave du Saint-Sacrement : Edetit
pauperes, etc. (Analyse, Ledieu, /our?ial, I, 294, 295.) — C'est le dernier sermon prononcé en chaire par Bossuet.
— 5 septembre. Discours au Synode, à l'évêché. {Ledieu, Journal,
— En 1703, i"^"" février, Bossuet improvise en latin deux réponses
aux envoyés de Navarre, l'une au grand-maître Chenu, l'autre au recteur Dupuy. (Voy. Ledieu, Journal, I, 309.)
— La maladie cruelle dont il souffrait depuis cinq ans (la pierre),
ne lui permet plus de parler en public. ALiis il s'entretient encore des vérités de la foi avec ses familiers. Voy. un exemple dans \e Journal de Ledieu, 5 août 1703. (I, 459.)
— Pendant sa dernière maladie, au milieu des pieuses lectures
qu'il se faisait faire, particulièrement de l'évangile de saint Jean, ainsi que des passages de saint Paul les plus propres à exciter la confiance en la bonté et en la miséricorde de Dieu, il fait chercher un jour à M. de Saint-André de nombreux passages sur la prédestination ; puis, après un quart d'heure de méditation, pendant lequel son interlocuteur n'ose l'interrompre : v< Non, mon Dieu, s'écrie-t-il, je ne
Cil. m. LES SERMONS PERDUS. 355
puis croire que vous m'ayez donné inutilement celte confiance en votre bonté. Mon salut est infiniment mieux entre vos mains que dans les miennes : je veux m'abandonner à vous sans retour sur moi-même, car on ne peut se voir sans vous, mon Dieu, qu'on ne tombe dans une espèce de désespoir. » — Il revint souvent sur cette pensée jusqu'à sa mort, 12 avril 1704. (Voy. Ledieu, et Joiirîial chrétien^ "^ISl^ 11,341 et suiv.)
L'unité d'inspiration et de pensée ; la variété et les progrès de l'éloquence.
DUS voici arrivés au terme d'une carrière oratoire d'environ cinquante-quatre années. Après avoir observé de près le ministre de la parole sainte, cherchant à réveiller quelques échos de sa prédication, lorsqu'elle n'est pas venue jusqu'à nous, et à remettre dans son ordre véritable ce qui nous en a été conservé ; après nous être efforcés de déterminer le vrai caractère des textes authentiques, et de demander même leur signification aux notes préparatoires, nous ne saurions nous séparer de lui et de son œuvre, sans essayer de mettre en lumière l'unité et la variété qui sont le double aspect de cette éloquence, comme elles le sont de la vie même,
I. « L'utilité des fidèles est la loi suprême de la chaire (i) : » cet axiome que Bossuet énonçait un jour devant la cour fut l'inspiration universelle de son apostolat. L'habitude où l'on est de faire à chaque auteur une part exclusive, a fait attribuer à Bourdaloue la préoccupation pratique, à Bossuet les hautes spéculations. C'était un prétexte très plausible pour le négliger. Un homme qui aurait été bien digne de le goûter sans réserve, le P. de Ravignan, conseillant, avec raison, aux novices de sa Compagnie, l'étude de Bourdaloue, ajoutait que, pour Bossuet, il n'y avait pas lieu de l'étudier, {{ parce que, disait-il, il se tient trop dans son génie. > N'est-ce pas le préjugé commun, que l'aigle se complaît uniquement dans les hautes régions, celles des dogmes et des principes ?
Ne soyons pas les dupes des images consacrées. Sans doute l'aigle s'élève hardiment ; naturellement il se main-
I. Troisième sermon pour la fête de la Conception (1669). Une variante porte : « L'utilité des enfants de Dieu est la loi suprême de la chaire. »
tient entre ciel et terre : il plane. Mais de là son regard puissant s'élève et s'abaisse tour à tour ; s'il plonge dans les profondeurs des cieux, il voit aussi très distinctement les choses de la terre, et il semble ne s'être élevé si haut, qu'afin d'aller chercher le vrai point de vue d'où l'on mesure exactement toutes choses.
Jamais Bossuet ne parla pour parler magnifiquement ; jamais nous ne l'avons vu ouvrir sa bouche éloquente seulement pour entonner un hymne solennel. Tout sermon était pour lui un acte essentiellement sacerdotal ; et les éloges officiels mêmes, ces discours dont les rhétoriques font le type du genre démonstratif, furent toujours dans la pensée du vrai créateur de Y Oraison funèbre une leçon chrétienne pour les vivants ('), plutôt qu'une sorte d'apothéose des illustres victimes de la mort.
A la distance oij nous sommes des événements, nous sommes surtout frappés de l'éclat que sa prédication conserve aux yeux de la postérité. Les contemporains le furent plus encore de ce caractère consciencieux qui ne s'était pas démenti un seul instant. Ce n'est pas que nous n'ayons vu cette éloquence hautement appréciée à Meaux (2), à Paris, à Metz : mais les témoins de la vie de Bossuet aimèrent surtout avoir en lui, dans sa jeunesse, un digne prêtre, disciple de saint Vincent de Paul, prêchant une « morale austère, mais bien chrétienne,» et vivant comme (3) il prêchait ; plus tard, « un évêque au milieu de la cour, » {^) ou un pontife de l'ancienne marque à qui il n'avait manqué « que d'être né dans
1. <v Avec Bossuet, il faut toujours s'attendre à voir la prédication entrer pour une grande part dans l'Oraison funèbre, le sermon s'y mêler fréquemment, toujours à propos, et comme alterner avec l'éloge.» — (Jacquinet, Oraisons funèbres de Bossuet, P- 355- )
2. Voy. ci-dessus p. 212, 320, 330, etc. Les exemples allégués réfutent l'opinion soutenue par le C^' de Bausset, et par l'abbé Hurel (Les Orateurs sacrés à la cour de Louis XIV), d'après lesquels Bossuet n'aurait nullement été apprécié en son temps comme prédicateur.
3. Jugement sur Bossuet, présenté à Colbert par son frère l'évéque de Luçon. Voy. Floquet, Études..., III, 10.